mercredi 29 décembre 2010

Best Of Everything.

J'aurais pu te parler des trucs dont je me fous complètement. Je veux dire ouais, j'aurais vraiment pu te parler de ces longues séries de tweets sur Julian Casablancas et sur les festivals de musique. J'aurais aussi pu en faire des tartines sur Call of Duty, sur Harry Potter, sur genre des photos de chats, la dernière convers' Kik que j'ai eue avec un gros gay ou encore sur la dernière programmation du Duplex.

J'aurais vraiment pu me rapprocher de ton oreille et te murmurer l'indifférence que j'éprouve à l'égard des mecs qui font de l'humanitaire, j'aurais pu me répandre à te dire combien j'en n'ai rien à secouer de la faim dans le monde, de la maladie, de l'injustice, de la mort. J'aurais pu faire tout ça mais disons que symboliquement ça aurait été moyen, et que de toute façon, tu me connais déjà un peu, tu sais que rien ne me brise plus le coeur que celui de l'autre.

C'est bientôt la nouvelle année, il faut être optimiste. Alors je me couche. Je me donne à toi. Je te fous sur un plateau l'intégralité de mes bottes secrètes. J'étais une énigme ? Je suis désormais une solution. Je te file le top 10 des choses que je kiffe le plus dans la vie en ce moment. Entre les trucs pour lesquels je chialerais pendant des jours si j'en avais le temps et la faiblesse (les six premiers), et mes guilty pleasures quotidiens (les quatre autres), voilà, je te donne tout. Tu feras le tri toi-même. En tout cas prends en soin de ce top, garde-le bien dans un coin de ton ordi et de ta tête, parce que ce top 10 pour les années à venir, c'est moi.

1. La mer
2. L'été
3. Les réminiscences violentes
4. Ton sourire les yeux fermés (j'ai pas osé dire post-coïtal, not very lady-like...) ou t'embrasser pendant des heures
5. Les matins qui se lèvent sur l'île de la cité ex aequo avec grimper dans les arbres
6. Les discussions de right brainers
7. Le serveur du B.I.A.
8. Les jeans taille 34
9. Ma petite guitare
10. Les breakfast burritos

dimanche 26 décembre 2010

Pour Noël, tu m'as offert une petite guitare.

jeudi 23 décembre 2010

Yet somehow, I still have nothing.


Quand j'ai parlé de Creep hier, tout a défilé une énième fois dans ma tête. S'y sont enchaînées No Surprises, Follow Me, et les choeurs d'Avalon. Et j'en parlais comme je parlerais de pays lointains, et j'ai peur de dire "on se retrouvera" parce que je n'y crois presque plus, et que je ne devrais pas dire ça compte tenu des circonstances.

Lorsque je te vois sourire, avec ce truc étrange qui me dit "je suis un tout petit peu heureux en ce moment", j'ai l'impression d'être une voleuse. De prendre à la vie plus que ce que je lui donne. Et je me demande si en fait tu ne te fous pas un peu de ma gueule, après tout, ça me surprendrait moins. Je t'imprimerai sur un morceau neuf, tendre et chaud peut-être, vanilla sweetness.

Au fond de la bibliothèque, je gribouille sur mon cahier: des dessins au bic bleu, des cercles, des hommes difformes. Le widget météo sur l'Iphone annonce 23°Celsius et un grand soleil. Je regarde par la fenêtre: pas d'oiseau lyre, ni la lumière qui doit surement baigner Copacabana en ce moment, et encore moins de mecs bronzés à moitié nus avec leur large dos qui joue dans la lumière, il fait gris, sa race, et on se pèle le jonc. Je rêve de courir sous la pluie, sous des tracks hypnotiques et sous endorphines, ta main dans ma main, mais je suis seule et je n'aime pas les épiphanies solitaires, et en plus j'ai pulmonairement la capacité de courir comme un Depardieu (un mix des deux: 200 kilos et une jambe en moins.)

On ne se refait pas, et j'ai appris à ne pas lutter contre mes obsessions.

I wish I would love someone, someone else, someone new. Special. I hope I will love you.

vendredi 26 novembre 2010

Tour.
Tu m'as dit un jour, "Il suffit d'être comme nous, c'est possible d'être great et de voir grand et fort et en même temps ne pas devenir fou ou spoiled. Ne laisse jamais le reste du monde t'étouffer et te brouiller la vue; si jamais tu le sens venir, grimpe en haut d'une montagne, marche dans les rues désertes un soir de pluie, tremble de froid au bord de l'eau, et qui sait peut-être que je serai là. "

Alors, je regarde la première neige tomber, et je la ferais tomber sur toi si je pouvais, tu fermerais les yeux et tu tremblerais de soulagement.

lundi 22 novembre 2010

"On n'est heureux qu'avant d'être heureux."


"Forgive quickly, kiss slowly, love truly, laugh uncontrollably, and never regret anything that makes you smile."

Il y a peu de temps, je me suis souvenue de ces soirées d'hiver très étranges, où j'étais comme mûe par un mécanisme rigide et cliquetant, où des gestes automatiques faisaient couler de l'eau brûlante dans une bassine. Alors je m'entaillais les poignets, de l'autre côté, celui qui ne gueule pas je veux que vous me regardiez mourir, non l'autre, celui qui murmurait serre-moi serre-moi fort, et je les foutais dans la bassine. Je regardais le sang s'éparpiller paresseusement dans l'eau, comme de la fumée. Je me réveillais lorsqu'il avait coloré toute la bassine. Je sais pas si c'était beau, je sais que ça m'intriguait. Rien ne blesse, tout se crée.

Craziness. This is euphoria. I love the fucking day.

Et tu veux traverser les océans et je veux parcourir ta vie, et je sais plus si l'océan est à toi ou si ta vie est à moi, je sais même plus si tu mènes à la mer ou si la mer mène à toi, je sais juste que je t'aime tellement que je voudrais me fondre dans cette ignorance pour n'en sortir jamais.

Lalalala. Je te frappe avec mon rire.

A vrai dire, on est sur pellicule, tout va bien. Sur les quelques vidéos que je me repasse, le soleil, les éclats, bref, il n'y a rien de particulier, il ne s'y passe rien de particulier, on ne peut absolument pas deviner que je me jette toute entière en toi et contre toi, on ne peut absolument pas percevoir autre chose que deux corps assis en face de la fontaine. Quand on se promenait, je me sentais comme un esprit millénaire enfermé dans le corps d'une enfant au regard grave, comme s'il était de ma responsabilité de garder l'immense secret de l'existence du bonheur et de l'amour vrai ou une connerie du même genre. Personne n'a jamais rien deviné. Toi non plus tu n'as rien vu.

lundi 8 novembre 2010

Et puissions-nous crever, pour la beauté du geste.


