Une lumière franche.
Moi aussi j'aimerais partir sur les routes avec mon sac à dos.
Se renseigner sur le trajet pour l'Espagne en car. Faire tout le long de la côté méditerranéenne, s'arrêter à chaque Lupa pour manger des yaourts au citron, avec nos batons de randonneurs, marcher sur la plage, dormir là peut-être, des churros, visiter les églises, chercher l'ombre, boire aux vieilles fontaines, attraper des têtards, sentir l'odeur des vaches, s'allonger aux pieds des citronniers. La lumière sera blanche, comme les maisons, cette odeur de poussière et d'herbe, le silence écrasant de Séville, lorsque ce soleil est haut dans le ciel, les dunes.
Une façon de signifier au monde que je suis plusieurs et que ça me plaît.
Il est beau, vrai, et comme évident. Que dire de plus. Quelque chose explose derrière mes yeux à chaque fois que je le vois.
Recevoir après avoir tant attendu. C'est comme si cette eau-là n'étanchait plus ma soif.
J'apprends l'abandon.
Je ne pense à rien, excepté quelque chose qui m'obsède, par vagues, et que j'ai déjà oublié.
Je joue, je contrefais, je minaude. mais rien ne s'éveille. Qu'en rêve.
"Ce qui compte, aux heures de désespoir, ce n'est pas ce qui est vrai et ce qui est faux, mais ce qui aide à vivre."
Il dit "tomber en amour". Comme on tombe en extase.
J'assassine et enterre tous mes amours de sang-froid. Celui-là, à l'inverse, me tue.
Une floraison. Non, ce n'est pas tout à fait ça non plus.
Il faut être fou. Cela suffit.
Je pense à la façon que tu as parfois de me regarder d'un air absent.
Il se pourrait que tout ça ne soit une question de temps, peut-être en Janvier serai-je libérée de quelque chose, en Mai d'une autre. Je voudrais me coucher là et que le monde courre sans moi, vers sa fin, je vivrai éternellement.
