vendredi 25 janvier 2008

Il faudrait la dépecer, l’éventrer patiemment, l’ouvrir de haut en bas pour en révéler la substance rougeâtre, la tripaille puante, l’engeance contenue et mettre l’urgence à tout ça, dire simplement qu’il est temps, donner le signal, sonner l’alarme, lever les yeux au ciel et crier les mots qu’il faut, simplement faire sentir que le ventre n’en peut plus, que le corps est trop étriqué, que la foi ne sert plus à rien, qu’il faut quelque chose d’autre, quelque chose de plus, une substance magique, un psychotrope miracle, un décapant à peinture d’une violence encore jamais éprouvée, n’importe quel produit capable de renverser la paupière, il faudrait la dépecer, lui dire que tout est là, que tout est ici, que tout est près du cœur si on s’en donne la peine, si on fouille bien, que tout a l’odeur d’une éternité que l’on s’évertue à goûter sur le mode du plaisir, et qu’il n’y a plus rien de sacré que ce que l’on veut bien adorer, comme...

Les récentes semaines de vacuité bien remplie m’ont laissée avec un terrible mal de ventre. Il faut plutôt t’épanouir, me dit mon entourage, vaguement inquiet, en mentionnant la résilience, l’espoir, la simplicité. Tiens, j’ai même pensé aller cogner à ta porte pour vrai, pour voir, pour vivre, pour me désennuyer de ne pas savoir t’atteindre, ou t’attendre – jamais suffisamment, jamais dans la totalité de ce que ça devrait impliquer. Mais la déception n’a plus sa place au XXIème siècle, dit-on. Il faut plutôt s’épanouir. Alors voilà. J’avoue mon échec. Je carbure à l’insatisfaction, à l’intégrité, au mal du tout. J’ai la démesure de mon silence face à l’éternité. Que faire d’autre ?

Je recherche celui ou celle qui saura me faire changer d’avis, qui saura me faire comprendre que ma vision du monde c’est n’importe quoi, et qui le fera d’un mouvement si puissant, si total et si parfait que je ne ressentirai aucune douleur.



- « on la voit, la tache sur mon pull ? »
- « cette tache, là ? »
- « oui »
- « non, on la voit pas. »

Voilà, c'est ce que j'appelle un mensonge NECESSAIRE. Enfin, je dis ça, je dis rien, hein...