
Jveux avoir une vie excitante et libre, sans compromis, et qu’il trouve ça chouette avec ses yeux qui rient. Jveux le voir sourire en coin encore une fois en me disant que si je me fourvoie maintenant, plus tard, je ne croirai plus en rien.
Je suis couchée dans le noir, le casque sur les oreilles. Cold To The Touch. Straberry Fields For Ever.
Tout ce qui était subversif, tu l’achètes aujourd’hui en magasin. Les révoltes personnelles, c’est qui reste en toi et va survivre.
La clope entre ses lèvres fines, comme un vol d’oiseau, il me racontait la vie, comme je n’osais pas la vivre, ce qu’il y avait de sang neuf dans un combat contre le pareil, le conformisme. La fumée en volutes. Ce regard narquois, presque cynique s’il n’avait pas été aussi jeune. Et ce coin de sourire, jamais plus d’un coin, quand il vous regardait de par le bas. J’aime quand on me regarde de par le bas, à travers des bras croisés, lorsque seul un œil est visible, goguenard, et un coin de sourire. J’aime quand on me regarde en ne voulant pas que je le remarque.
Et en réponse au mail que j'ai reçu, non, je ne suis pas amoureuse de tous les hommes que je décris ici, des hommes, à peine, des faunes, plutôt. C'est seulement que j'aime les gens enthousiastes, l’énergie qu’ils dégagent suffit à faire tourner mon petit moteur interne, c’est tellement contagieux. J’aime sentir cette poussée vers l’avant, dans mes veines, l’esprit s’éclaircit au point d’en perdre la tête. J'aime les gens beaux aussi. Un instinct visuel, sans doute.
Ce n’est pas celui qui a inventé le pistolet qui compte, mais celui qui appuie sur la détente, et quand je vois la ville d’aussi haut, noire et lasse, il me prend toujours l’envie de sauter.
Je voudrais arriver à mettre le doigt sur ce qui me dérange, où ce que je veux vraiment, je n’en peux plus de toute cette mélasse indéfinie où il y a invariablement un truc qui cloche, comme un caillou dans la chaussure, quelque chose qui me réveille en sueur la nuit, quelque chose qui provoque comme une douleur. Puis soudain, une nausée vertigineuse, incapable de savoir où je me trouve ni qui sont ces gens, encore moins ce qu’ils me veulent. Ils s’agitent dans tous les sens, le même mouvement désordonné et sans grâce, la même agressivité molle et bovine, il faudrait faire jaillir l’eau du sol, une fontaine, un geyser, Bjork. Balayer. Arrêter ce mouvement, où le faire tourner plus vite, je ne sais pas.
Qu’on me parle du feu et du sang, de ce qui fond et brûle, qu’on me parle du goût qu’a l’amour lorsqu’il vous met la claque de votre vie, je veux entendre ce que la vie a de plus fort, je veux savoir qu’il y aura des surprises plus grandes que le fait de découvrir que la vie n’a pas de sens.
Je viens de me rendre compte de mes yeux cernés, mon regard hagard et mon incomparable laideur, je suis toute entière laide, de coeur et de corps. Toute entière corrompue par la hideur du siècle. Mais si j’ai le pouvoir d’envoyer ma vie se faire foutre, alors je pourrai peut-être faire quelque chose de moi. Je cherche en moi cette force, je la veux, je l’aurai s’il le faut. Il le faut.