Encore un de ces jours où je suis transie de froid, autant à l'extérieur qu'aux tréfonds de moi-même. J'ai toutes les réponses sur le bout des lèvres, je sais qui tu es, ce qu'il va devenir, et ce que je n'arrive pas à être.


Je pense à toi, mon petit navire. Je sais où tu aimes à te perdre. Et des jours comme celui-ci je pense à toi, avec désespoir, parce qu'il me semble que les gens mettent des années à comprendre, et mon coeur s'arrête, tu comprends, toi, tu comprends.


Et je pense à lui, quand je ne peux plus penser à toi. Je pense à lui avec un réel sourire, parce qu'il ne changera jamais, et qu'il fait partie de ces mecs qui cherchent à tout engloutir et qui finissent vides et affamés, au milieu des carcasses qu'ils ont rongées jusqu'au dernier instant. Et toujours ce même regard de petit garçon, par en dessous, "donne-moi, donne-moi, donne-moi".


Je les vois écrire, tous, et ce qui frappe, ce qui me frappe, c'est leur balancement rapide, tous, ce fouillis trash, cette touche de gel, cette façon qu'ils ont de dire j'écris ce que je veux, et je vais te forcer à comprendre la beauté des choses sans avoir à te l'expliquer. "J'ai l'impression d'être dans un désert, mais comme un Touareg le voit." Je voudrais parler des mecs que je m'envoie, de leur corps nerveux et de leur langue, de mes nuits sans doute, de celles que je voudrais plaquer contre un mur et apprendre avec les mains, j'aimerais courir jusqu'à te voir au loin, tu sais, une dernière fois, parce que je sais que rien n'est jamais fini, te voir une dernière fois et hésiter, entre te mordre, te hurler dessus à propos du fait que tu pousses le dentifrice exprès vers l'embout et que personne ne fait ça, ne fais pas semblant d'être quelqu'un de bien, et rire avec toi, parce que, putain, j'aurais quand même couru jusqu'en Corée.


Ils parlent de ceux, de ce qu'ils emmerdent, et leur bavardage est bon, mauvais, souvent sans intérêt, mais ils s'en foutent, il écrivent sobres, bourrés, déprimés, euphoriques, blasés, lâches, sales, brillants, ils écrivent en baisant et en buvant, des wannabe Bukowski, parce que rien n'éclabousse mieux que la fange, rien n'éclate mieux qu'un cœur gonflé. Bavardages hargneux.


Il faudrait que je raconte ce que je vis, le rien et le lent, en criant que c'est beau d'être si bas, parce qu'il n'y a que ça de vrai, et que ceux qui ont honte de ce qu'ils ne vivent pas, sans essayer, sont des tapettes.


Ce matin, dans le bus, il y avait un mec, les yeux fixés sur l'ennui intersidéral entre Jussieu et le Pont Neuf, la main fusionnant avec sa Guiness. Un grand inspecteur Derrick, avec le trench beige au col relevé, les yeux injectés de sang et son doigt boudiné serré dans une trop vieille alliance. À un moment, il est tombé. Sa bière s'est renversée un peu partout, un peu sur moi, et des enfants ont crié. Ils ont probablement crié à sa place. Je les ai regardés pour qu'ils se taisent, parce que l'inspecteur avait l'air de souffrir terriblement, mais eux imploraient leurs mères somnolentes de leurs yeux et de leurs petits doigts boudinés. Il a réussi à se relever, doucement, malgré le bus qui tangue et son coeur qui dérape. Il ne s'est pas excusé, non, bien sûr que non, il n'a pas dit un mot. Il a serré son poing très fort et son menton tremblait un peu, dans le reflet de la vitre. Puisque je le sentais pleurer, j'ai crié dans ma tête, très fort, je lui ai crié que tout irait bien et que ce n'était pas grave d'être seul.

Je n'arrive pas à m'aimer autant que toi. Et peut-être parce que je suis une fille, je ne peux pas être aussi dure qu'ils le sont avec le monde, je ne peux pas m'empêcher de parler du croire et de l'aimer. Alors j'écris du réchauffé, du larmoyant et du pathétique. Tout sauf du vrai. How lame am I gonna be all my life?

vendredi 29 octobre 2010

I miss being with you in silence, the island and the game.

jeudi 28 octobre 2010

It must be midnite somewhere.


I care so much.

Je pense que je pourrais passer mon temps à le regarder marcher. Ça me suffirait. Je me mettrais juste derrière lui, un peu en retrait, et je ne le quitterais pas des yeux. Mes pas emboiteraient les siens, en cadence. Je respirerais peut-être à petits coups la fumée de sa cigarette. Je sentirais le sillage de son parfum. Peu importe la direction, vraiment. Comme lui, je laisserais mes bras balancer en rythme le long de mes cuisses, sans jamais les toucher, et je frôlerais mon jean de mes doigts raides.

Il ne sentirait pas ma présence. Je me contenterais de fixer sa nuque dégagée. Cet érotisme chaste. La seule partie de sa chair qu’il oserait mettre à nu par ce froid dément. Celle qui appelle la langue et le souffle, la morsure et la lame. Là où tout semble se mêler et se démêler, la tête et le corps, l’entendement et la sensualité. C’est là aussi qu’il serait le plus vulnérable. Je pourrais alors le frapper d’un coup sec sans qu’il en ait conscience ou enrouler mes mains autour de son cou et les serrer jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter.

Et dans un dernier élan, je lui susurrerais au creux de l'oreille « I’m your ch-ch-ch-ch-cherry bomb » en faisant volontairement claquer mes lèvres pour que le dernier mot résonne dans ses tympans.



« I TRUST YOU, IF IT’S ALREADY BEEN DONE, UNDO IT. »

Please, undo it. Either way you're gonna cry. Cry like this night, when there was no air and the world was dead for us.

mardi 26 octobre 2010

"We're together now."

Je voulais écrire un post sur le premier matin blanc d'hiver, mais je me suis rendu compte qu'il avait déjà été écrit, tous les ans depuis 2005. Alors je ne peux que fermer ma gueule et crever de froid.

Il y a des petits instants qui se transforment en univers, où je voudrais crier mon vertige et t'étreindre de toutes mes forces, parce que je sais ton odeur et ta peau et que ton nom est tatoué sur mon poignet. Heureusement que tu t'es donné la mort, parce que tu n'étais plus celui que j'aimais, mais il fallait bien fermer les yeux et se rappeler. I really loved you. Et j'écrirai pour que même ça s'efface.

