mardi 21 août 2007

A midnight pizza dream

Une seule chose est sûre : Il, comme Lui, comme les rares corps vraiment aimés, donne sa forme au paysage. Quand je les attends, la ville se referme. Elle s’ouvre avec leur sourire.

Après avoir retourné le mot dans tous les sens, l’avoir soupesé, tâté, inventé quelques synonymes aussitôt repoussés, je me décide. Essayer des mots comme des chapeaux, qui ne vont guère, m’entassent : je suis trop petite pour porter le désespoir avec élégance. Désespoir fait décidément trop prétentieux, solennel. Non, rien à faire : depuis 17 ans, je suis dans le désarroi.

Je ne supporte plus de ne rien envisager, de vivre dans un sable de sensations, heureuse simplement quand un recoin de soleil effleure une vitre, quand l’eau brille dans les verres, quand une main nue se pose à mon cou. J’ai l’impression de voler chaque seconde, d’avoir pour toute morale un « toujours ça de pris » consternant. Oui, la chasse à la joie à présent me désespère, elle aussi.