Premières vacances légères, relativement non self-destructives.
Quelques courses effrénées dans Paris, à maudire cette pourriture d’institution académique et toutes leurs chiures administratives, comme autant de poussières dans l’œil. Je fais la bouche en cœur, je papillonne des cils et m’efforce de me faire reluquer quelque peu par des fonctionnaires ventripotents. Je fais la pute intouchable pour quelques formulaires obscurs.
Et que ça soit clair pour tous ceux qui pensent qu'il suffit de me placer à côté d'une beauf prétentieux qui postillonne pour qu'on fasse 20 gamins, seuls trouveront grâce à mes yeux ceux qui sont inattendus, inespérés et fortuits. Cessez donc de pleurer mon pseudo célibat qui vous renvoie au vôtre et laissez moi rester curieuse.
De bonnes surprises, cependant.
Réunions secrètes autour d’un rouleau de printemps, le printemps, celui qui sent les draps brûlants et chiffonnés, frénétique danse de l’amour, oh oui, amour ! Du doigt je suis les plis du tissu, qui coule de plomb le sommeil de l’Amant, car il s’agit bien de lui n’est-ce pas ? L’Amant qui sautera peut-être par une fenêtre du premier étage, donnant sur une cour complice, ombrée, mais sans cheval blanc. Hélas pour le conte. Retrouver l’Amant sans préméditation, là, le plaisir, le désir, Paris by Night, Paris by Dulce de Leche. Il est secret (furieusement opaque, même), il est beau et brillant comme une guirlande de Noël, déclenche fureur noire ou extase psychologique sans en être conscient, il est un luxe, un luxe, un luxe, un luxe, etc. Ode à l'inconduite.
Un grand-père, lointain, de plus en plus minuscule, je pourrais presque le tenir au creux de mes mains. Une marmaille zo emmerding, un bébé dans le congélo, Haagen Dasz revisité.
Des verres « on the razor’s edge » pris avec une rock star aux mains brûlantes, une vraie, de celles dont on n'en voit plus, qui portent la musique dans le regard et dans la démarche, un détachement certain, la discussion facile et sans heurt, un sourire quasi-carnassier. Tu es beau dans la nuit, boy, c’est agréable de t’attraper au coin de l’œil, comme une photo en noir et blanc. Oh, ses mains portent la courbe d’une guitare comme une évidence, surtout du profil gauche, ne bouge plus, superboy, il faut aider la vie à nous immortaliser, une cigarette aux lèvres. Une pinte en haut d’une pente improbable, quelques policiers en faction, et il paraît que j’aurai plein d’enfants, mais combien d’hommes, combien d’éprouvettes ?
Une séance tardive, une Apple Vodka borderline, comme un Screaming Orgasm, pour faire brûler le temps, une flamme haute et claire, 2€ pour celui qui fera le ménage, et un escalier qui me hurle « laisse-toi rouler jusqu’en bas ». Pause musique, pause toilettes, pause « fermez-la, derrière », payday va, pause film. Oui, il meurt, il meurt, il meurt, il meurt, il meurt, il meurt, etc. comme une musique qui explose derrière les yeux lorsqu’on trippe les trois premières heures sous LSD. Haha, voyage visuel, mais qui bordel, mais QUI verra exactement ce que nous sommes capables de voir chacun de notre côté ?
Tigger, Tigger, Tigger, tu m’as promis le bonheur, mais j’en préfère la quête, parce que je suis un esprit sensible qui a peur de la fin. J’AI PEUR DE LA FIN. Donnez-moi un début. JE VEUX UN COMMENCEMENT d’une vie, d’un amour, d’une passion, d’une œuvre, d’une route ou d’un élan. ALLUMEZ UNE FLAMME EN MOI.
Le Losers’ Club au complet pour fêter à notre doyenne l’an de moins à tirer sur cette bonne vieille Terre. Huiles trans, OGM, sucres saturés, sel en abondance, night fever, goûter d’anniversaire absolument aux normes. Je me félicite de mes « religieuses », très réussies, qui dans mes mains ont l’air obscènes. Monopoly une fois, presque deux, lattage en règle de petite pute (encore une partie ! ne bouge pas, j’essaie le combo, NE BOUGE PAS JE TE DIS), découverte du plus grand secret de Matrix (réalisé ENTIEREMENT au NikonCoolpix numérique), et photos photos photos photos photos photos etc. comme si on commençait à avoir peur du temps qui passe, moi j’ai peur du temps qui passe, très peur, je suis celle qu’on voit le plus sur ces photos. Trop de choses à dire, pas grand intérêt pour mes lecteurs, puisque je veille jalousement sur l’intégrité et le secret de ce feu qui brûle, en backstage, toujours vivant et fou, vivant et fou.

