dimanche 27 décembre 2009

The End.


We met yesterday in a cafe.

I was embarrassed, you were pissed, we were far from each other, staring at the back, at the scene of our own crumbling. I was so scared of not being able to tell you that I wanted us back, that I was almost about to blurt something stupid, like I love you or some other thing I didn't really feel. I'm clumsy, without any doubt, fast and slow at the same time, never knowing what I really want, that's probably why you don't like me very much.

I'm sorry I always refer to my old life, but that's all I know. And nobody ever told me my future with someone would be something to look forward to. Nobody.

So I figured that it was part of the deal to live in the today thing. I like it, of course, because joy is in little spontaneous things, and I love being careless. But within, I'm the same old me, building castles in Spain and dreaming about going steady with someone, commitment and all this shit guys are afraid of. And you were honest, at first, you told me right away that our like-story was a "living in the today" thing, and that it was not up to me to make any plans.

So I thought I wasn't allowed to see us too far from now, it was all like "we don't know what's gonna happen tomorrow, let's go to the sea, now", and I didn't want to make the sames mistakes again by going too fast or dreaming about us being something that could last a long long time. And we spent a whole year together without noticing it, and you now, when you like someone, you find yourself nearly wanting to live with this person, to be friends with his mates, to know his family and all. I want the person I like to be in my life as much as I want to be in his. But I can't force it.

So you told me it wouldn't happen because we have compatibility issues between our worlds. Like I was an alien from another place and I couldn't be accepted by people different from me. I'm gonna tell you something: I love people. All sorts of people. The fact that I don't have much friends doesn't mean that I reject the others or that they don't like me. I don't have much friends because I prefer having strong bonds with few people than a bunch of mates I don't really care about. It's as simple as that.

Actually I meet people I don't know, very often, friends of friends, people at school, randomly. They're mostly very different from me, from my best friends. Sometimes we really bond and we become really good friends, sometimes they remain school mates, but we hang out, and god I still love that. And I'm me, you know, I can be cheeky, or reserved, sometimes I make strange jokes or funny faces, I get tomato red when I drink, I laugh too often and I'm always clumsy, but most of the times people think I'm a good person. You liked me after all, despite of not being from "my world", so why can't your friends?

And my favourite 4, they're the best, you know. They're lovable, despite all I can say when I'm pissed at them. They're my family, my friends, my soulmates. They love me, so they'll love you. That's how they are.

So I'm trying something new. I'm closing this place so we can start fresh. There will be me, and you, and everyone we know. No pressure, no judgment. I hope we can discuss about all that hurt, all we see and all we want, face to face. I'm trying privacy, here.


And for the others, I bid you good-bye, babes. Hope we all find something worth the shot, and that we'll be able to keep that fire alive.

Love you all. Xoxo.

samedi 26 décembre 2009

Ce conte de Noël.

Ça m'a pris comme ça, je marchais d'un bon pas, je me suis arrêtée devant le poulailler. Une poule énervée a escaladé le grillage je ne sais pas trop comment, je la regardais se débattre, sauter, là où l'herbe était plus verte. Ça avait l'air important pour elle d'être ailleurs.

Ça a commencé par les bras, cette pression, l'équilibre qui fout le camp, le martèlement liquide dans le crâne, le métal lourd de l'angoisse qui prend toute la place et rend le corps léger plus fragile qu'un putain de roseau incapable de penser, la peur de tomber. Les os qui vont se briser, c'est sûr, au prochain de mes pas.

Chaque chose autour révèle le tragique du monde, en même temps que les couleurs s'estompent dans un lavis de brume. Chaque affiche ensuite me parle. Au loin celle de Casino pour Noël : DINDE il y avait écrit en gros. Je l'ai pris pour moi, y avait pas de raison. Ça arrive si souvent après le calme et la sérénité. Tellement souvent que Sigmund doit bien se marrer dans son caveau.

Hier, il me prenait la main, il me disait des choses drôles et tendres, un brin cyniques pour ne pas que je m'effarouche. On se moquait de nous parce qu'il y a vraiment de quoi être fiers de ce que nous sommes, tu sais. Il y a vraiment de quoi.

Mais on s'en fout, on dit trop rien, on n'a pas d'exemple et on en est pas un. C'est un axiome dont on ne détient pas les règles vu qu'on les a pas cherchées. J'étais si bien, une forteresse j'étais.

Et voilà, la crise c'était maintenant. Une poule rebelle, une affiche qui me traite, et moi, tordue qui marche vers le vide et le rien, et je me détache de tous, et je ne suis plus là. Et j'ai peur de m'évaporer dans le lavis. Je serre les pieds dans mes bottes, je me tiens les mains serrées pour ne pas disparaître, pour tenir mes contours.

