lundi 31 décembre 2007


Bon alors j'en profite quand même pour vous donner quelques précisions concernant l'article précédent, suite aux récriminations et autres mots compliqués ("mais tu nous avais pas dit que t'avais des tantes", "plein de tantes?", "tu nous avais pas dit que ta tante avait des copines", "c'est quoi une copine?"). Quand j'étais petite ma tante elle faisait des soirées copines, comme nous des soirées pyjama, sauf que c'est des copines à la place du pyjama. Et souvent elle m'emmenait avec elle.

D'ailleurs on m'emmenait partout quand j'étais gosse, mon oncle me trimballait voir ses "copines" du quartier latin, dont une grecque qui s'appelait Vendredi (en grec), mais comme jfaisais souvent autre chose pendant qu'ils parlaient (genre je fouillais le par terre avec mon doigt), jme rappelais plus trop de leur tête et j'avais trop peur de faire une gaffe avec leur noms. Et quand il m'a présentée sa vraie copine (enfin la 1ere vraie), celle qui était italienne, il m'avait dit que JLAVAIS DEJA VUE AVANT alors que, menteur, même pas vrai. Mais en douce, j'ai demandé à la fille comment on disait "vendredi" en italien. Et comme c'était pas "Giovanna", j'ai laissé tomber.

Mon pépé aussi m'emmenait voir ses copines (tain jme suis pas remise de la Balthasara, une espèce de vieille (ui mon grand-père se faisait AUSSI des vieilles) qui regardait Rick Hunter tous les midis dans un appart qui sentait déjà la mort), et me faisait faire des trucs intelligents devant elles pour les draguer (la "technique du petit frère" on appelle ça, avec moi à la place du petit frère), genre "hoho mais qu'est ce que tu prends comme médicament Jeannine, ya plein de trucs mauvais pour la santé dedans, tu vois ma petite fille, qui est FUTUR MEDECIN (Pépé pardonne-moi) et qui MANGE BIO tous les jours (t'ain j'ai eu une enfance nourrie de germes de blé, de pollen et d'algues séchées bio, tout à fait) va te dire ce qui va te tuer en cinq minutes ou alors dans 5 ans, mais ça sera le cancer". Et là je devais regarder la composition du médicament et citer l'agent pathogène, alors moi, pas con, jdisais "les conservateurs". Là au moins t'es sûr d'avoir bon et ça prouve que tu sais lire "conservateurs", toujours ça de gagné.

Dans ma famille on me dit que je suis pas bien rigolote.


Enfin mon éminent papa le dit. Je croyais qu'il m'aimait bien. Ca devait être avant que je parle. Ca devait être quand je m'exprimais encore par gestes et que j'avais une grosse tête trop lourde pour la tenir droite, ou bien que tout le monde parlait si fort qu'on m'entendait pas. J'étais pas bien rigolote mais ça se voyait pas. C'était pratique.


- T'es pas bien rigolote. On peut jamais rire avec toi. Tu rigoles jamais.
- Mais non ! Je rigole des fois ! Tout à l'heure j'ai rigolé tu te rappelles pas ?
- Ca compte pas. Ca devait être une des seules fois de ta vie.


Dans ma famille personne n'a honte de sa mauvaise foi. Dans ma famille je suis austère, parce que je ne bois pas et que je suis fatiguée après les cours, des fois j'ouvre des livres, mais bien moins que je ne devrais. Dans ma famille, y'a le clan des 1973's qui ont trente ans qui font des blagues et je sais bien que je fais pas partie du clan.


- Et bah ! Elle doit avoir une sacrée chatte poilue celle-là ! Un minou qui pue ! Tiens et elle est chaude la copine d'Antoine ? Quoi ? Il a vingt-sept ans, ça va. Alors elle suce ?
- ...
- Et bah, tu rigoles pas ? Tu rigoles pas, tu rigoles jamais. T'es coincée du cul ou quoi ? Elle est coincée du cul. Décoince toi du cul Charlotte, ça te fera du bien. T'es mal dans ta peau, ça se voit.


Quand j'avais douze ans c'est vrai, j'étais pas très à l'aise avec les bavardages de chattes poilues en bout de table à Noël. Ni bien dans ma peau, bien dans tête-an. Maintenant, c'est différent. C'est juste que les chattes poilues...

J'avais pourtant l'impression d'avoir construit mon adolescence grâce à un certain humour. C'est-à-dire pour avoir des amies, pour accéder personnellement à quelques personnes du haut rang des fashions qui sont allé trois ans en première année med, pour réussir à être belle aux yeux d'un intouchable du lycée en partant de ma catégorie des plus de quarante-huit kilos. J'ai réussi sur plusieurs années mais ça compte quand même. Et c'était pas grâce à mon corps de déesse. C'était avec mes jacasseries plus ou moins incessantes qui finissaient bien par être drôles, ironiques et cyniques par moments. Si j'y allais, je dirais avec mes pointes d'intelligence de troisième 6.

Et maintenant bim, plus d'humour. Pas de chatte poilue, plus d'humour. Bonjour Laurent Romejko, les chiffres et les lettres, Bruno, en huit lettres, « epilanidès », petit animal des prairies d'Amérique latine au XX° siècle avant Jésus Christ. Pourtant je rigole des fois, c'est évident, j'aime bien rigoler. Jsuis plutôt bon public quoi.

Mais les chattes poilues ne m'auront jamais c'est comme ça j'y peux rien. En même temps je suis pas de 1973, c'est peut-être ça. Y'a aussi le vin qui nous sépare. Le vin ça fait rigoler de chatte poilue. Alors je suis coincée parce que j'en bois pas, j'arrive jamais au stade des chattes poilues avec mon coca. J'aime pas l'alcool avec n'importe qui, ni l'odeur de la cigarette, c'est bon, ça veut pas dire que je suis pas drôle.


