dimanche 23 décembre 2007

De tous les jours proposés par le calendrier hebdomadaire, il en est un des plus détestables.

Clôturant la semaine de batailles ou de ronflants attendus, le dimanche est un bâillement nauséeux. Si encore cela n’était que de désœuvrement ! Mais non, il s’agit encore de vous retrouver en face de votre situation, et cette dernière peut être ce qu’elle veut, elle vous saute à la tête, bombe pathétique.

Le dimanche, sachez le, est une caricature.


Mais il y a pire. Il y a le dimanche des célibataires. Le point culminant de la solitude. Même s’ils se regroupent, quel que soit le but inventé, tout n’est qu’errance déguisée. Vous pouvez alors toujours vous enfouir sous une couette cafardeuse à tenter d’endormir les heures, vous resterez une victime dédimanchée.

Le dimanche, sachez-le, est le jour où l’on pleure le plus.

Ne sont finalement bénis en ce jour anesthésié que les amants neufs qui se coupent derrière des volets clos. Leurs ébats répétés prennent langoureusement le temps de ne plus savoir celui qu’il fait de l’autre côté ou l’heure qu’il montre. Ha, bienheureux ces chanceux dominicaux qui s’offrent le luxe d’échapper à la règle du miroir social que la date impose ! A croire que cette journée a été inventée pour ceux qui la méprisent.


Car même les adeptes de la paresse ne sont pas au summum du bonheur. Ce vice ne se délecte bien que lorsqu’il est privilège. Il ne suffit pas de rien faire, encore faut-il que le monde s’agite autour. Il n’y a réellement que le lundi où l’on puisse goûter aux joies de l’oisiveté.

Ô, être une amante neuve !