Je voudrais d'approcher par derrière, pendant qu'il marcherait, et m'accrocher à sa parka. Il ne dirait rien, il saurait le piège, le rorschach des discussions inutiles. Il continuerait de vivre et de marcher en me laissant son bras. Et on aurait une petite guitare rouge.

jeudi 24 décembre 2009

Parce qu'il faut faire de nouvelles expériences. Parce qu'aux dires de certains, à la base, je ne suis pas quelqu'un de "sympathique". Alors j'ai discuté avec le taxi pendant tout le trajet, et je découvre que les gens ne sont intéressants qu'au hasard. Les set ups, les choses entendues, les idées arrêtées, le définitif et l'irrémédiable, j'en ai ma claque.

Et je me rends à l'évidence.

J'aime.

C'est ce que je suis.

mardi 22 décembre 2009

"- Crois-tu que je vais mourir, Fosco?
- Non, Teresina. Cela ne pourra pas t'arriver tant que je serai là. J'ai du talent, tu sais. Je t'invente avec tant d'amour qu'il ne peut rien t'arriver."

"Tu me parles sur un ton que je veux mourir."

Ça ne se voit pas très bien, mais c'est une fleur qui pousse dans un coin d'une vitre de bus.


Christmas SUCKS. C'est une règle, une invariance, une évidence. Christmas ALWAYS sucks.

Je suis désolée. Je ne sais pas quoi dire, tellement je m'aperçois que ça pouvait prêter à confusion de façon évidente. C'est un peu comme quand s'était écorchés au retour de Nice. Je sais que c'est de ma faute, mais je ne sais pas comment réparer ça si tu ne me laisses pas faire.

Tu sais, je n'y connais pas grand chose, je fais des fautes et je me casse la gueule plus souvent que les autres personnes, tu le sais bien, il va falloir me pardonner encore une fois, s'il te plaît. Je voudrais tout faire disparaître, et alors il n'y aurait plus que toi et moi.


Toi et moi.


Quand tu m'as laissée seule, de l'autre côté du combiné, il y a quelque chose qui s'est tordu en moi. Je suis restée étendue sur le dos sans bouger, me gardant bien, par un geste inconsidéré, de redevenir moi-même, avec tout ce que cela suppose de dérision, de futilité et de raison. Je me sens définitive et irrémédiable. Et c'est douloureux.

"Tu ne sauras jamais ce que ta présence signifie pour moi quand tu n'es pas là, car le ciel parisien et la Seine sont à cet égard d'une indifférence qui m'irrite par leur air d'avoir déjà vu tout ça un million de fois et n'être plus capable que d'une carte postale."

I'm so very sorry again.

lundi 21 décembre 2009

La grande madame.

C'est vraiment très étrange de courir Paris à cette époque là de l'année. Les premières neiges, le froid qui vous mord, la nuit épaisse, il y a des réminiscences en lambeaux qui s'accrochent au coin de chaque chose.

J'aurais aimé que ça nous émerveille, cette petite année de rien du tout, mais à vrai dire, en y réfléchissant, ça n'a pas énormément d'importance, surtout le lendemain, lorsqu'il n'y a plus vraiment de raison de se réjouir d'une célébration qui n'en n'est pas une. L'occasion fait juste réfléchir un peu.
J'aurais voulu te tenir la main, un peu, qu'on s'attarde, qu'on se regarde et qu'on s'attache, un peu plus fort. Je me suis sentie vide, quand j'ai fini par m'endormir, comme s'il neigeait à l'intérieur de moi.

Non, en fait, je t'aime bien, on s'aime bien. Je suppose que ça suffit. Perharps you're just not that into me, but that's okay, people don't really love anymore, right?

J'aime regarder la neige tomber, pendant de longues minutes, du bon ou du mauvais côté de la vitre, les bras de quelqu'un autour de moi. J'aime les soirées dvd tranquilles à la maison, mais pas tous les week-ends, vraiment. Il faudrait que j'arrive à faire marcher mon sx-70, ça m'évitera ptet d'angoisser pour rien.

vendredi 18 décembre 2009

All I want for christmas is....



*click click*

You can dance-every dance with the guy
Who gives you the eye,let him hold you tight
You can smile-every smile for the man
Who held your hand neath the pale moon light
But don't forget who's takin' you home
And in whose arms you're gonna be
So darlin' save the last dance for me

Oh I know that the music's fine
Like sparklin' wine,go and have your fun
Laugh and sing,but while we're apart
Don't give your heart to anyone
But don't forget who's takin' you home
And in whose arms you're gonna be
So darlin' save the last dance for me

Baby don't you know I love you so
Can't you feel it when we touch
I will never never let you go
I love you oh so much

You can dance,go and carry on
Till the night is gone
And it's time to go
If he asks if you're all alone
Can he walk you home,you must tell him no
'Cause don't forget who's taking you home
And in whose arms you're gonna be
Save the last dance for me

'Cause don't forget who's taking you home
And in whose arms you're gonna be
So darling,save the last dance for me
Save the last dance for me
Save the last dance for me...

jeudi 3 décembre 2009

lundi 30 novembre 2009

A careless mixture of everything else we worry about.



