mardi 22 janvier 2008

Erections, ejaculations, exhibitions and general tales of Ordinary Madness.

Deux doigts au fond de la gorge



Merde, ce soir j'ai vraiment de la rage plein le bocal, je creuse, je racle entre les os, j'inspire profondément, rien ne change. J'ai envie de conduire sous acide, de faire exploser le moteur à égale distance de deux stations-service et de me rendre dans celle que j'ai déjà passée.


J'ai envie de marteler un visage avec l'intégrale de Bukowski, un visage de drogué qui détrousse les mamies sans jamais s'être fait prendre. Un putain de skin avec les yeux plus dilatés qu'un anus de curé, dirait-il. (Je ne prends même pas la peine de l’enrober dans des guillemets. Ce soir, je serai obscène.) Sentir ses sinus s'effondrer, estimer le nombre de litres de sang qu'il a perdu jusqu'à présent. J'ai juste envie d'une réalité que personne n'a jamais imaginé. J'ai vraiment envie de l'embrasser. Pas le skin, bordel.


Je n'ai aucun recul sur ce que j'écris, c'est peut-être la meilleure des délivrances parce que ce n'est pas en me torturant les phalanges sur une merde de cinq lignes que je me vide de quoi que ce soit.


Mes neurones dans le coma, je leurs ai même coupé l'assistance vibratoire. J'ai pour la première fois une appréhension face à ce que je pourrais écrire, une transe ridicule alimentée par une folie douce amère.


Les volume est maintenant au maximum dans mes esgourdes, du BJM bien sonné, comme une incitation au crime, autant vous dire que ça va chauffer. Une sorte d'à capella paranormale. N'analysez pas mes lignes, vous vous mordriez la queue, continuez à refouler votre dégoût du monde, à le décorer de boules de Noël et de feux d'artifice.
J'ai jamais eu de médiateur entre la sagesse et ma carcasse, alors je vais m'y accrocher au crochet de boucher. « Faut juste que j'apprenne à fermer ma grande gueule ».


Ma parano se dissout et éclate dans un grand verre de jalousie. Jalousie du monde, je voudrais tout exploser, que tout éclate, leurs faces lunaires, heureux débiles, qu’est ce que je peux devenir au milieu de tout ça ? Pousser le mur pour qu’il s’écroule, ça n’a plus de sens, je n’ai plus cinq ans, plus de place pour de telles espérances. Je veux détruire. Je voudrais lacérer leurs visages, me colleter au bonheur, lui faire avaler ma haine du bon sens et du pareil.


Je voudrais voir le médecin pour ces pilules. Qu'il m'en prescrive et qu'elles me privent de quelques sens bien inutiles. Qu'elles brûlent mes iris, écorchent mes cordes vocales et perforent mes tympans.


Il faudra bien des heures de trouble pour effacer les dernières traces de l’influence, merveilleuses petites bulles d’autre chose, de neuf, quelque chose dont je n’ai pas idée avant de les déposer sur ma langue.


Alors, pendant que certains boivent, frappent, dansent ou vomissent un pigeon mal cuit, je continue à trembler.


Je ne veux pas que ça s’arrête. Je veux me noyer dans ce que je ne connais pas encore.


And that's when I figured out that tears couldn't make somebody who was dead alive again. There's another thing to learn about tears, they can't make somebody who doesn't love you any more love you again. It's the same with prayers. I wonder how much of their lives people waste crying and praying to God. If you ask me, the devil makes more sense than God does. I can at least see why people would want him around. It's good to have somebody to blame for the bad stuff they do. Maybe God's there because people get scared of all the bad stuff they do. They figure that God and the Devil are always playing this game of tug-of-war game with them. And they never know which side they're gonna wind up on. I guess that tug-of-war idea explains how sometimes, even when people try to do something good, it still turns out bad.


Je ne m’en veux pas, je ne m’en veux pas, je ne m’en veux pas, je ne m’en veux pas, je ne m’en veux pas, je ne m’en veux pas, je ne m’en veux pas, je ne m’en veux pas, etc.


Je suis comme qui dirait proche d’un coma affectif, plus rien ne compte en ce moment, que moi même, que tous les autres aillent se faire foutre. C’est extrêmement bandant, comme situation, j’avais prévenu que ça ne plairait pas à tout le monde.


Corso, Burroughs, Ginsberg, toute cette bande d’écumeurs d’hôtels qui vivaient les uns sur les autres, avec défonce et baise en commun, s’isolaient pour écrire, mais moi je n’écris pas, je ne fais que voir en rêve un motel sordide en plein centre de L.A. (ne me demandez pas comment je le sais), un barré à moitié à poil barricadé dans sa chambre, les bouteilles vides et les mégots semblent fleurir sur la moquette, et des feuilles blanches, des feuilles blanches, par centaines, milliers, j’en sais rien, par terre, comme une œuvre d’art, et lui couché dessus. Des volutes de fumée, mais jamais de cigarette. LA LUMIERE ROSE BRILLAIT SUR SON FRONT.


La vie est un carnaval merdique mais j’y tiens. Vraiment, j’y tiens.


By the way, Eddie-boy, tu devrais lire Bukowski. Costes est à tailler en pièces.