Mon petit garçon à cravates. Je vais peut-être repasser à St-Brieuc dans une semaine ou deux, et je me suis rappelée avec une petite flamme cette rue à pic dans Dinan, qui donnait sur rien, et l'amour dans le pré au petit matin, le kouign amann toussa toussa. Je t'embrasse pour ce souvenir. Ce petit goût de miel et de beurre frais.

C'est comme si la Bretagne voyait naître à chaque fois de petits mondes incertains que le vent et la pluie se devaient d'éprouver, qu'elle offrait des orages à surpasser par la violence d'une étreinte.

Je me blottis contre ces orages. Vous me caressez du bout des doigts, vous savez mon souffle et mes frissons, mes douceurs et mes lames, et pourtant pas une seule fois vous m'avez vue pleurer.

mercredi 13 octobre 2010

My heart is elsewhere.

Je suis presque désolée d'être partie aussi précipitamment. Je m'en voulais d'avoir cédé encore une fois. Je m'en voulais d'être retombée alors que je m'étais juré que je valais mieux que ça. Mieux que d'être ton plan de secours, mieux que d'être l'idiote à la mémoire courte, celle qui s'imaginait que tu étais encore quelqu'un de bien, celle qui était aussi naïve que tu avais été lâche.

J'avais préféré ces premiers rendez-vous. Lorsqu'on se parlait à nouveau, innocemment en apparence, ces regards par en dessous, ces simulacres de séduction, ces demi-mots gentiment cinglants, un peu douloureux, parfois amers. Je les avais préférés parce que je ne savais pas encore à quoi m'en tenir, parce que je pouvais encore prétendre que tu ne pouvais pas m'arracher de toi malgré ce qui s'était passé, que tu désirais en moi quelque chose de plus spécial, autre chose que mon cul en somme.

Mais il se trouve qu'on n'est pratiquement jamais l'exception de cette putain de règle. T'as rejoint le mouvement. Et je m'y suis soustraite. Aussi simple que ça.

Il n'y a jamais rien eu entre nous. Il suffit simplement d'essayer de se souvenir de ces jours heureux pour se rendre compte que rien n'a jamais compté pour toi, et que j'étais trop amoureuse de l'amour pour pouvoir laisser entrer qui que ce soit d'autre. La place était prise, en chacun de nous, par quelqu'un ou quelque chose de trop grand, qui nous dépassait complètement.

Il est 22h16 et doucement je ris, doucement je laisse les dernières bribes de ce qui n'a jamais été, s'égréner sous mes doigts. Et je m'excuse, parce que c'est ce que je fais moi, quand je veux terminer quelque chose et que je veux que l'autre comprenne qu'il n'a pas besoin de mourir.

Tu m'as dit une phrase en espagnol, il n'y a pas longtemps, à propos d'un aveugle et d'un truc genre qui vivra verra, et je n'arrive même pas à m'en souvenir.

Have a great life.

dimanche 10 octobre 2010

You're still young but it's not your fault.

Je suis libre. Maintenant, tout est derrière moi, ceux qui ne valent rien, ceux qui n'ont pas compris. Il n'y a plus que toi et moi et le vide et le ciel. J'essaierai de ne pas trébucher sur le chemin, parce que je t'aime et qu'on ne sera jamais seuls.

lundi 4 octobre 2010

Je relis ces phrases pour la énième fois, pour me persuader que there is no way out. Les mots dansent devant mes yeux, j'ai appris ces phrases et je les murmure sans les voir. "I need to fix myself."

C'est à la fois vrai et terrible, comme une condamnation à la liberté, celle dont on ne veut plus, et bientôt, le vertige, et l'impression de tomber dans le vide, dans un abîme vertigineux. "I need to be sure."

Et je n'arrive pas à faire la différence, rien n'a changé que dans nos yeux, nous tournions le dos au monde, désormais c'est à l'autre que nous tournons le dos, pour pouvoir contempler le monde. Et de fureur je ne le vois même plus, c'est lui qui te dévorera et il ne restera de ça que 5 ans de petits os blanchis. "...et qui sait peut-être que je serai là."

Je dois maintenant me jeter à corps très perdu dans ce que j'ai essayé de fuir toutes ces années, parce que je compte, malgré ce qu'ils essaient de me faire croire. "...essayer de trouver ce quelque chose et te le montrer après."

Et je veux faire les choses bien pour une fois, les remettre en ordre et pull myself together. Alors j'ai commencé par ceux qui ne comprendront jamais, je les ai tués un par un, parce que je refuse désormais que l'existence me piétine, they won't get to bring me down anymore. I have to build towers on my own now. "C'est pour ça que j'ai fait tout ça."

When you return, I'll be there. We'll smile at each other and we'll understand we won't have to worry anymore, because we have time to make things right.

"Suis-moi."

vendredi 1 octobre 2010

Small Things.

Je le regarde. Il parle doucement, le regard tourné vers l'autre côté de la Seine, il sait que je le regarde. Il parle comme il prierait, longtemps et presque en silence, sa voix tel un filet monocorde, un ruisseau de montagne.

Et moi, bercée, je repense à toi, à ces moments qui me semblent encore si proches, le soleil, les fruits sucrés et cette chaleur qui nous rendait languides, comme de petits enfants ensommeillés. Je repense au soleil de là-bas, cet ailleurs que j'ai appris, que tu m'as appris, je repense à tes oiseaux, et ces matins où tout était à prendre, où l'on n'avait même pas besoin de voler le bonheur, ni le temps. Et je suis heureuse parce que je suis encore là-bas. Et doucement, je me sens glisser, glisser parce que l'Autre, ce n'est plus toi, et que je ne suis plus Celle-là, Celle que tu tenais par la main en attendant le tram, d'ailleurs, je vois encore la ville écrasée sous le soleil, défiler par la vitre du tram et tout a une odeur de fruit et de poussière et d'Ile Verte.

J'aurais tellement voulu rester moi, continuer à vivre différemment, avec toutes mes petites brèches et mes désordres, mes violences passionnées et mon absolu, mais je ne peux pas. Parce qu'en fin de compte de nous deux, c'est Elle qu'on regarde, c'est Elle qu'on remarque, Elle qu'on embrasse et qu'on baise, qu'on revoit et qu'on finit par aimer, et moi je suis celle qu'on n'aime que bien et qui finit par rendre coupable et honteux ceux qui sont réellement spéciaux. Et je me sens minuscule et sans envergure, parce que tu étais le seul qui me voyais vraiment et que maintenant il faut que je sois Elle, et pour ça il faudra que je me force à faire des choses horribles et inimaginables, pour qu'on me regarde, qu'on me remarque, qu'on m'embrasse et qu'on me baise, qu'on me revoie et qu'on finisse par m'aimer, parce que tu n'es plus là pour le faire, et qu'il me manque quelque chose, il me manque l'Autre, parce que je ne peux pas exister sans qu'on m'aime, sinon je meurs et je deviens comme les autres, tu sais, ma flamme étrange s'éteint.