- Tu vois, Marcel, lui il était drôle. Prends exemple sur lui pour te décoincer du cul Charlotte.
- Marcel, le clochard ? Mais il est mort !
- Et oui ! Il est mort d'avoir trop bien vécu. La belle vie...
- Il est mort poignardé, il avait une cirrhose depuis dix ans, dormait dehors et courrait après les enfants noirs de l'école primaire avec un couteau !
- Il savait s'amuser, lui. Le bon vieux temps.


Evidemment c'est exagéré. Mais Marcel est quand même mort, et pas de s'être trop amusé. Je dis pas que les copines de ma tante sont alcooliques. Ni qu'elles vont poursuivre des enfants avec leur couteau à huître. Je dis ça je dis rien.

dimanche 30 décembre 2007

Ya un gars qui crie dehors. Il essaie de faire du rythm and blues, mais en fait il crie, c’est tout.

J'aime bien les histoires de Bukowski. J'aime bien la vie d'Henry Chinaski, de Charles Bukowski pudique qui met un peu de distance, mais bon, ça finit en "ski", on est pas cons.

J'aurais du dire que Pitichat c'était un héros. Il nettoie les toilettes. Il mange toutes les heures et c'est un artiste, des fois il me dessine avec dix kilos de plus. C'est un peu un Clark Kent en blond. J'avais pas mesuré combien j'avais de la chance. D'avoir dix kilos de plus.

- Si, t'es sexy comme ça !
- Mais c'est pas moi ! C'est la femme la plus grosse du monde que t'as dessiné Paulo !
- Oui je sais, mais c'était pour faire un effet un peu comme Klimt.
- Klimt il dessine les plus grosses femmes du monde ?
- Tu veux un pain au chocolat ?
- Nan je vais arrêter de manger un peu. Quelques semaines...
- Pourquoi ?

Et parfois:

- Si j'étais paralysée à vie, tu m'aimerais ? Et si j'avais la maladie héréditaire de ma famille qui détruit le cerveau, si j'étais schizo ? Si j'étais plus grosse, ah non c'est vrai, ça fait Klimt t'aimes bien. Si j'aimais Matt Pokora ?
- Quoi qu'il arrive je resterais avec toi Mary-jane.
- Je m'appelle pas Mary-jane.
- Je sais. Je t'aime Mary-jane.



J'aimerais pas être comme ce couple, là, la femme ramasse des moules en sortant de l'eau, et le chauve attend le déluge à côté. Je sais pas trop ce que j'aimerais, mais ça serait pas à base de moules. Je voudrais qu'on fasse un road trip. Traverser l'Espagne dans le désert à soixante degrés. Avec la musique à fond et le vent dans les cheveux, ce cliché là il est bien. Rencontrer des gens bizarres, manger des fajitas, galérer et rire sur un fond rouge et orange avec des bonhommes un peu comme Pépito. Pépito, le Pépito des gâteaux, tu sais celui qui fait « Aïe Pépito ! ».

samedi 29 décembre 2007

Try this again.


Plus qu’une semaine avant les vacances top moumoutes. Une semaine d’usine et de dur labeur.


Une semaine de jouages compulsifs aux Sims à 3 heures du matin parce que la fièvre m’empêche de dormir. C’est marrant les Sims. J’en ai mis des tas dans une baraque, baptisés d’après les gens que je connais, et je m’amuse, je me venge, je les récompense, faute de pouvoir le faire dans la vraie vie. Parfois j’évacue ma colère un peu fort, et j’en tue un. Mais c’est pas grave, on peut recommencer indéfiniment. Je voudrais pouvoir tuer et recommencer en vrai aussi, ça éviterait bien du temps perdu.


Enfin. J’attends mes vacances top moumoutes, pendant lesquelles je pourrai enfin dormir jusqu’à plus soif, regarder la télé en même temps qu’un film sur l’ordi, en écoutant l’OST de Once par-dessus, enfin trouver le temps d’aller à la Guinness Tavern avec Eddie, voir mon Poisson-Lune, mon frère aussi peut-être, régler enfin le problème de cet appart et de ces voisins qu’il faudrait abattre à coups de planches (avec des clous), et surtout lire un peu et prendre le temps de m’occuper de moi (edit 9:27 pm : tête de Shrek). J'aime les listes :D


Et faut que je me trouve un autre jeu dans le genre de NWN parce que je connais les dialogues par cœur à force. J’ai vraiment mal partout, des aliens qui explosent derrière mes yeux et la tête embrumée. Je voudrais me blottir dans les bras de mon Pépé, et qu’il me chatouille les mains de sa barbe de trois jours. Qu’il me raconte l’histoire de Mowgli en Espagne. Je me sens minuscule, là, et j’ai besoin de me blottir contre n’importe qui, n’importe quoi, mais j’ai l’impression que le monde me déserte.


J’aime les gens vifs et enthousiastes, parce qu’ils me transportent, et moi, lunatique girouette, je leur emboîte le pas avec fougue, je fais du bonheur une religion d’une semaine, jusqu’à ce que, face à gens sans vie, j’aie épuisé tout mon élan. Là, je ne peux plus que m’asseoir et désespérer.



Réussi à avoir mon Poisson-Lune entre deux portes ce matin, grand bonheur. Elle m’aime encore. Grand bonheur.
I'd prefer not to.
Il est des actes que l’on n’écrit jamais. Personne ne nous prévient du mensonge qu'il y a dans le mot "Fin". Les héros préfèrent mourir ou se taire après l’union.

dimanche 23 décembre 2007

"N'oublions jamais que demain fait partie de hier, et que pour un os on peut faire de l'homme un chien" (Joseph Boeglin)

Je voudrais un miracle. Un conte de fées.

Souvent c’est l’attente qui se préfère.

Le rendez-vous encore en suspension, les fourmis des préparatifs même moindres, la légère nervosité qui se pique de plaisir et se projette le bientôt.

