Il y a des gens qui nous électrisent dès le premier regard, nous piègent au premier contact, nous lient par leur voix. Il y a quelque chose en eux qui déchire le voile, il n’y a d’un coup plus de gêne mais une curiosité subite, un désir viscéral de plaire, une espèce d’urgence soudaine de n’être plus que soi. Il n’y a pas tout le complexe protocole que l’on met en place pour mieux s’en déshabituer ensuite, du mur qu’on élève soi même pour respecter les convenances, des rôles pleins de tact et de prudence, des escaliers à gravir progressivement. Tout n’est qu’instinct, réflexe, ça relève plus d’une passion qu’autre chose, un échange presque charnel d’émotions, tout devient naturel, presque animal, vivant.
Amor Amor pour Lui. Une goutte sur la manche et j’ai l’impression qu’il est près de moi, que je porte ses vêtements, et je dors en serrant ma chibi-peluche contre moi (!). Je brûle.
Tout est tellement triste lorsqu’on tire sur le fil qui nous unit. Il devient si ténu que je n’arrive plus à sentir s’il pense à moi ou pas :p D’ailleurs je ne suis plus sûre de rien, je n’entends plus l’air vibrer autour de lui, je ne m’entends plus ressentir, je ne me connais plus.
« Pourquoi le désir renaît-il dans un couple ? Il ne renaît pas, voyons, il fait semblant. Il a pitié du temps qui passe, il sourit à ces deux bougres qu’il a eus jusqu’au trognon, jusqu’à leur dernière illusion, à travers tous les âges, encore ensemble malgré les anathèmes et les embrassades volées, encore à s’aimer d’un amour sans feu. Allez-y, prenez-vous. C’est bien simple, il suffit de fermer les yeux : il était une fois… » Je ne veux pas grandir, je veux aimer toujours, cristalliser cette flamme qui brûle encore un peu, doucement, elle a besoin de lui, besoin…
On ne caresse pas l’eau. C’est bien dommage.
Cette nuit froide, encore, rugueuse.