Je ne l'ai pas dit la première fois. Je crois même lui avoir dit qu'il fallait qu'il y aille, que c'était ce qu'il désirait et que de toute façon je ne voulais moi-même que ce qui le rendrait heureux. Parce que c'était tout son futur. Parce que je pensais au fond de moi que même après autant de temps, je n'avais pas le droit de demander une chose aussi immense, une chose pour moi. Et que Grenoble, ce n'était pas si loin après tout, si on pliait la carte en 4. Et peut-être parce que je n'ai rien dit, tout a changé.




Alors, je vais faire une chose que je n'ai jamais accordée à personne. Je vais te demander de ne pas partir, parce que. Parce que c'est tellement compliqué pour moi de laisser entrer des gens dans ma vie, et que pourtant je n'ai pas eu envie une seule seconde de me défiler en face de toi. J'ai voulu que tu saches tout, ce que j'ai vécu et ce que je ressens, jusqu'à cet instant même.

Parce que je suis une fille terriblement fière et qui préfèrerait mourir plutôt que de risquer de donner un coup d'épée dans l'eau, sans aucun résultat, et pourtant je suis là à faire la chose la plus inimaginable qui soit, et je sais que ça ne servira à rien.

Parce que je voudrais qu'il y ait Rocky à la télé tous les soirs, des galets à perte de vue sur les plages interminables de Cayeux, et même des chemins de croix (oui, même ÇA). Parce que jamais je n'aurais imaginé manger un sandwiche au foie gras poêlé en plein salon du chocolat, et que c'est toujours comme ça avec toi, il y a sans cesse ce quelque chose en plus, d'indéfinissable.

Parce que je me fais avoir à chaque fois quand tu cries pour me faire peur. Pour ces fois où t'essaies de me recoiffer (et que ça ne marche pas), pour ces matins où je me blottis contre toi, pour les baisers au sommet de la tête, pour ces looooooooooongues séances de guilis du dos, pour toutes les fois où t'as raison et que tu te fous de ma gueule, pour toutes les fois où j'ai raison (et là c'est encore meilleur :p)... Toutes ces insignifiances, les 1600 textos, nos pauvres voisins, mes retards, ces heures en voiture, les vaches et la mer. Et toutes les questions que je meurs d'envie de poser.

Parce que moi je commence à voir ce que pourrait être la suite, même si je sais que je n'ai pas le droit de chercher trop loin. Et j'ai envie de ce que je vois.

Parce que c'est à la fois simple et horriblement compliqué, mais pour la première fois, je commence à croire qu'on peut vivre avec les deux, qu'on peut vivre sans désespérer, et tout le monde s'accorde à dire que t'as fait un miracle, là.

Parce que je ne veux plus me poser de questions, sauf les soirs de pleine lune, et que la seule chose à laquelle j'arrive à penser maintenant, c'est que si ça se termine comme ça, tu vas m'arracher le coeur, et il ne tenait déjà plus très bien...

Maintenant il ne faudra JAMAIS mentionner ce que je viens d'écrire, sous peine de mort par un moyen terrible qu'il faudrait que je mette au point, au cas où. Je ne voulais surtout pas que tu penses que ça n'avait pas d'importance pour moi, même si mon amour-propre est un peu mort depuis la première ligne.

mardi 24 novembre 2009

L'escalier en spirale.


No matter who you think people are...

I used to be a believer.

Maintenant je dis des choses pour faire joli et essayer de déclencher certaines situations, faire trembler la terre à nouveau. Invoquer ce qui nous retourne comme un gant, viscères à vif à la vue de tous, le visqueux et le répugnant, mais toujours ce formidable battement de cœur, comme un grondement qui sortirait d'une terre sacrée. Mais je ne suis même plus capable de ressentir tout ça.

I used to feel.

Puis j'ai pensé que les actes étaient plus importants que tout ce qu'on pouvait dire, alors je me suis résignée aux discussions "de tous les jours", t'as fait quoi aujourd'hui, c'est sympa ce pull, tu diras à Cam que j'ai vu Alex avec une autre fille qui ressemblait à une pute, viens c'est par là la boutique. Tant que l'autre était , je pouvais encore rêver à l'intérieur de moi.

I used to be tied to a special someone.

Maintenant c'est chacun sa vie. On n'a plus besoin de se connaître pour vivre ensemble, ni d'aimer les mêmes choses pour se rapprocher. Se faire des amis c'est comme aller faire ses courses, il suffit d'un peu de disponibilité (pour les ajouter sur FB), on devient peu à peu interchangeable et tout s'efface.

I used to be a special someone.

Maintenant je ne suis plus quelqu'un.


(bon malgré le brainstorming maniaco-dépressivo-lyrique, je commence à entrevoir le bout du tunnel, c'est rassurant, tu sais, oui?)

dimanche 8 novembre 2009

"Boris après l'amour" Y. Queffélec


Je sors d'une réjouissance dont je ne garderai probablement aucun souvenir précis, dans le froid. Je m'attarde sous le porche, m'adosse à la porte et la pluie commence à tomber, doucement. Les passants ne s'attardent guère.