Dans ce moment précieux et mensonger peu importe celui qui vient. Il vient et cela suffit. La même fébrilité s’active, quel qu’il soit, juste pour une poignée de temps à être enfin dans le monde. Les heures de latente.

Souvent la fin vient immédiatement après le premier départ.

Le goût de deuil dans la bouche, il faut se plier doucement à ce qui n’est déjà plus. Sûrement pour ne pas trop savoir tisser l'après.

Souvent dans ce moment premier de solitude récupérée, il y a la tristesse à pourrir les suites.
Et l’abandon qui tangue, le rejet sur les berges de l’hors-vie.

A nouveau fragile de n’être plus rien, puisque déjà plus espérée.
Comme si assouvie signifiait morte.

Rare est celui qui donne l’envie de ressusciter.


"...dans les yeux, dans le coeur, dans les bras d'une femme, (qu') on garde au fond de soi comme on garde un mystère."
(Léo Ferré)

De tous les jours proposés par le calendrier hebdomadaire, il en est un des plus détestables.

Clôturant la semaine de batailles ou de ronflants attendus, le dimanche est un bâillement nauséeux. Si encore cela n’était que de désœuvrement ! Mais non, il s’agit encore de vous retrouver en face de votre situation, et cette dernière peut être ce qu’elle veut, elle vous saute à la tête, bombe pathétique.

Le dimanche, sachez le, est une caricature.


Mais il y a pire. Il y a le dimanche des célibataires. Le point culminant de la solitude. Même s’ils se regroupent, quel que soit le but inventé, tout n’est qu’errance déguisée. Vous pouvez alors toujours vous enfouir sous une couette cafardeuse à tenter d’endormir les heures, vous resterez une victime dédimanchée.

Le dimanche, sachez-le, est le jour où l’on pleure le plus.

Ne sont finalement bénis en ce jour anesthésié que les amants neufs qui se coupent derrière des volets clos. Leurs ébats répétés prennent langoureusement le temps de ne plus savoir celui qu’il fait de l’autre côté ou l’heure qu’il montre. Ha, bienheureux ces chanceux dominicaux qui s’offrent le luxe d’échapper à la règle du miroir social que la date impose ! A croire que cette journée a été inventée pour ceux qui la méprisent.


Car même les adeptes de la paresse ne sont pas au summum du bonheur. Ce vice ne se délecte bien que lorsqu’il est privilège. Il ne suffit pas de rien faire, encore faut-il que le monde s’agite autour. Il n’y a réellement que le lundi où l’on puisse goûter aux joies de l’oisiveté.

Ô, être une amante neuve !

mercredi 19 décembre 2007

Molière.

"J’ai cru jusqu’à ce jour que c’était l’esprit qui faisait des gens comme vous des personnes de qualité. Mais je me rends compte aujourd’hui que seule votre naissance vous a donné du style."

Explosions in the sky.

Ils ont la courbe du dos en tentation à lire des doigts.
Des chemins à couler le regard, des omoplates en collines de bas côté, des côtes en colonnes à glisser.

Ils ont à la base du cou une saillance qui se meut en entraînant les sens.
Une douceur à nicher leur odeur, une peau plus fine aux allures de refuge, une fugue à l’appel envoûtant.

Ils ont dans l’avant-bras un sillon qui se creuse aux mouvements.
Une onde à faire tanguer les envies, une marque à demander la prison de ce pli, un attrait à soupirer en silence.

Ils ont un aimant juste au-dessus du dernier bouton de chemise.
Un gouffre à plonger en secret l’indiscrétion, une promesse à esquisser des projets, une suggestion à troubler les mines de rien.

Les hommes ne soupçonnent pas combien le parcours des yeux n’est pas leur privilège. Ni combien les formes et les gorges ne sont pas le nôtre.


Mon regard sage ment et je vois à la source de mon ode. Vos corps ont des cris que j’aime à lire tout bas.


Murmures graciles. Là où danse une autre chair.

Il y a des gestes attendus longtemps qui ne s’esquissent jamais.
De ceux qui ressemblent aux élans d’un train à prendre sans plus réfléchir, aux caresses sur une joue, aux sourires des trêves ou aux mains qui se tendent.

Il y a des lettres attendues longtemps qui ne s’écrivent jamais.
De celles qui expliquent, s’excusent ou pardonnent. De celles aux mots qui éclaircissent, soulagent ou permettent.

Il y a des appels attendus longtemps qui ne sonnent jamais.
De ceux qui s’apparentent au courage, aux liens à ne pas rompre, aux aveux maladroits ou aux éclaircissements malades.

De tous les regrets, les plus grands ne sont pas nichés dans ce qui a été mal fait. Mais dans ce qui n’a jamais été fait.


N'attends plus. Ressens maintenant. Libère toi. Libère nous.

Ne surtout pas le regarder dans les yeux. Il parait que cela les rend encore plus agressifs.



Regarder ses bouts de chaussures, pas même vernies, usées jusqu'à la corde au cou. Penser à autre chose pendant qu'il déjecte son flot. Il doit imaginer que ce geste est soumis, honteux. Alors qu'en fait il n'est que pour mieux s'évader loin de lui, de là, en s'en fichant comme la sagesse l'apprend en grandissant. Il hurle mais les rêves sont si ailleurs qu'il est impossible de se souvenir du moindre cri. Attendre qu'il s'épuise, puis partir sans un mot avec pour seul signal le silence et se dire juste qu'il serait temps d'aller acheter de nouvelles chaussures.

Dieu qu'ils sont naïfs les mieux placés, les donneurs de leçon, les autorités facticement légitimes, les amants traîtres, les géniteurs aliénants... Dieu qu'ils sont prétentieux pour pouvoir croire un seul instant à la morsure de leurs vents.