Je sais exactement par où commencer, mais j'ai peur de m'abandonner derrière moi, j'ai peur de ne pas pouvoir revenir en arrière si je m'empoisonne, et tout au fond de moi, je n'ai pas envie de devenir Elle. Alors je continue de regarder en arrière, doucement, et quelque chose se déchire.

Je commencerai à mourir pour mes 21 ans, complètement.

(Ensuite il s'est tourné vers moi, et il a dit "Mais, pourquoi?")

mercredi 29 septembre 2010

Strangers in the day.

How on earth did I end up like this? HOW ON EARTH DID I END UP LIKE THIS?

Je vais changer.

J'ai été toutes celles qu'ils ont aimé. Toutes celles qu'ils n'ont jamais connu, celles qu'ils ne connaîtront jamais. Celles qu'on garde, qu'on regarde, qu'on fracasse contre le mur, et même celles à qui on dédie un livre.

J'ai été la copine, l'amie, l'amante, la femme, la soeur, la mère, la pin-up, la soumise, l'écolière, la salope, l'amour d'une vie, d'une semaine, d'un jour, la statue de cimetière, la rock star, la bricoleuse, la suffocante, la fille un peu bête, la capricieuse, la vierge, la mariée, la maîtresse, l'explosion, la sophistiquée, le garçon manqué, la fille drôle, la terrible, la fille froide, la lointaine, l'éplorée, la fatale, l'absolue, la câline, la seule, l'unique, et toutes à la fois. J'ai été tout ça sans effort parce qu'elles étaient moi, à chaque instant.

Et à chaque fois que quelque chose de terrible arrive, elles se réveillent toutes, elles pleurent et rient toutes à la fois, hurlent des malédictions et des chants d'amour, elles bouillonnent et menacent de se tuer, une par une, toutes ensemble.

Jusqu'à aujourd'hui, elles n'ont pas pu ou pas su se montrer toutes. Les gens ne peuvent pas, ne savent pas, ne veulent pas les voir surgir, s'embrasser et se frapper, tour à tour se contredire ou confondre leurs paroles, ils n'ont jamais vu la mariée cacher le porte-jarretelles de la jouisseuse sous des flots de mousseline virginale, ils ne comprennent pas pourquoi la fille un peu bête récite des pages entières de l'Antiterra d'Ardis. Il ne veulent pas me voir, et aveugles, ils me prennent pour la fille froide, l'amante ou l'amour de leur vie, une vie où ils ne seront jamais qu'eux mêmes, un monde où la folie n'existe plus, où l'hystérie est comestible.

Ils n'en voient qu'une à la fois, la volent, jouent avec, testent leur morsure, bientôt s'ennuient d'elle, de la vie, d'eux-mêmes. Alors pour regarder quelque chose mourir, ils la tordent, la fracassent contre le mur, et contemplent les derniers soubresauts d'une maladie originelle, l'être qui meurt, enterré dans lui-même. Parfois dans un élan de culpabilité, ils essaient d'y revenir, de ranimer la flamme religieuse, à genoux ils prient, ils la soulèvent, essaie de la faire vivre à nouveau, fardent ses joues de couleurs gourmandes, ils embrassent ses lèvres mortes, et ils ont envie d'elle, à nouveau, mais elle n'existe plus.

Elles meurent, une à une, celles qui se sont abandonnées à l'homme, à la torture des gens sans cœur, sans but et sans religion d'amour. Et une à une elles me désertent, et je ne les sens plus remuer en moi, comme si la prochaine sur la liste refusait de se montrer au monde, de peur d'être dévorée par lui.

Alors je vais rassembler les dernières survivantes et sur l'autel des illusions, je vais les sacrifier, les découper silencieusement, habilement, en petits tas de chair moite, comme on émiette des nonnettes poisseuses de miel, et de leurs restes je vais bâtir celle qui aura un cœur difforme, une faim insatiable et aucun regret, celle que je ne connais pas encore et qui les tuera tous, puisqu'elle ne croit plus à l'Enfer. L'Enfer c'était l'Autre, maintenant c'est Elle.

Il faut m'oublier maintenant.

mardi 28 septembre 2010

Poah. Tout va de travers.

lundi 27 septembre 2010


I don't understand what I did wrong. Why do I always end up feeling cheap and unfit? Fuck feeling inadequate. Fuck laying in bed thinking about everything we’re not doing together. Fuck feeling like time is running out between us two. Fuck self image. Fuck the internet and facebook. Fuck loneliness. Fuck having to do it all over again tomorrow. Fuck youth. This isn’t youth. This isn’t freedom and weightlessness. Fuck not feeling young. Fuck waiting for you to apologize and say that you were so wrong, that you're sorry. Fuck us not talking to each other. Fuck you for not trusting me enough and saying that I don't listen to you and that I don't understand you, and not even have the patience to explain things to me again, when I spend hours and hours trying to cheer you up, even if it's not working. Even if it's not working, I never stopped trying. Fuck you for not getting me at all either, for not being here, for not having my back and not even care about my problems when I spend my days and nights caring about yours. Fuck you for treating me like crap, and then being so unfair, telling me that I put up the guilt routine because I tell you that you acted like a jerk and you're not even sorry. You messed things up, boy, you messed things so hard by waiting this long that I can't even tell you what to do, because it's me again, I'm the ONE saying that something has to change, and you're only gonna read that AND YOU DON'T HAVE A FUCKING CLUE ABOUT WHY THIS IS SO HORRIBLE AND IMPORTANT and why I'm so damn sad. I'm sad. I'm really hurt. Oh my god. Fuck you. Fuck this. I'm already gone.

samedi 25 septembre 2010

Ô joie, Ô rien...


Alors que je découvre les joies de la colocation et des murs en papier, des choix désastreux et des nuits blanches, j'ouvre les bras aux passions d'un autre siècle. Il est 02h45 et I miss who I was. I miss my innocence and the genuine love I could feel. Je voudrais que les choses soient simples, qu'il suffise de s'embrasser pour que les choses disparaissent, et au lieu de ça d'autres s'embrassent et c'est moi qui disparais.

dimanche 29 août 2010

Room 107.



Plus que quelques heures.