J'ai comme une maladresse à faire les choses. Tout le temps, avec tout le monde. Plus particulièrement avec les gens que j'apprécie beaucoup, parce qu'ils sont également ceux que j'admire le plus. Et ils en profitent, les salauds.

Je repense à ma journée, rien d'autre ne me vient à l'esprit que la chanson de ce gamin stupide dans le tram de ce matin, Pomme Reinette et Pomme d'Api, tu ne vois pas que je traverse une crise, imbécile petit singe? Arrête de me baver dessus.

Oui, effectivement, "personne ne trouvera jamais le bonheur dans l'équilibre", mais à vrai dire, dans ces trips destructeurs que je me paye à chaque histoire, je ne le trouverai pas non plus. Et ce ne sont pas les moments de contentement sans bornes (oui, "bonheur" ça me paraît déplacé, dans n'importe quelle situation) qui manquent, actually, mais je ne vois que ce qui pèche lorsqu'il n'est pas là.

La légèreté, c'est insoutenable. C'est pas moi qui l'ai dit.

mercredi 4 novembre 2009

Purge the terror in your bones.

Il faut que je transforme ce vertige. Il faut que je le transforme. Ils sont dejà dehors, ils sont dans le monde et moi je suis à l'intérieur de moi, une glaise, une boue que personne n'a façonné pour tenir. J'ai vérifié, j'ai dessiné les premières ébauches d'un pont. Y a rien. Et l'angoisse contenue, circonscrite dans un espace socialement acceptable se répand maintenant, les digues éclatées, du vertige à l'abandon, de la terreur à l'anéantissement. Merde.

mardi 3 novembre 2009

Où l'on ne parle pas d'Angkor Vat (mais je t'aime bien, alors...)

Oui, c'est beau.





Oui, oui alors voilà, voilà.

Il arrive parfois que lors d'une situation quelconque, j'enregistre inconsciemment un détail sans importance (oui, dit comme ça, ça n'a forcément pas l'air intéressant, mais comme ça ne l'est pas non plus, on est saufs), et qu'il serve ensuite de catalyseur à mes réminiscences, sans aucun contrôle de ma part.

Il y a quelques temps déjà, j'ai eu une discussion à propos du fétichisme (ça aurait pu être n'importe quoi d'autre HEIN), et du coin de l'oeil, j'avais vu passer une mamie aux boucles blanchies et le cerveau a (malheureusement) enregistré sans me prévenir. Et désormais, si mes pas croisent celui d'une... bon allez, d'une vieille, bref, moi je pense aux nanas en costume de latex. Voilà, c'est comme ça.

AUCUN INTÉRÊT.

Alors comme je te le précisais, ce genre de remarques divaga-quelque chose-ives, ça fait partie de l'autre (l'autre moi, pas l'autre autre chose), donc ça restera pour la plupart, source d'incompréhensions, mais, hé tu sais quoi? on s'en fout, ça ne durera sûrement pas (j'aimerais bien que survive au moins une infime partie de ça, à laquelle je pourrais faire appel les jours de pluie, mais bon, s'il faut tout faire sauter, il faut tout faire sauter).


Et moi jvais arrêter l'art de la pensée négative (3e entrée google menant à mon blog, ça fait frissonner), et je vais me mettre à l'imbécillité joyeuse, par plaisir de mettre deux "l" à imbécillité (moi je trouve ça beau, au contraire du mot "loufoque" par exemple, qui pourtant a de bonnes intentions).


Aaaaah, cette obligation de me muer en un petit animal terre-à-terre, oui, je perds de l'humain saugrenu (noter ici l'effort de ne pas utiliser "loufoque"), il faut que je me rrrrrrrrrange, et en plus j'ai acheté du Jean d'Ormesson, j'ai un peu honte de lire un académicien, mais comment résister à :

"Ce n'était pas la première fois que les hommes mettaient Dieu hors de lui. Il leur avait tout donné. Et d'abord l'existence. Il finissait par se demander s'il avait bien fait de les tirer du néant.

La tentation lui venait de les abandonner à eux-mêmes. On verrait bien ce qu'ils deviendraient s'il se refusait tout à coup à soutenir l'univers, si la Terre cessait de tourner, si le temps s'arrêtait.

Il fit appeler l'ange Gabriel, qui lui avait déjà, à plusieurs reprises, servi de messager auprès des hommes.

Gabriel, une nouvelle fois, descendit sur la Terre. Il s'installa chez moi. Et, pour essayer de fléchir l'Eternel je rédigeai avec lui le rapport qui porte son nom."


Bref, c'est surtout que ça se termine comme ça:

"Entouré des séraphins, des chérubins, de ses archanges et de ses anges, précédé par Michel qui foudroyait Lucifer, appuyé sur Gabriel qui me jetait un clin d'œil, suivi de Raphaël qui consolait les affligés et ramassait les morts, l'Éternel s'évanouit dans son éternité. Dieu n'était plus qu'un rêve. Les hommes étaient seuls au monde."