Raconte moi des histoires. J'aime ça, les histoires.

dimanche 9 décembre 2007

Actualité : la bonne femme qui a congelé ses gosses s'est vu refuser une liberté conditionnelle. Les enfants, eux, ont été confiés à Häagen-Dazs (yay'!)
Où est-il donc, celui qui osera me tenir tête? Je ne te fuis pas, je te cherche!

Le claquement sec de l’ouvre-bouteille.



La petite fumée qui danse au-dessus des goulots. Il paraît que ça s'appelle la part des anges.



C'est joli. Le nom.


Have some bread

C’est une boulangerie qui ne se veut pas quelconque, car arborant une marque de garantie invérifiable mais aussi dorée que l’or toqué. La femme à la blouse blanche sert sans un sourire, le cheveu gras mais attaché, le geste preste mais brusque.

Le gamin, lui, il a à peu près huit ans et c’est à son tour. La baguette demandée et pseudo-enveloppée, la monnaie est comptée et les pièces s’avèrent insuffisantes de quelques centimes. « Ah non alors hein ! Tu n’as qu’à rentrer chez toi dire à ta maman de venir chercher son pain elle-même ! Avec les sous qui manquent ! Je connais le truc hein ! »


Le bambin s’enrougit et panique, bafouille et se paralyse. La mégère gronde et vocifère sur le ton du sermon punitif. « Tu as compris hein ! ? Tu dis ça à ta maman ! Ben réponds-moi !» La morve au bord de la narine et les larmes imminentes, petit bonhomme n’en peut plus de honte.

C’est étrange, la stupeur tétanise toujours un instant dans ces cas. Tous les humains dignes de ce nom redeviennent enfant face à l’injuste autorité des années. Le premier à sortir de la torpeur est le jeune homme devant vous. « Ecoutez Madame, je vais vous donner les centimes manquants. »


Soulagement général, acquiescement collectif.


« Ah non, laissez monsieur ! Vous êtes trop gentil, ne vous faites pas avoir » Bref, mêlez-vous de ce qui vous regarde, et laissez à ma frustration l’aise de s’exprimer sur une victime facile. « Parce que hein, sa maman l’a fait exprès j’en suis sûre ! C’est bien pour cela qu’elle a envoyé le petit, pour que je laisse passer ! Après, c’est tous les jours qu’il va venir sans le compte exact ! Je connais le truc, si je laisse passer une seule fois je ferme bientôt ! »

L’accusé tremble, l’idée de la manipulation maternelle forgeant déjà les futurs cauchemars.


Vous n’en pouvez plus, vous vous en mêlez. Vous exprimez aussi poliment que le peut votre colère naissante, l’appréciation de l’éventuelle parano maladive. La sorcière crie, s’offusque, reprend sa baguette. Le jeune homme se fâche pour de bon, accuse la tenancière de la perte du temps de tous. La vipère s’accroche à son négoce et défend mordicus son travail d’honnête personne. D’un côté la solidarité des clients, de l’autre l’outragée vociférante, au milieu le minuscule traumatisé.


Le ton haut monté s’exaspère et l’autorité du mâle se fait entendre dans un indiscutable :

«Veuillez Madame, me servir un pain de campagne et une baguette ! » De mauvaise grâce la tenancière s’exécute, les lèvres pincées, le cou raidi. Visiblement excédé le héros tend à l’enfant son second achat. « Dis à ta maman qu’il manquait des sous. » Puis il disparaît devant la bouche dégoût médusée, talonné par le môme humide qui s’enfuit.

« Et mademoiselle, qu’est-ce qu’elle veut ? »

Vous, vous ne voulez plus rien si ce n’est faire disparaître à jamais les sorcières et épouser le jeune homme. La pète-sec reprend : « Vous voulez quoi ? » La réponse est maintenant automatique : « Changer de boulangerie »


Le temps de tourner les talons sans même un regard pour la méchante pourfendue, de vous précipiter sur le trottoir et de fouiller les environs d’un panoramique vain.


L’arrière d’un vélo qui s’évanouit.


Le dos de trois pommes qui s’éloigne, le butin si chèrement payé contre lui.


Alors vous réalisez que jamais vous ne vous marierez avec le superman du quotidien et que l’unique personne à mal tirer son épingle du jeu est bien vous. C’est la seule boutique du genre à être ouverte entre 13 et 15H dans le coin. Vous allez déjeuner sans pain.


Soupir. Les sorcières existent, les fées non.

samedi 8 décembre 2007

Colères, colères, COLERES

Comme un mot chasse l’autre, comme je sens le froid quand je dévêts un homme de mon amour pour en habiller un autre.

J’étais assise les pieds ballants à ne pas trop savoir où poser l’âme.

Vite, mon coeur tragique, mon trajet identique.

Que savent-ils de toi ceux qui ont les yeux fermés ?

Ils s’enferment à ton passage, tremblent à la moindre ombre, croient aux vampires et font les mauvais rêves. Ils ne savent pas, ils ne savent rien.



Moi :
Je sais combien tu prends de temps et combien tu le dépenses à des fins au goût de mauvais choix. Je sais ce que tes départs ont de lâche, je sais ce que tes pensées ont de mensonges, je sais ce que tes devenirs ont d’éternel. Je sais, alors ne viens pas me dire ce que tu réfléchis encore et regarde toi. Vois seulement ce que ton indignité se déguise en destin.

Toi :
Je sais combien tu prends de drame et combien tu les déposes aux pieds de tes abstentions. Je sais ce que tes issues ont de murs, je sais ce que tes hypothèses ont de mystifications, je sais ce que tes avenirs ont toujours à payer. Je sais, alors ne viens pas me dire ce que tu as compris encore et regarde toi. Vois seulement ce que ton destin se déguise en infirmité.

