Le rendez-vous encore en suspension, les fourmis des préparatifs même moindres, la légère nervosité qui se pique de plaisir et se projette le bientôt.
Dans ce moment précieux et mensonger peu importe celui qui vient. Il vient et cela suffit. La même fébrilité s’active, quel qu’il soit, juste pour une poignée de temps à être enfin dans le monde. Les heures de latente.
Souvent la fin vient immédiatement après le premier départ.
Le goût de deuil dans la bouche, il faut se plier doucement à ce qui n’est déjà plus. Sûrement pour ne pas trop savoir tisser l'après.
Souvent dans ce moment premier de solitude récupérée, il y a la tristesse à pourrir les suites.
Et l’abandon qui tangue, le rejet sur les berges de l’hors-vie.
A nouveau fragile de n’être plus rien, puisque déjà plus espérée.
Comme si assouvie signifiait morte.
Rare est celui qui donne l’envie de ressusciter.
"...dans les yeux, dans le coeur, dans les bras d'une femme, (qu') on garde au fond de soi comme on garde un mystère."
(Léo Ferré)
(Léo Ferré)