Ca parle de la mort de Dieu. Je valide.

"J'ai surtout aimé le soleil en train de tomber sur la mer. C'est à peu près tout ce qui demeure de notre éternité."

A la base, je l'aime beaucoup. Le personnage lui-même est un Monsieur, ces rares esprits qui parlent encore, tout empreint de cette common decency dont ils parlent dans L'Enseignement de l'Ignorance (oui-da, je me diversifie) , sans une once de cet air de sale supériorité qui caractérise la plupart des soit-disant gens cultivés. Et en plus il fait des blagues pour ne pas répondre directement aux journalistes.

Il a une éloquence simple mais très recherchée. Pas de fausse note dans le style, tout est d'un goût exquis. Bon parfois le sujet laisse un peu à désirer (faudrait essayer de ne pas piéger le lecteur en exposant des quatrièmes de couvertures qui parlent de l'Italie, de figuiers et de sable, alors qu'en vérité the main topic, c'est quand même son copain Romain et Drieu La Rochelle) au vu de ma nature très portée sur les sujets grandiloquents, mais j'apprends la mesure, ça tombe bien.


Bon, blague à part, j'ai acheté [Musil tome 1], d'une parce qu'on m'en a reparlé et que je déteste parler de choses que je ne connais pas (exercice très très périlleux, mais tant que je n'ai pas affaire à toi, ça se passe généralement sans encombre, arrête de vérifier tout ce que je dis pour me mettre la honte, s'il te plaît, je t'en supplie), et de deux parce qu'en le feuilletant (avec une moue dubitative, évidemment, faut pas exagérer non plus), je suis tombée sur ça:

"Lorsqu'un être vit ainsi continuellement les regards posés sur un autre, il arrive que son corps lui soit littéralement dérobé et se précipite comme un petit météore dans le soleil de l'autre corps."

Alors je lui ai accordé le bénéfice du doute.

lundi 2 novembre 2009

Voyez comme on danse.


"Ce soir-là, dans notre chambre de la pensione Bucintoro, Marie se tourna vers moi.

- Je crois, me dit-elle, que j'ai fini de t'aimer.

Je le savais déjà, naturellement. Et vous aussi. Je suis tout de même tombé des nues. Ce que nous exprimons est toujours en retard sur ce que nous ressentons. Mais ce que nous ressentons ne se met à exister que quand nous l'avons exprimé.

[...]

Toute la nuit, nous avons parlé de nous comme font les gens qui s'aiment et aussi ceux qui ne s'aiment plus. Les mots inévitables ont été prononcés. Je lui ai dit:

- Je t'aime.

Elle m'a dit:

- Je t'aime beaucoup.

J'ai compris ce que les adverbes avaient de détestable. Pour bien me faire sentir que tout était fini à jamais entre nous, elle m'a bien serré contre elle."

& le plus grand poème par dessus bord jeté.


C'est étrange, en vérité, cette "orgia perpetua". Je collectionne véritablement les minutes, comme des "choses qui arrivent", j'aime sans y penser, j'aime comme certains vivent une vie entière, les pieds nus sur le carrelage de la cuisine, dans ton sweat-shirt. Il y faudrait certainement une fenêtre pour regarder la neige tomber, une tasse de thé fumant à la main. Je te ressens, chaque seconde: tu me déchires et tu me fais renaître, en n'oubliant jamais cette deuxième partie.



Parfois, je me retourne et contemple mon ancien monde , celui où j'aimais avec fracas. Peut-être aime-t-il encore comme ça, les nuit sans lune, les bois humides, la pluie qui tomberait sur un Paris épais. Ces amours qu'on ne peut pas toucher, ni sentir, ces amours dont on ne fait que parler et qui nous rendent éloquents. Je me souviens être restée accrochée à ces mêmes mots, lorsqu'il s'éclipsait. Les mots s'enfuient inévitablement avec l'autre, et ne reste que la douleur d'être aussi incomplet qu'au départ.



Ne pas se résigner. S'inventer à nouveau, sans relâche.

samedi 31 octobre 2009

"Je ne crois pas aux pressentiments, mais il y a longtemps que j'ai perdu foi en mes incroyances. Les « je n'y crois plus » sont encore des certitudes et il n'y a rien de plus trompeur. "

R. Gary.

Ce premier jour. (Du reste de ta vie.)

Boum. Paie tes 20 ans.

Mais, je m'offre, en tout et pour tout, une quinzaine de volumes, piochés pour la plupart dans ma to-read list, un peu de Vargas Llosa, du Burroughs encore, un deuxième Joyce et un dernier Bukowski, bref, ne m'appelez plus, je rempile pour des mois de non-reconnaissance de l'entour.
Et pour mon entrée dans le monde, mon premier Bret Easton Ellis.


Je viens de me rendre compte qu'il faudrait que je m'abstienne de l'agressivité de premier abord dont je fais preuve, souvent, cette chose qui me transforme en un petit animal tout en dents, dont on ne reconnaît plus la fourrure.