Jusqu’alors je quittais une période démente pour une période merdique, j’étais comme suspendue entre le passé et l’avenir sans pouvoir foutre les pieds sur Terre et profiter du présent. Ou alors quand j’avais vécu un truc lourd je passais mon temps à le regretter du coup je perdais mon temps. C’est fini. Depuis quelques jours je suis tout ce que j’ai été depuis le début. Je suis portée par tous les lieux que j’ai vus, qui m'ont dessiné et comprimé le cœur. J’ai même plus peur de pas revivre ces moments qui quand j’y repense ont quelque chose de complètement surréaliste. Ils sont derrière mais pas partis, je les ai quelque part dans la poche, sur les phalanges ou le long de la gorge. J’y pense plus que rarement : le temps d’un quart de seconde je me rends compte de ce que je suis et j’en chialerais tellement je suis devenue à la fois si légère et si lourde. Et finalement je m’en fous, je suis passée dans une autre dimension, éjectée hors du monde.

Ce qui se présente à mon esprit, de façon récurrente, l'image du scarabée qu'on noyait en lançant des pierres, le long du canal. Le vide sous moi. L'odeur âcre et métallique de la rambarde hérissée de pointes, que je serrais contre moi, parce que c'était l'empalement ou la chute. Tu me regardais.

Je voudrais planter ma tente dans le futur. Et qu'on s'y cache. Qu'on perde notre temps à regarder la pluie froide s'abattre: calmes, confiants, parce qu'après la pluie.

I won't wait for you. I'll wait with you.




[Note à moi-même:]

jeudi 26 août 2010

I'll be safe, now.


You don't see me either.

You're like the others.

You don't wanna know, you don't wanna see. You assume and you judge. You don't love, you don't understand, you forget all about me, about us. I've been by your side during five years, without flinching, without doubting you were the one. You don't see that. You don't see I came back because I still believe, because I though you were the only one that could see right through me. You're pushing me away, you believe I'm low, you despise me because I did what you did. And it's all wrong. It's all wrong because I'm not you, so it's something disgusting, something in me, in my nature, I'm like that, and "hey, don't worry, I'm not mad, it's normal for someone like you." What we did was no excuse. I don't plan to live like that. I'm not like that.

I'm fierce. I'm faithful. I believe in being devoted to someone. I was devoted to you. And then you treated me as if I had the soul of a whore. You gave yourself away as well, in the past. Perhaps you don't see it. I see it. And I know it's not the way it's supposed to be. The way you are. And I don't forgive you. I won't say that it's nothing, thinking you'll forgive me as well. I don't plan to live like that. I'm not like the others. And still, in your head, I became the classic girl with the classic moves, you expect nothing great from me anymore. But I'm not classic.

And I'm not lying. I don't hide things from you even if I know it's gonna drive you mad. You know every little thing. And still you don't want to see me. Still you don't trust me. Still you don't trust me enough to tell me everything. I don't want us to be like other couples, suspicious and dead. I want you to know everything.

By the way, she just called to tell us there was another file competing for the appartment.

So, I'm letting it go for today. I just wanted to feel that you loved me. I thought I could be happy. But you were right, I'm not strong enough.

dimanche 15 août 2010


I feel so lost. I'd like to start fresh, erase all the lingering crap and see things beautiful again. I feel like anything I say is turning into a giant cataclysm that takes away the few good things left. I feel like anything I dream about is never going to turn real. My hopes are not even in this world anymore. Nothing is good or simple. I wish I could count on them to make me feel alive, but it's like they don't care. They run away from me, cutting me out, they don't want to handle my unsteadyness, yet I handled theirs. All this is so unfair. It makes me feel unwanted. It makes me feel the bad guy when I say it out loud. It makes me feel like a monster. It makes me want to die. I wish I could die. I wish I could die.

vendredi 13 août 2010

Widowed.


Startings and endings.

J'espère que je ne vais pas me perdre idiotement encore dans ce dédale d'intentions obscures. Je fuis le simple et le serein, je me laisse glisser dans le délicat, et je laisse l'autre s'emparer de moi, me tordre comme un jouet. M'oublier dans le décor lorsqu'il se détourne du monde extérieur, comme dégoûté par lui et moi. Me jeter contre les murs, le cœur en premier lorsqu'il n'est plus sûr de rien, sentir ma poitrine craquer sous l'impact et ma volonté exploser, par ennui. "Non, ce n'est pas de ta faute, mais rien n'éclate aussi bien que ton cœur, mon amour."

Je voudrais de la norme et de la constance, tout en sachant que je ne pourrais pas vivre ainsi, aucun de nous n'y survivrait. Il a toujours fallu que je sois loin mais pas trop, proche mais pas trop, moi mais pas trop.

You don't seem to be very happy when you're trying to make me happy.

mardi 6 juillet 2010

Nouvelles histoires.

Tout est désordre à nouveau.

lundi 28 juin 2010

Je suis ta petite fiancée folle. Ta toute-angoissée et ta haute-dramatique. Ton Overwhelmed. J'entends des explosions rouge et jaune lorsque je marche dans la ville à 4h du matin en attendant que tu viennes me chercher et que je reviens avec un bras noirci. Il faudra m'aimer loin, parce que je ne viens pas de Vénus. Je viens d'ici.

dimanche 20 juin 2010

Help myself.


Mon petit Gaëtan Roussel, ton clip me fait un peu peur. On dirait quand même un peu des roumains.

Un lundi que je ne comprends pas. Il paraît qu'il y a des trucs spéciaux à faire, tout le monde a compris quoi, sauf moi. Il doit y avoir des codes entre eux pour se donner des instructions, et moi j'entends juste "j'ai pas de culotte" ou "je suis enceinte pour la 4e fois".

Je vais recommencer à compter les heures jusqu'à 18, après je rentrerai sous la pluie battante (encore) pour fermer mes cartons. J'ai un peu peur de partir, mais c'est un peu avec l'espoir que d'ici un an, quand je reviendrai reposer ces mêmes cartons, tout ait disparu, les souvenirs, la lumière et les odeurs qui me faisaient vibrer de façon erratique.

C'est un peu dommage que mes tentatives pour te secouer finissent toujours de la même manière. Me répéter certaines choses ce n'est quand même pas comme mourir.

samedi 19 juin 2010

Try this.


I'm so tired I feel like crying every time I sit down. J'aurais besoin de me reposer contre toi.

