En relisant Barbarant, je m’étonne de le voir citer Levinas, inscrit au programme de SHS cette année, avec son hilarante tirade sur l’épiphanie. L’Autre est sous ma responsabilité dès qu’il me montre son visage : je ne peux pas Le tuer. Encore quelque chose qui nous lie, cet écrivain que je ne connais qu’en mots, et moi, qui le rêve de loin.
Le corps pour me distraire, des livres, les livres pour me défaire des lèvres… la roue tourne. Je ne fais rien de moi, ni du temps qui me reste, ni de ces feuilles que je parcours, étonnée de leur dérisoire répétition.
« Se faire une beauté » : décompte assassin de nos hideurs.
Trouvé par hasard un acteur danois ou suédois (?) qui ressemblait à Gaël. Je pourrai voir plus souvent ces lèvres en forme d’ailes, l’acier coulant du regard, quelque chose entre la Bête et son reflet, il y a tellement de force qu’il finit par ne plus lui ressembler du tout.
Ciel tavelé de gris et de noir. Pas le moindre saignement d’étoile. Je ne sais plus vers où crier « je t’aime ».
Mais moi, vous savez, l’Eden, je m’en fous…