Indochine - L'Aventurier



Chapeau, vraiment! Absolument magnifique! Du gros tube de grenier :D

On va en profiter pour détailler tiens. Alors on disait :

- La coupe de Nico Sirkis (il faut néanmoins souligner le bel effort des trois autres)
- Le guitariste, et sa mine de dépressif serbo-croate
- Le play-back gros comme "une maison de tout le monde", au chant comme aux instruments.
- Le SUPERBE décor fait à la main, genre collier de nouilles
- Y a pas à dire, CA c'est des rebelles!

En tout cas grand moment de clip, qui a très certainement inspiré les plus grands (qui a dit Partenaire Particulier?), et qui restera (ton solennel), ca c'est sûr, gravé à jamais dans nos memoires... (enfin jfais encore du air guitar là dessus hein :p)

Boum-boum-boum Pssschhhhhh


Nous étions accroupis au bord d’un étang sale, fouaillant (« fouaille ta soupe ! ») du bout d’un bâton, la terre glaise imbibée, très absorbés par cette affaire. Chantonnant du bout des lèvres l’air de Carmen, et tordant nos poignets dans une mimique de geste sensuel de la main, comme elle l’aurait sûrement fait, moi Carmen, lui tour à tour le Capitaine ou Mérimée, parce qu’il rêvait de savoir dire le beau.

Nous étions sauvages alors, galopant dans les bois pieds nus, chassant le pigeon à coups de pierres, flairant la trace de loups imaginaires, barbouillés de terre ocre, à la manière d’indiens dépareillés.

C’est cet air que nous respirions qui me manque aujourd’hui, celui qu’on inhalait jusqu’à la sensation d’explosion ou de brûlure et qu’on laissait éclater soudain, avec sûrement une petite pluie de morceaux de pain au fromage, derniers vestiges d’une collation rapide.

Lorsqu’il pleuvait, nous nous abritions dans la cabane des junkies en vadrouille, et imaginions que le Déluge s’était déchaîné, qu’il fallait construire un radeau, sauver graines sauvages et pommes de pin pour les replanter sur une terre vierge, nouveau monde que nous aurions attendu des jours et des jours durant, à moitié morts de soif et de chaleur (ici Lothie sort une petite langue rose et fait semblant de mourir).

J’aimais la pluie alors, parce qu’elle n’empêchait pas mon Pépé de faire ses longues promenades digestives, et moi, en tapinois derrière un rocher, de chasser le Cougar Ailé, espèce mythique qui n’existe plus guère que dans ma tête, assez vide au demeurant (*mode autiste* - hihi).

Rien n’existait en dehors de mon compagnon d’aventures, ma Tante, mon Pépé, le Cougar et les pastilles homéopathiques de ma tante, qui étaient des cicatrisants puissants une fois pilées et mélangées à du sirop d’érable et du muesli floconneux.

Aujourd’hui, la pluie me transperce et retient chez eux mes compagnons d’aventures. Je n’ai plus l’occasion de sentir le lourd parfum qui s’élève de la terre détrempée battue à nouveau par le soleil, cachant l’autour par des lambeaux de brume épaisse que j’essayais d’écarter de la main (comme je continue d’essayer d’enlever les gouttes d’eau de mon manteau du plat de la main), et me donnait l’espoir d’un jour, derrière le énième lambeau de brume combattu, découvrir la mythique Avalon.

Et le Cougar ayant déserté mon univers de plus en plus étriqué, la pluie n’est plus que la pluie.

Il n’y a plus que lorsque je suis seule que j’ose encore fredonner Carmen et faire la belle au poignet aguicheur. Je chasse encore le Cougar quelques fois, lorsque je suis en forêt, non pas seule, mais face à ma proie, comme à Taiwan, face à l’ennemi, je m’étais transformée en tieffelin ailé, armée d’un bâton de bambou dur comme… comme du bambou (oui, je sais, ces confessions vont me poursuivre jusqu’à la mort, mais après Craig David et « should be », qu’ai-je encore à perdre, franchement).

Parfois je ferme les yeux et je m’invente une aurore boréale. Puis un pot de confiture.

Aaaah médecine quand tu nous tiens. J’ai longtemps tergiversé sur le choix qui s’offrait à moi (au fin fond de mon lit) : celui d’assister ou non au dernier concours blanc de la fac, gentiment organisé par ces blagueurs du C2P1 (« vous connaissez la différence entre… ? hein ? »). Submergée par une vague de mauvaise conscience à la vue du Belle du Seigneur presque terminé, je me lève trop vite, paf, en plein sur la poutre.

En arrivant à la fac, je cherche les amphis désignés, je perds déjà 20min rien que pour en choisir un parmi les 5 proposés. Mais en qualité de petite idiote (malheur malheur malheur malheur) j’ai essayé d’innover et de prendre le seul amphi que je ne connaissais pas, en espérant qu’il y aurait de gros fauteuils rembourrés en velours rouge et des tables qui ne font pas cric cric.

La fac est un vrai bordel et l'intérieur du bâtiment Jacob est tout moisi, il est difficile de trouver quelque chose sans demander. Etant socialement déficiente, je prends mon courage à deux mains et… je décide de trouver mon amphi toute seule (malheur malheur malheur). Bon pour le nom de l'amphi, au bout de trois étages d’escalade, je ne m’en souviens plus trop mais je sais que ça commence par un B et qu'il y a un ü dedans... En fin de compte après 10 minutes de recherche infructueuse je décide de demander à une dame qui travaillait sans doute ici ou qui s’était ptet perdue, allez savoir…

- Excusez moi, vous savez où se trouve l'amphi de concours blanc du C2P1 ?

- C2P1 C2P1... Oh vous avez qu'à aller au secrétariat du C2P1 au 4ème... (c’est là que je découvre qu’ils ont une dizaine de bureaux dans toute la fac, m’étonnerait même pas qu’ils fassent travailler des petits pékinois au noir) (by the way, j’ai pris l’ascenseur alors que j’étais au 3e)

Je monte donc au 4ème, c'est cosy, des murs où il reste de la peinture et où on remarque des affrontements communistes/capitalistes pour savoir qui arrivera à coller un maximum d’affiches sur la surface la plus réduite possible. Je cherche le bureau. Trouve pas. Tant pis. Je regarde les tableaux un peu au hasard, sait-on jamais, si c'est marqué quelque part... Là un gars m'interpelle -sans doute perdu lui aussi- :

- Hé, tu sais pas où il est l'amphi de Büaaahrrd ?