J'ai essayé d'être toutes celles qu'ils pouvaient imaginer, tour à tour fleur fragile, princesse froide, jusqu'au désordre heureux, et je me suis perdue là dedans, je ne vois plus en moi qu'un défilé de petites poupées peintes, oui, elles sont mon visage.

Tu me tiens entre tes bras, seul le sommeil nous attache, et pourtant... Tu m'as fait entrevoir ce qu'il y avait derrière moi-même, tu as fait trembler la terre, tu m'as montré que je pouvais être une autre encore. Je renie tout ce que j'ai vécu, en cet instant, pour une de ces étreintes, pour un de ces baisers, pour une de ces ruées d'adrénalines qui me prend lorsque je ne suis plus sûre de rien.

Je trouverai le moment pour te crier ce que tu sais déjà.

lundi 26 octobre 2009

Bigosaurus.




Tadam-dadam, tada-dadam.

Bientôt l'hiver, trop tôt, trop tard. Il y a toujours eu une multitude de saveurs à cette époque-là de l'année, du miel poisseux et de l'amer, il y a eu eux et moi, infiniment. Je prends un peu d'avance, à vrai dire, la nostalgie elle-même est trop loin pour que je puisse l'évoquer, il s'agit de vérifier si je vis encore , mais rien n'est moins sûr. Tout s'est effacé du jour au lendemain, inexplicablement, comme on se retourne pour remarquer que la personne à côté de soi n'est plus là, voilà, ce n'est plus .


J'y reviens, parfois, pour me rappeler de ne pas faire les même erreurs, mais ce garde-fou m'empêche de me pencher véritablement et de plonger la main dans ce qui nous fait tous disparaître. Je cautionne la théorie du moindre mal, en somme, et je ne sais pas si je dois m'en réjouir. Moins souffrir, moins ressentir.

Mais mais mais mais, on ne me prendra pas à mentir. Ce temps passé (ces matins, surtout, il y a une vraie douceur dans ces matins) avec lui, je ne peux pas m'empêcher d'en savourer chaque minute, même la plus insignifiante, celle en suspens qui ne parle à personne. Il y a une barrière, trois heures, trois jours, trois ans, mais je peux faire de petits châteaux de sable dessus, ça me va pour l'instant.



"Il y a des moments où l'on a l'impression qu'on peut faire ce qu'on veut, aller de l'avant ou revenir en arrière, que ça n'a pas d'importance; et puis d'autres où l'on dirait que les mailles se sont resserrées et, dans ces cas-là, il ne s'agit pas de manquer son coup parce qu'on ne pourrait plus le recommencer."

La nausée, Jean-Paul Sartre

jeudi 22 octobre 2009

Je tends vers l'infiniment lent sans arriver à mal le vivre. Tant qu'il y a un point de chute, un de ces dimanches soirs, il y aura quelque chose de tendre dans l'hiver, et je pourrai encore détourner le regard.
It's agony. Complete, excruciating agony. It's like your heart has been ripped out of your chest and stomped on, and you can't breathe. You don't want to eat. You can't function. It's the most intense pain that you'll ever feel, and the worst part is, there's no way to relieve it. It's unyielding, merciless torture, and you *know* that it's YOURS for life.

dimanche 11 octobre 2009

Il suffirait de vivre...

...seulement c'est hors de question. Rien ne pourra jamais être complet et beau. Tu ne te laisses pas aimer, et il y a dans l'air comme une odeur de passion aigre. Oh il faudrait hurler, repliés sur nous-mêmes, laisser ce cri nous déchirer vivants.

Cet aimant, la démesure.

samedi 10 octobre 2009

Un tramway nommé jeunesse.