Avec ce nouveau boulot, la recherche d'appart, la recherche de colocs, les partiels et l'anorexie financière (oui, ya un gouffre), je commence à m'enfoncer dans une genre de routine zombiesque (mais zombie rapide genre "28 jours plus tard") 10h30-19h30 (quand ils sont sympas et qu'ils trouvent que j'ai un air moribond) week-ends compris (oui je taffe le week-end, HOW LAME IS THAT?). Mes collègues de bureau sont très très bizarres et me parlent de quotas de races dans les staffs de la boutique Z&V, surtout que rue des Francs Bourgeois, on doit faire mieux que Benetton, sans virer gangsta. Et je plie, je plie, je plie, je range et je règle au millimètre près l'écart entre les cintres, qui portent des étoffes que je ne regarde pas, des sacs invisibles. Je ne pense qu'au sol des forêts vierges que je foulerai un jour.

Et puis il y a Pierre-Damien, que j'ai rebaptisé mentalement par ses initiales, avant de me raviser (tellement fatiguée que j'ai failli l'appeler comme ça de but en blanc). Il m'achète des Oreos et il m'apprend l'art de faire semblant de plier un même pull pendant 3h. J'en peux plus de travailler avec des gens étranges, sans cesse. I miss you.

By the way. Ne m'appelez plus, ne m'envoyez plus de messages. Je n'ai plus de portable hein.

mercredi 9 juin 2010

There are no rules.

Il faut que je me décide. Pull out lorsque tu sens venir le débordement. Recule. Enterre-toi. Fais mourir la peur, réduis là à une pierre que tu ajoutes à l'édifice. Garde cela pour toi, personne n'en veut. Ils te mépriseront tous d'être la même à chaque fois, d'avoir sans cesse les mêmes mots à la bouche et de ne pas te résigner. Ils ne veulent rien voir en toi, que ce qu'ils peuvent sauver, le reste n'etant là, d'après eux, que pour les faire mourir. Et reviens lorsque tu peux respirer à nouveau.

Je suis désolée. "Non tu n'es pas désolée". Si, je le suis, vraiment, parce que je ne sais pas quoi faire à part te dire que je vais essayer de ne te donner que le meilleur. Le reste j'essaierai de le garder comme des pierres, je les jetterai sur quelqu'un de moins important. Et je reviendrai à un meilleur moment, il y a toujours un meilleur moment, il ne faut pas déranger.

mercredi 2 juin 2010

I feel it's time to die, but I don't know how. How useless am I, right?

Je m'efforce d'évoquer ces instants qui me brisent, ces gestes lents et flous que j'ai esquissés pour les tuer tous. Je les évoque pour ne pas me laisser envahir, pour ne pas finir terrassée par l'idée d'avoir pu changer le monde avec toi, mais d'avoir raté la même marche que la première fois.

Je savais ce que je voulais il y a un instant, et maintenant j'ai seulement mal, et je ne sais plus.

Ce jour est effectivement douloureux, sourd. Il faudrait faire résonner dans l'air grimaçant ces fausses Inventions, mais elles sont remplacées, depuis longtemps déjà, parce qu'un jour sur tes lèvres sont nés des mots d'amour en forme de rasoir. Il faudra se résoudre à croire en aveugle, douter de tout et à jamais, parce que les livres nous mentent, et nous le savions déjà.

Il faudra tracer ses propres rayons, comme un soleil errant.

"Alejan....non."






Bon j'hésite encore entre quelques potentiels colocataires, si vous pouviez m'aider à faire un choix... :)

mardi 1 juin 2010

Try to remember.


Mhmm-m-mm-mh...

Penser à aller voir cette fameuse collection Pérez Simon au musée Jacquemart André, avant que ça se termine, hein. Je me souviens de ces après-midis, longuement penchée sur mes crayonnages frénétiques, poignardée par des clairs-obscurs. J'aurais voulu que tu te sois promené silencieusement avec moi, à l'époque, à travers ces lumières crues et puissantes, ces faces plâtrées et extatiques, ces rues délavées, pour t'entendre dire des choses que j'aurais pu comprendre, alors, parce que tu te serais invité dans mon monde, pour me voir vraiment.

"Tous ceux qui, comme moi, ne possèdent pas ce merveilleux don de créer la beauté grâce à l’art peuvent se consoler en admirant des œuvres et en jouissant de se laisser séduire par elles."

C'est ainsi que l'on touche à la vie. Qu'on la manque.

lundi 31 mai 2010

Give up on love or die tryin'?


Parfois je me dis que je mérite plus qu'un gros trou noir à la place du cœur. Mais puisqu'on s'acharne à me prouver le contraire, il est bien possible que je me résigne à mourir encore quelques fois. J'ai peur de la résignation, tout de même, cette impression de se trahir sans fin. Je voudrais voir ce que tu vois, et rêver, mais je ne peux pas laisser les gens s'enfuir avec de bouts de moi tout le temps.


Even though it's breaking my heart, I will keep waiting for you to realize that what you want is right here. I dare you to love me back, because I'm that one person that you're looking for. Yeah. That's me. And you're going to turn your back on me, and that's gonna be the end of us. I hope you know what you're doing, and I hope you want it bad enough, because you know I'm all about forevers.

jeudi 6 mai 2010

"J'ai le corps en dérive et des fois tu ne me crois pas, j'ai le corps tellement ivre, que l'autre, je crois que c'est toi."


Alors au départ, tu te sens bien, tu te sens positif, ensuite, cela te fatigue et tu te rends compte de ta bêtise.

C'est là que tu as le choix entre : être seulement ou être toi.

La béatitude, j'aime ça, mais j'ai pas bien appris.

lundi 3 mai 2010

Lucky Lips.




Lucky lips are always kissing,
lucky lips are never blue.

Parfois je repense à cette structure un peu foireuse que prend ma vie à certains tournants, et je ris très doucement, en me disant que c'est peut-être moi, qui m'attache à tort et à travers, moi qui épaissis ces petites égratignures et qui m'enfonce avec naïveté dans ces amas de ronces, complètement ivre. Mais je ne peux pas être réparée. No cambiaría mis heridas por algo mas azucarado. J'esquisse même parfois un pas de danse. Mais très discrètement.


Lucky lips will always find
a pair of lips that will be true.


Je repense à eux, à lui, à toi, parfois. Au fait de devoir "start fresh" à chaque fois, faire plein de projets sur de minuscules ruines, qui se multiplient les jours de pluie.

Alors je m'efforce de penser à ce premier jour, où l'on laisse à nouveau l'entour nous caresser, balayer les cendres de ceux qui sont morts, lorsqu'on laisse enfin d'autres entrer en nous et nous envahir, et qu'on leur met dans la main ce fameux couteau qu'on aiguise nous-mêmes. Ce premier jour. Il me donne envie de crier dans la nuit que tout est réparé, que je suis réparée. Mais ça serait mentir. Alors je danse.