*MAIS C'EST LE MIEN CELUI LÀ !!*

- Euh pas vraiment, t'es venu pour le concours ?

- Nan pour un cours de géo.

- ...

Donc à ce moment je me suis demandée si y avait pas une noisette quelque part. En effet ce jeune homme m'avait vraisemblablement volé mon amphi au nom si moche soit-il. Je me prépare à un combat à mort pour savoir lequel de nous deux pourra se poser sur un fauteuil rembourré en velours rouge. À ce moment je remarque sur un des tableaux un peu par hasard que le concours blanc a lieu le c'est le 15 à 14h...

Non, franchement, comment je me suis débrouillée pour me pointer le 8 à 9h30 ? COMMENT ?

Edit : En vrai l'amphi que j'me rappelais pas le nom c'est l'amphi de Bouard, pas de nom trop bizarre avec ü, désormais j'éviterai la drogue.

vendredi 7 décembre 2007

Je suis grosse, moche et méchante. Mais j'ai un vinyl collector des Pink Floyd. Vous pensez que ça peut compenser quelque chose? :D

jeudi 6 décembre 2007

Je suis restée là à boire la pluie acide. Je suis rentrée chez moi et j'ai pleuré de joie et de tristesse à la fois.

Broken Hallelujas

Ce sourire, en me voyant sous la pluie, signifiait pour moi que c’était pour toi et toi seul que j’étais venue, et que c’était moi que tu attendais et aucune autre. Quand je t’ai vu, l’anneau à ton doigt, j’ai failli éclater en sanglots tellement j’étais heureuse que tu m’accordes ce lien. Tout était si joyeux et réconfortant, naturel et simple, comme une eau qui coule, et j’avais recommencé à penser que peut-être ça durerait encore, et encore, et encore.

C’était chaud, ta main dans la mienne, ta tête endormie sur mon écharpe, et mon cœur qui buvait ce qu’il voyait, ce qu’il pouvait, parce qu’il y avait quelque chose à quoi s’abreuver, rien de particulier, seulement ce lien qui semblait si unique et invincible.

Uniques. C’est comme ça que je nous voyais cette après-midi là. Uniques et seuls au monde à ressentir. Il semblait que pour vivre cela il fallait que ça soit toi et moi, et personne d’autre. Lorsque qu’il était assez tôt pour que tu me serres dans tes bras sans soupirs. De la même façon que les gens sont uniques lorsqu’ils sont heureux, parce que personne en dehors d’eux n’est à même de recréer ce bonheur-là précis, il y avait du spécial dans nos batifolages dans les rayons du magasin, dans nos baisers, nous étions jeunes et invaincus, intemporels, nous étions la vie même, hors d’atteinte. J’avais sauté assez haut pour goûter le bonheur. Je me sentais si forte.

Je ne sais pas où ça s’est fissuré. Je n’arrive pas à me représenter quand. Peut-être que je n’aurai jamais dû te rappeler que ça faisait trois longues années que tu me supportais à côté de toi, parce que tout est plus simple quand on ne le prend pas au sérieux. Peut-être que je t’ai fait peur, parce que ça semblait signifiait trop pour moi. Je pourrais m’accommoder de n’être que de passage, encore faut-il que ça soit dit. Je ne sais pas seulement ce que je représente pour toi. Tu ne me l’as jamais dit. Ni répété. Encore et encore.

Je t’ai vu morne et fatigué sur ce banc, et je me suis réveillée de cet état de semi-extase dans lequel je nageais. J’ai regardé tout le monde autour de moi, et tout le monde était pareillement exténué. Moi aussi, je l’étais, mais c’est chose différente de se sentir heureux et épuisé, dieu merci, je sais encore faire la différence, il me restait encore ce feu qui brûlait. Puis j’ai senti la distance, et j’ai vu que les autres s’étaient insinués entre nous, nous n’étions plus uniques, ni n’essayions même de l’être, tu avais abandonné le jeu en plein milieu de la partie. Alors j’ai commencé à me sentir contaminée par ce monde sale, où tout était semblable et gris, où il pleuvait chaque jour.

Je me suis sentie seule et minable d’exiger autant d’un monde qui ne peut pas me donner plus, parce que ça ne se fait pas de demander toujours plus. J’aurais voulu te demander pardon avant que tu t’en ailles, d’ailleurs j’ai remonté ces maudits escaliers mais tu étais déjà parti, pardon de n’être jamais satisfaite et d’espérer toujours plus, parce que je ne suis pas quelqu’un de très important pour avoir le droit de demander une chose pareille, et je n’ai rien fait pour le mériter non plus. Pardonne-moi. Encore et encore.

Tu as raison, je veux tout. Mon conflit intérieur coule du fait que malgré cette hargne d’enfant, je vois. Je sais ce qu’il y a derrière, je sais la pluie. Et je n’en veux pas, j’essaie de trouver une solution pour contourner cette image assez hideuse de ce que tout le monde a. Je veux continuer à croire ce que j’ai entendu et imaginé. Me sentir unique. Mais il ne suffit pas d’aimer pour être heureux tout le temps, comme je l’espérais, loin de là, tu le sais bien, puisque tu cherches à fuir ce « bof », qu’il faut à tout prix aller se chercher ailleurs, tout ici n’est que distraction passagère, plus rien n’est important.