"Il ne faut pas se marier. En règle générale, il ne faut pas s'emmerder avec un mec, il ne faut les prendre que quelques heures. Vous avez l'air d'une fille plutôt maligne, on ne doit pas vous la faire. Ah, vous vous êtes laissée prendre à ce jeu? Pourtant on sent chez vous un air de vieille école, mais vous avez encore des choses à apprendre : il y a encore trop de naïveté, vous êtes victime de votre temps. Regardez, là, je vous apprends déjà un peu des hommes. Ils seront gentils au début, ils seront des princes et des fous, mais bientôt tout ça s'évanouira et il ne vous restera dans les mains qu'une conscience morte qui ne vibrera qu'à l'idée de leur queue enfoncée dans une fille. Et les femmes sont toutes les mêmes. Ce que j'en sais? J'ai goûté le monde, moi, et en plus, je suis bisexuel, l'Homme entier est désirable. Mais bon, là vieille là bas, elle doit être bien rouillée, la machine doit plus trop bien marcher, sélection naturelle, si vous me demandez. Elle est moche. Moi je suis bien, seul. Bordel, ce tram met vraiment du temps à venir. J'habite avec une lesbienne qui a un gosse de huit ans. Je ne peux pas la quitter à cause de la fillette. Adorable, cette fillette. Ca lui ferait quelque chose si je me barrais. Elle m'a dit un jour qu'elle m'aimait parce que je lui achetais des bonbons, alors je lui ai demandé si elle m'aimerait toujours si je ne lui en achetais plus. Elle m'a dit que oui, mais moins. Les enfants sont compliqués. Comment voulez-vous qu'ils pensent droit si les parents n'y sont pas? Trop de disputes, trop de divorces. Tout ça parce qu'ils sont trop pressés, parce qu'ils ne savent plus choisir, parce qu'ils tirent au sort n'importe qui pour les aider à vivre et à les détourner de la mort du monde. Je suis sûr que vous lisez un peu. Beaucoup? Oui, c'est écrit dans l'air grave. Vous dégagez quelque chose de bizarrement complexe. Vous avez un air de poupée juvénile, mais l'attitude des femmes des années quarante, avec leurs chapeaux cloches, leurs bas nylon et leurs chaussures immatérielles, lèvres pincées, mais sourire d'enfant. Il ne faudra pas les laisser faire. J'ai l'impression que vous vivez seule, vos parents sont loin, ou absents, ou peut être tués par une avalanche de pierres au Kansas. Mais vous vivez mal avec cette solitude, alors vous comblez, c'est ptet un brave garçon, mais vous ne parlez pas, il ne vous dit pas qu'il vous aime, les hommes ça voudrait éviter de réfléchir. Il vous faudrait quelqu'un pour parler des choses de la vie quotidienne. Quelqu'un qui vous apprenne a mentir et à voir. Voilà, je vous donne mon numéro de téléphone, appellez moi quand vous voulez. Je suis Norbert. Vous m'appelerez ce soir, n'est ce pas? Je ne vous demande pas votre numéro, je sais que vous ne me le donnerez pas. Regardez, mon sac est bien plié. Bonne journée, mademoiselle. " (*baisemain*)


Norbert, si je vous avais rencontré au comptoir d'une petite librairie, j'y serai peut-être retournée vous acheter quelques livres, vous m'avez offert mon premier (et le seul) fou rire intérieur de la journée.

vendredi 2 octobre 2009

300

Today's a new day, yet I'm the same girl.






Take me out tonight
Where theres music and theres people
And theyre young and alive
Driving in your car
I never never want to go home
Because I havent got one
Anymore

Take me out tonight
Because I want to see people and i
Want to see life
Driving in your car
Oh, please dont drop me home
Because its not my home, its their
Home, and Im welcome no more

And if a double-decker bus
Crashes into us
To die by your side
Is such a heavenly way to die
And if a ten-ton truck
Kills the both of us
To die by your side
Well, the pleasure - the privilege is mine

Take me out tonight
Take me anywhere, I dont care
I dont care, I dont care
And in the darkened underpass
I thought oh god, my chance has come at last
(but then a strange fear gripped me and i
Just couldnt ask)

Take me out tonight
Oh, take me anywhere, I dont care
I dont care, I dont care
Driving in your car
I never never want to go home
Because I havent got one, da ...
Oh, I havent got one

And if a double-decker bus
Crashes into us
To die by your side
Is such a heavenly way to die
And if a ten-ton truck
Kills the both of us
To die by your side
Well, the pleasure - the privilege is mine

Oh, there is a light and it never goes out
There is a light and it never goes out
There is a light and it never goes out
...


dimanche 16 août 2009

La belle chair.


Petite journée sans prétention, quelque chose comme une paresseuse rêvasserie sur l'herbe, à l'ombre. La pub Pulco, voilà.

Entre deux crayonnages frénétiques (faudrait quand même que je finisse ça avant demain), je tape "Marie Dolidier" sur Facebook, oh, juste pour voir who almost fucked my ex-boyfriend. The boy's got weird taste.

"Les hirondelles bleues, les symboles mystiques, les faux tatouages de hell angels aux couleurs arc-en-ciel, les paroles de chansons, les extraits de romans, juste des mots comme ça... Le côté romantico-fierce."

En rêve, assise sur un autel sur lequel fument les bâtons d'encens, les jambes gainées dans des bas Chantal Thomass, croisées haut.


Je ne trouve jamais les bons mots pour t'expliquer qui je suis, pourquoi je m'attache, comment j'arrive à te ressentir, parce que moi même je ne le sais pas.

Une petite semaine et je n'aurai plus à penser à ce qui m'écorche, tu m'enlaceras et l'entour ne sera plus le même.

Je hais ce genre de choses. On est souvent bien plus nu qu’on ne le souhaite lorsqu’on écrit pour soi. Personne n’y arrive du premier coup, on en dit toujours trop, ou pas assez, et la clarté de l’exposition de nos idées laisse toujours à désirer. Je ne vais déroger à aucun des écueils habituels décrits ci-dessus, et cela plusieurs fois surement. Je n’y suis pour rien. Je suis dans un état de confusion totalement inhabituel, et c’est ta faute.