I don't need a four-leaf clover,
rabbit's foot or good luck charm.



Dans cet air doré, dans ce train, j'ai vu se lever le soleil timide, défiler des montagnes noueuses et des champs de poussière. J'ai senti l'odeur de l'enfance qui flottait entre les pianos et suivait les pas et les rires des gamins blonds, j'ai vu les cours désertes et les lézards paresseux. J'ai reconnu ces amours d'enfants centenaires, cette mairie où l'on se mariait en descendant du petit train de la Fête du Village et ces rues brûlantes, désertes, alanguies. J'ai tenu la main d'un fou, poursuivi le clochard nommé Cile, effrayé Mme Marbach Febuda Goupille José Gomez Gonzales qui parlait le juif et je me suis assise sur le Monde pour manger une quantité incroyable d'un goûteux fromage.


With lucky lips I'll always have
a fellow in my arms.


La vie n'est pas toujours inextricable.



mardi 20 avril 2010

Tout est dans la recette.




Evidemment. On aurait dû en rester au "Je ne t'ai pas quittée pour une autre". C'était léger et sans fard, tu m'avais tout enlevé mais avec grâce. Maintenant tu es tous les autres que je n'ai pas encore connus, et que je n'ai pas envie de croiser.

Bizarrement, ça m'a fait rire, parce qu'il a suffi de ça pour que j'arrête de faire n'importe quoi. Que j'arrête de m'agiter partout de façon tout à fait erratique, pour faire plaisir, pour me faire aimer, pour me faire comprendre. J'imagine que n'ai plus été tout à fait moi-même depuis ce premier jour, il aurait fallu pour ça me voir exulter et m'embraser pour ces choses dont tu n'imagines même pas l'existence.

Bon, ça m'a causé un petit choc d'adrénaline, parce que ne je m'imaginais pas une telle fracture après ces quelques jours de soleil. Je pensais qu'il nous avait rendus tendres et joyeux, mais on ne peut pas prévoir ces petits éclairs qui verrouillent les cœurs.

Tu aurais pu mentir un peu, sur le pourquoi, en gentleman. Mais au fond, qu'est ce que ça change.

Franchement, je crois que c’est ça que je veux de l'autre : qu’il soit fou, vivant, plein de projets et je suis tout à fait capable de tout plaquer pour aller me marier à Vegas et vivre dans la jungle si je rencontrais un taré génial qui me regarderait avec des yeux différents. Pas le ptit branleur type qui te fait des "I like you but i’m not ready lalalala". Ouais, chez Carrefour, ils vendent des paires de couilles en solde si tu veux.

Je suis libre à nouveau, entre abîmes vertigineux et hauteurs fracassantes. Et je ne me souviens plus de pourquoi j'ai essayé de toutes mes forces de m'attacher à toi, boy, pourquoi je suis allée te chercher à nouveau. L'évidence n'est plus la même.

Merci de m'avoir faite autre. Demain, rdv avec l'ailleurs, promis.

lundi 19 avril 2010

I'm just a game to you.


Click-click

I see the crystal raindrops fall
And see the beauty of it all
Is when the sun comes shining through

To
make those rainbows in my mind
When I think of you some time

And I want to spend some time with you

Just the two of us

We can make it if we try

Just the two of us

Just the two of us
Building castles in the sky

Just the two of us

You
and I

We look for love, no time for tears

Wasted water's all that is
And it don't make no flowers grow

Good things
might come to those who wait
Not to those who wait too late
We got to go
for all we know

Just the two of us
We can make it
if we try
Just the two of us

Just the two of us
Building castles in the sky
Just the two of us
You and I


I hear the crystal raindrops fall
On the window down the hall

And it becomes
the morning dew
Darling, when the morning comes

And
I see the morning sun
I want to be the one with you

Just the two of us

We can make it if we try

Just the two of us

Just the two of us

Building big castles way on high

Just the two of us

You and I

dimanche 11 avril 2010

Are we okay?

Je voudrais oublier. Faire la planche sur un lac. Laisser le soleil s'appesantir sur moi et épuiser l'envie d'un autre corps sur le mien.

samedi 27 mars 2010

Where did you go?


Guettez la différence. C'est moi sur les deux photos (sauf que j'ai mystérieusement disparu de la seconde, on peut facilement deviner pourquoi). Vous avez le droit de vous sentir désolés pour moi. Maintenant je pourrai parler d'existentialisme, des scénarios d'une cyber-guerre et du chômage record. Et je vous ferai nerveusement l'œil à la Sartre en sirotant mon café. Parce qu'il paraît qu'il faut que je commence à m'intéresser au monde dans lequel je vis, au lieu d'en voir seulement les choses inutiles (en même temps, je n'y peux pas grand chose si les choses les plus belles n'ont absolument aucune direction).

Mais deep down, je continuerai d'espérer qu'un jour mon regard de chat se verrouillera à nouveau à celui de ce quelqu'un si spécial qui ne laisse pas les choses terrestres lui commander une façon de vivre, et que je pourrai laper mon lait chaud et sucré tout le jour durant (en n'en n'ayant rien à foutre du secteur sinistré de l'automobile). Avec beaucoup de mousse sur le dessus. En plus j'aime pas Sartre, alors.


Il y a eu des hauts immenses, des tiédeurs inquiétantes, et des jours où l'on ne se connaissait plus. Je ne crois pas en la fatalité. Prétendre qu'on n'y pouvait rien, c'était sombrer dans la mauvaise foi. On y est en réalité pour quelque chose, on y est toujours pour quelque chose. Feindre l'irresponsabilité, ou l'absence au monde, c'est être un salaud.

A vrai dire, je t'avais tout raconté. Je t'avais raconté mon angoisse de la vague qui se brise et celle de la main qui se refuse. Je t'ai dit pourquoi, et comment, et alors. Et quand tout a été fini, lorsque je me suis tue, alors, le vide m'a reprise, toute entière et au-delà, et j'ai fait un plongeon historique.

Et pourtant je sais que cette évidence entre deux personnes, n'existe pas. Les fantasmes nous hantent et nous poussent à poursuivre les éclats de voix qui se perdent. Il n'y aura que la morsure du plaisir, pour remplir ce vide qui nous fait nous affaisser sur nous-mêmes, comme des fantômes. Et pourtant, je me sentais à ma place, là, tout contre...

La naïveté nous rend humains, elle nous dépasse, elle n'a pas d'autre but, ni d'autre fonction que celle de nous distiller ce poison de l'inutilité, qui nous rend faibles de plaisir.