Si seulement tu pouvais te représenter la façon dont je vois les choses, ton cœur exploserait, ça te submergerait, te noierait, tant c’est différent : j’accumule les émotions et les images, je collectionne les moments de ma vie, pour moi tout est d’une importance égale, tout signifie quelque chose, même le hasard, chaque mot, chaque geste, il n’y a rien qui ne soit laissé à l’abandon, je vis vite et avec fougue, mais en me focalisant sur chaque détail. Je bouscule et je dérange, il y a quelque chose de rugissant en moi qui coule sans pouvoir s’arrêter.

Ce n’est pas toujours facile, ni agréable, mais c’est le seul moyen de parvenir à un équilibre, combattre quelque chose de vraiment grave et désagréable, par le fait d’arriver à vivre intensément le lever du jour, ou même de ressentir l’importance colossale d’une fleur offerte, d’un « je t’aime » à travers la vitre du métro. Tout s’investit d’un sens, et ce mouvement capte sans cesse mon attention, m’oblige à reconsidérer mon univers d’un œil différent à chaque fois, c’est comme de partir à l’assaut d’un nouveau continent.

Seulement, je m’agite si fort qu’il est difficile de me suivre ou de comprendre ce que je fais, et rares sont ceux qui prennent la peine de m’expliquer que j’ai mal compris un épisode, et par conséquent je me conforte dans mes interprétations fausses, souvent cataclysmiques.

Je me dis parfois que je voudrais que ma vision de la vie soit plus simple, et simplement pouvoir m’en f…iche, mais je sais que je me mens. J’aime l’idée que la chose la plus insignifiante puisse prendre des proportions considérables et écraser, balayer les événements les plus graves et sérieux, parce qu’on ne vit pas de sérieux, encore faut-il le savoir.

Je t’aime. Et pour l’instant ça fera office de superlatif. Pardonne-moi encore une fois de vouloir rester un enfant, et de faire des caprices innommables.



mardi 4 décembre 2007

Anytime

Oh gawd, yesterday night was a total bliss. You have the power to change my mood with such small words or gestures. Definitely. And you know that I get moved so damn easily. My greatest weakness in the hands of a filthy player, is that the best I can do? :p

I feel like I can get through anything which stand across my path. That’s a weird feeling. And I’m trying not to overdo.


Aveugle, il peignait les aubes froides et blanches
Veinant de bleu la toile vierge du matin
Sa main caressait


“No... I can't die because tomorrow I'm going to the beach with Ai...”


J'aime avoir les yeux ouverts dans le noir. Ou fermés et me sentir monter monter monter, dépasser le plafond, les étages du dessus, pour voir le ciel, les étoiles, avoir l'impression de partager quelque chose avec les millions d'insomniaques un minimum poètes ou bourrés pour regarder le ciel. Hoping that perhaps you'll be one of them.



I'm gonna be free

I'm gonna be brave

I'm gonne live each day as if it were my last

Fantasticly

Courageaously

With grace.

And in the dark of the night

In the darkest dark

When I call a name

It will be your name

What's your name?

Nevermind.

Let's go

Everywhere

Even nowhere

It's scaring

Because it's life

And it's happening.

It's really really happening

Right now.

I'm really scared.

Now let's kiss to make it real.

Two people in love perhaps stood right here, where we are standing right now

And though:

Look what we have built together.

Look what we have built together.

Remember the time we spent together.

Remember the time we spent together.

Remember me.

Remember me.

Remember us.

Let's party.

samedi 1 décembre 2007

Floraison vespérale. Toc.

Il est prouvé que la répétition d'un fait (à l'oral ou à l'écrit) entraîne chez les victimes un sentiment d'exaspération qui se solde dans bien des cas soit par un rappel à l'ordre ("Ta gueule" ou "Parle à ma main" restent les formules les plus utilisées), soit par un violent coup de parpaing dans la gueule ou par une fuite souvent accompagnée de cris stridents. Or il s'avère qu'ici c'est mon blog, mon espace personnel, mon domaine, my fuckin' home. Je suis donc en droit de balancer ce que je veux.


Ce soir sera encore une fois le théâtre du temps qui passe. Allons-y.


J'ai un peu l'impression d'être un bouffon à la Cour du Roi : vous êtes mes nobles maîtres (avec vos pifs d’ivrognes et vos rires gras. Oui, la vie est un cliché) et j'exécute les cabrioles humiliantes et ridicules au rythme de vos applaudissements et de vos lancés d'os de poulet. Mais ce n'est rien. Si cela pouvait me faire gagner quelques visites en plus, je serais même prête à faire la danse du ventre. Eh oui, triste désillusion. Les blogueurs célèbres et talentueux ne sont pas non plus à l’abri de la vénale Corruption. Au diable l'honnêteté.


Une chose est cependant sûre ; je vous porte dans mon coeur. Vous êtes mon remède miracle, un peu comme la musique, le cinéma, les poèmes ou le... bon on en reste là. Vous m'êtes restés fidèles jusqu'au bout (même Lucky Luc, toi qui n'aime pas quand un post dépasse trois lignes, sale bâtard, MEURS), même lorsque j'ai sombré dans ces délires traumatiques, mettant ainsi à nu mes pensées et mes amours impossibles. Ah ! Dans mes bras !


Ainsi, ma peur de l’avenir s’est accrue avec agacement. Mais elle me garde éveillée. Elle m’empêche de sombrer alors que j’approche dangereusement de cet âge charnière, stupide entrée dans le monde adulte. Celui où les hommes vivent dans la routine la plus totale, comateux, drogués, blasés, perdus, amorphes, vidés, baisés, écrasés. Celui où la vie n’est qu’un amas de faux plaisirs et de bonheurs éphémères. Celui où les hommes se détruisent sans s’en rendre vraiment compte, en entrainant les autres dans leur pauvre sillage. Si la vie se résume à cela…Un boulot pourri avec des gens pourris, dans des endroits pourris,… Et l'’Essentiel ? Je me sens terriblement imbécile à écrire ces mots, comme si j’étais la détentrice de l’absolue vérité, la pourfendeuse de l’assujettissement, l’épée de Damoclès planant au dessus des têtes assoupies. Je me crois différente. Medium de mes deux ouais.


