Ne surtout pas le regarder dans les yeux. Il parait que cela les rend encore plus agressifs.
Regarder ses bouts de chaussures, pas même vernies, usées jusqu'à la corde au cou. Penser à autre chose pendant qu'il déjecte son flot. Il doit imaginer que ce geste est soumis, honteux. Alors qu'en fait il n'est que pour mieux s'évader loin de lui, de là, en s'en fichant comme la sagesse l'apprend en grandissant. Il hurle mais les rêves sont si ailleurs qu'il est impossible de se souvenir du moindre cri. Attendre qu'il s'épuise, puis partir sans un mot avec pour seul signal le silence et se dire juste qu'il serait temps d'aller acheter de nouvelles chaussures.
Dieu qu'ils sont naïfs les mieux placés, les donneurs de leçon, les autorités facticement légitimes, les amants traîtres, les géniteurs aliénants... Dieu qu'ils sont prétentieux pour pouvoir croire un seul instant à la morsure de leurs vents.
Raconte moi des histoires. J'aime ça, les histoires.
