vendredi 10 octobre 2008

Take Me Under Your Skin


Il faudrait du temps. Pour souffler et regarder le matin se lever, encore une fois.

Je voudrais avoir cette force, de partir, de t'abandonner derrière, pour nous protéger du temps, cristalliser ce qui nous sauve et fait vivre ce nous. Je voudrais que ça dure, ce nous, qu'il y ait plus qu'un vague peut-être, que le "je n'en sais rien" se transforme en "on essaiera" et que l'avenir nous soit ouvert. Mais je ne suis pas une belle personne.

Nous nous sommes peut-être aimés trop tôt.

Je ne peux que t'imaginer en aimer un jour une autre, que tu trouveras moins usée par l'habitude, moins souillée par les éclats d'une vie que tu voudras recommencer.

Mais je t'ai offert tout ce que j'avais, je n'ai plus de quoi recommencer. J'ai peur de ne plus pouvoir te surprendre, que chaque geste de ma part ne soit qu'un recommencement, ce goût amer de ce qui tue à petit feu, une mimique bien lasse.



Il y avait aujourd'hui un air d'hiver, déjà, ce soleil du matin, si haut qu'il ne chauffait plus, et l'air humide, ce soir, comme lorsqu'on descendait cette rue, emmitouflés, les lèvres échauffées de baisers ardents, plus tôt échangés. Il manque une odeur de poussière et de bois humide.

Je serrais contre mon coeur les impressions nocturnes, ce frémissement de sa bouche, tordue dans un demi-sourire en coin, une mèche de cheveux bouclés barrant un regard crâne. Et cette voix, feutrée comme sa démarche.

Il y a toi, moi, et ce qui me fait peur. Bien sûr, ça sera difficile.