Je m’imagine une vie faite de diamant, de mystères et de surprises. Je m’imagine des hommes qui m’abandonnent et que j’abandonne. Je m’imagine des voyages, la volonté de fouler chaque centimètre de terre et de contempler la moindre parcelle de paysage afin de ne jamais me dire «Je n’ai pas été là, je n’ai pas vu cela ». Je m’imagine un temple pour maison, une mer pour jardin. Je m’imagine la mort comme un retour à la vie et non pas comme la fin d’un calvaire.


Mhmmm.


BTW, entre deux fiches de physique, j'ai revu le pire cinématographique que la Terre ait jamais porté, le film qui faisait pleurer de pitié et de haine en 3 secondes chrono, j'ai nommé Troy.

Brad si tu lis ce message, sache que je te rote à la tête piétine avec dédain. Tu joues comme une gamine de 12 ans à un spectacle de fin d'année scolaire. Tu as gâché Troie de par ta seule présence, sans compter le fait que ton histoire d'amour à deux balles avec cette pétasse de Briséis (sale traîtresse) était d'une nullité affolante. Un jour je te retrouverai et te briserai les genoux à coups de pelle.


Bon. Ceci étant dit, je parlerai d'autre chose.


Je crois que je vais tenter d'attenter à ma vie vu que plus aucune tentation ne me tente (Avoue que cette phrase t'a retourné le cerveau, que tu t'es enfoncé le poing dans la bouche et que tu pleures toutes les larmes de ton corps. AVOUE).

Je porte en moi l'ardent vestige de cette passion, encore enflammée dans le creuset de mes entrailles.

Il est dans la laideur quelque beauté que je ne saurais expliquer. Les laideurs qui tantôt vous fascinent, tantôt vous rendent fous, celles là je les recherche avec excitation. Mais que dire des laideurs que l'on ne peut supporter ?

L'une de mes pire craintes, serait de devoir vivre pour le restant de mes jours dans une ville pauvre, puant la misère et la solitude. Une ville où les ruelles désertes seraient de temps en temps parcourues par de jeunes mères vêtues de pantalon cycliste, de tee-shirt xxl et de bottes en faux cuir, promenant leur bambin dans une poussette datant de l'avant-guerre. Une ville où les bistrots seraient le refuge d'un pléthore d'ivrognes et de cocus finis, évoluant (et ceci est un bien grand mot) dans une atmosphère irrespirable de tabac froid et de pisse chaude.


Ah oui, cela m'obsède.



Qu'il est bon de regarder le ciel après les coups de minuit, l'entre-deux jours, d'écouter le ruissellement de la pluie dans l'herbe (ou sur les pavés), de contempler les astres et de surprendre le discret murmure du vent, comme autant de voix qui ne meurent jamais. Nos cœurs ont chevauché ensemble, uniques. Il y eut ces brillants instants d'hébétude et les souvenirs, fantômes de la veille. Ces souvenirs que l'on emprisonne, ces fragments de vie, lumineux, que l'on s'interdit d'oublier, que l'on désire voir défiler devant nous avant l'ultime expiration.



Les ploiements de mon âme m'irritent de plus en plus. Je me sens lasse de je ne sais quelle attente. Les yeux me picotent. J'aime cela. Trésors malsains et préfet des grâces sont les derniers mots qui me sont venus à l'esprit, même si "préfet des grâces", je vous l'accorde, ne veut strictement rien dire.


« Ô perle du désert ! dis-moi :
Si le giaour infidèle
Ne s’en revenait plus vers toi ?
– Je te comprends bien, lui dit-elle :

« Mais je m’appelle Zaïra.
Va, mon cœur l’aimerait quand même :
Je suis de la tribu d’Azra ;
Chez nous on meurt lorsque l’on aime ! »



Last train to Heaven

Une lumière franche.

Moi aussi j'aimerais partir sur les routes avec mon sac à dos.

Se renseigner sur le trajet pour l'Espagne en car. Faire tout le long de la côté méditerranéenne, s'arrêter à chaque Lupa pour manger des yaourts au citron, avec nos batons de randonneurs, marcher sur la plage, dormir là peut-être, des churros, visiter les églises, chercher l'ombre, boire aux vieilles fontaines, attraper des têtards, sentir l'odeur des vaches, s'allonger aux pieds des citronniers. La lumière sera blanche, comme les maisons, cette odeur de poussière et d'herbe, le silence écrasant de Séville, lorsque ce soleil est haut dans le ciel, les dunes.

Une façon de signifier au monde que je suis plusieurs et que ça me plaît.

Il est beau, vrai, et comme évident. Que dire de plus. Quelque chose explose derrière mes yeux à chaque fois que je le vois.

Recevoir après avoir tant attendu. C'est comme si cette eau-là n'étanchait plus ma soif.

J'apprends l'abandon.

Je ne pense à rien, excepté quelque chose qui m'obsède, par vagues, et que j'ai déjà oublié.

Je joue, je contrefais, je minaude. mais rien ne s'éveille. Qu'en rêve.

"Ce qui compte, aux heures de désespoir, ce n'est pas ce qui est vrai et ce qui est faux, mais ce qui aide à vivre."

Il dit "tomber en amour". Comme on tombe en extase.

J'assassine et enterre tous mes amours de sang-froid. Celui-là, à l'inverse, me tue.

Une floraison. Non, ce n'est pas tout à fait ça non plus.

Il faut être fou. Cela suffit.

Je pense à la façon que tu as parfois de me regarder d'un air absent.

Il se pourrait que tout ça ne soit une question de temps, peut-être en Janvier serai-je libérée de quelque chose, en Mai d'une autre. Je voudrais me coucher là et que le monde courre sans moi, vers sa fin, je vivrai éternellement.