Cette route que nous nous efforçons péniblement de creuser, ces tours d'ivoires qui nous dominent, ces étendues immaculées dont la seule évocation suffit à nous faire renier ceux qui vous attachent et vous font enterrer des petits squelettes dans le sel. Tout ça. Ça ne vaut rien, n'est-ce pas? Mais dans le doute...

mardi 23 mars 2010

Un ptit café?

Ouais. Fut un temps où je n'étais pas encore une grosse loque. J'essaie de m'en rappeler.


Un prospectus d'un hôtel, une liste de menus maison, un ticket pour le Salon du Chocolat, la carte de visite de deux restaurants, un prospectus de château fort, la clef magnétique d'une chambre, un ticket de vestiaire, un tube de gel douche, deux tickets de cinéma, un sweat-shirt, un t-shirt, un briquet, un serpent, un caillou. Un polaroid. Quelque chose comme ça.

3 jours. 17 tasses de café. 3 heures de sommeil. 2 verres cassés. Rien mangé depuis 3 jours. Feeling rather SICK, but it's probably the point, self-punishment.

Il faudra probablement que je sorte de cet appartement un jour ou l'autre, anyway.

Je ne comprends plus pourquoi on s'est quittés. Je ne me souviens même plus de la raison pour laquelle il s'est passé tout ça. Je doute même qu'on ait été ensemble, au vu de cette séparation rapide et glaciale. "Tu vas me manquer", tu parles.

Bref, à deux doigts de le rappeler, de le supplier de revenir, de dire des choses qui ne s'effacent pas, mais j'ai imaginé cette scène des milliers de fois, et l'issue est toujours la même, évidemment, et jvoudrais m'éviter de me faire jeter une nouvelle fois. Milagros no existen para Lothie.


A part ça, je sens que le responsable du restaurant indien en face de chez moi veut un peu m'utiliser à des fins sexuelles peu recommandables. Et il sait où j'habite. Et il m'appelle 3 fois par jour. Bon, anyway, je ne mangerai plus de bouffe indienne avant je ne sais combien de temps. Vade retro Palais de Vandan.





Okay, l'abus de café rend un peu dingue.






Pour vous montrer que j'ai encore un peu d'humour dans la douleur...

J1: Ground Zero.


A vrai dire, c'est encore J0, puisque je n'ai pas même réussi à dormir. Comme à chaque fois que je ne sais pas quoi faire d'autre, j'ai regardé le jour se lever, emmitouflée dans moi-même et assez désemparée. Je suis en enfer et je regarde le jour se lever.

J'ai regardé le jour se lever et je sais encore exactement ce que j'ai fait avant que tu arrives, ce que j'ai mis dans ce sac, je me souviens exactement de ce que tu portais et le nombre de pas que tu as fait de ma porte jusqu'à l'autre, ce que tu m'as écrit ensuite, le nombre d'heures que j'ai passées par terre en retenant ma respiration. Et ce ne sont pas des photos, je ne peux pas te rendre ce que j'ai vu, je ne peux pas essayer d'effacer quelque chose qui m'a faite exploser.

J'ai regardé le jour se lever, et dans ma tête, un défilé d'images vivides, ces matins, ces minutes où le temps s'arrêtait complètement, et le frelon devant la tente. J'ai essayé de chasser ces images, d'effacer le temps, mais je suis Lothie et je n'ai plus prise sur rien. Alors je me suis laissée envahir par ces petits films, l'odeur de la Baie de Somme, le vent du soir sur les remparts de Saint Malo, j'ai laissé le lait entier et les fraises et le Kouign Amann et les derniers échos du Globo s'abattre à l'intérieur de moi et me manger vive. Et j'ai pensé que j'aurais du déposer la moitié de moi dans ce putain de sac où j'ai mis deux heures à trouver comment y fourrer un cintre.


J'ai regardé le jour se lever dans un appartement qui vit encore dans un autre espace-temps, et ça en devient intolérable. Tu ne sais pas ta chance, de pouvoir te mettre à vivre ailleurs. J'évite de le regarder, je marche en aveugle dans ma propre maison, puisque tu es encore là, évidemment. Tu es encore en train de dormir dans le lit, et partout où tu as posé les mains, il y a une sorte de pulsation chaude. J'aurais dû mettre mon appartement dans le sac aussi. Et tout ce qui était là pour toi, le thé mangue-pêche, les trouvailles que j'ai jamais eu l'occasion de te donner, j'ai même commencé à détester les œufs au plat et les étendoirs à linge. Voilà où j'en suis.

En réunissant ce qui restait de nous, les choses inutiles que j'avais gardées (parce que je suis Lothie), je m'étais dit qu'il n'y avait pas grand chose et que ces petits objets n'auraient de toute façon pas grand sens quand tu les découvrirais plus tard avant de les jeter à la poubelle. J'ai failli garder un souvenir, pas de ceux que tu m'as offerts, mais de ceux qui déclenchent des images quand tu les tiens dans ta main.

Et puis je me suis rappelée que j'avais tout inventé. J'avais inventé du début jusqu'à la fin quelque chose qui n'a jamais existé puisqu'elle n'est arrivée à ne laisser aucune trace visible. Tout tient dans un sac. Tu l'as pris, t'es parti avec. Tu jetteras tout ce qui ne t'appartient pas, sans regarder, comme je te l'ai dit. Fin de l'histoire. Tu pourras passer à autre chose, toi.

J'ai regardé le jour se lever et je me suis rendue compte que jamais encore je m'étais sentie crever aussi intensément, peut-être parce que la colère n'a même pas eu de place dans ce processus. Il est toujours plus facile d'avancer quand on en veut à quelqu'un mais je ne peux pas t'en vouloir, moi-même je ne serais pas restée avec Lothie. I'm not the one for anyone.

J'ai regardé le jour se lever et il ne me reste plus rien, j'ai l'impression de m'être faite cambrioler. Quel énorme gâchis, avec pour seule cause le fait de n'avoir pas essayé assez fort. J'aurais tout donné. Tout. Et maintenant j'en crève, tu vois?

Alors je me suis levée de ma flaque de larmes et j'ai commencé à écrire, puisque je ne sais plus quoi faire d'autre. Il faut effacer l'espoir de te voir frapper à ma porte une nouvelle fois, celui de t'entendre à l'autre bout du fil, celui de te voir regretter ton geste. Il faudra écrire les images, sans relâche, pour qu'elles se fanent et vieillissent et un matin, quand je regarderai un autre jour se lever, alors il y aura quelque chose de neuf à vivre, peut-être.

Pour l'instant, je vais flâner encore du côté de la Tour de l'Horloge, comme dans un rêve. Et boire un café. Parce qu'il paraît qu'on s'y habitue.