A cause de toi, je suis incapable d’être moi, et incapable d’être une autre. Je veux que tu me lises avec la chair de tes doigts, que nos saveurs se mélangent, et qu’on s’envoie en l’air, je veux tes yeux lisant par-dessus mon épaule, et ta joue sur ma main sur mon oreiller, je veux que tu lises dans mes pensées, et t’offrir des livres de poche, je veux tout cela, et bien plus encore, je te le dis la bouche en cœur, et tout et tout. Croix de bois, croix de fer, si je te mens, je lâche l’affaire.

Et avec le peu de chance qu'il me reste, tu vas m'envoyer un truc rageur, encore, et mettre ma patience à l'épreuve avec ces mots qui fâchent. Tu me fâches. Non, reviens, ne me tourne pas le dos.

lundi 10 août 2009

Je crains d'en savoir un peu trop.



On m'a dit que c'était le retour des cow-boys. L'Homme est loin, bien loin, et je meurs d'envie de me dissoudre dans cette vie qui n'en n'est pas une. Echec sur échec, mais des échecs un peu pathétiques, un peu comme lorsqu'on hésite à passer les portes du métro lorsque l'alarme retentit, oh, on hésite, jusqu'à la dernière seconde, et lorsqu'on se décide enfin, c'est trop tard, mais tout le monde vous a vue, de toute façon, et il n'y a aucun moyen de se sortir de cette gêne gluante.

Oui, voilà, je m'embourbe. Aucune raison ne pourrait me tirer de là, ni lui, ni lui, ni lui. Et pourtant je continue à espérer qu'il sera le moteur, même éphémère, de mes impulsions, qu'elles pourront enfin me porter, ailleurs, ici, en mieux. Lui, lui, lui.

Je rêve de pouvoir sourire comme elles, oh, elles me semblent si différentes, d'ici, si vivantes et délicates, comme de petits serpents enduits de miel. Je me sens si pataude et maladroite, incapable même de m'exprimer devant ceux qui ne me laissent pas entrer, je suis si lourde et comme piégée à l'intérieur de moi.

Ce soir, j'ai osé, un peu. C'est tout et rien en même temps. Ce viel aigri, maniaco-dépressif, ce génie raté, ce maître dans l'art du paradoxe, oh, je l'ai reconnu! Et je me suis sentie comme cette petite écervelée, un peu inutile et empruntée.

Whatever works...

Oh, il est charmant, le garçon sur cette photo. Il s'appellerait Maxime. Ou Lawrence.

jeudi 21 mai 2009

L'Eden, ce dancing club.


Voilà. Plus que quelques jours, qui passeront si vite qu'il ne m'en restera que le goût du vin et des baisers volés, ces nuits où le sommeil me fuit, cette chaleur qui me fait frissonner. Tout ceci n'appartient qu'à moi.

Je perds l'équilibre, les plus grands du Motown chantent l'éternel instant présent. "Qu'est-ce que tu vois? Moi, c'est toi..."

La vie attendra. C'est de la folie, chuwap-chuwap...

J'ai envie d'ailleurs, évidemment, cette odeur de poussière et les routes brûlantes. Je ne suis plus entièrement là de toute façon.

vendredi 1 mai 2009

mardi 21 avril 2009

"Bye-bye, Tiger."

"You're a coy flirt. You may not seem like you're flirting, but you know exactly what you're doing. You draw people in, very calculatingly, without them even knowing. Subtle and understated, you know how to best leverage your sex appeal. A sexy enigma, you easily become an object of obsession."

Mouais.



J'aurais voulu figer cette chambre, capturer la lumière quasi inexistante. Lorsque j'évoque intérieurement les premiers jours, il y a cette obscurité qui submerge le moindre souvenir, cette longue nuit artificielle qui nous dévore et nous cache au monde. Mes amours ont toujours eu la saveur d'un secret.

J'ai appris le monde sur les lèvres de mes Pères, il aura fallu quelques centaines de pages pour que l'instant s'effondre, en petites afflictions savoureuses.

En une fraction de seconde, je l'ai vu, vu vraiment.

Tout sauf l'ennui, alors.

Oh, tu sais, je n'ai rien contre toi. Seulement, tu m'intimides. Je suis près de toi avec l'impression de n'avoir rien à dire que tu n'aies déjà entendu. Tu as parcouru ces terres tremblantes, jeunesse, fougue, délire, et tu en es revenu comme un fantôme, comme un dieu, comme un homme. D'où ces longs instants, où tout est comme suspendu, ou au contraire enlisé dans un silence pâteux, accablant. Ces instants où je voudrais tout te dire. Pour que l'on s'apprenne.

mercredi 8 avril 2009

Trend.

Qui a dit « les pianos, c’est comme les chèques : ça ne fait plaisir qu’à ceux qui les touchent » ?
C’est l’homme qui avait « un piano dans la tête », le papa des Gymnopédies, ces œuvres musicales songeuses empruntes d’une joyeuse nostalgie…oui, voilà, Erik Satie.

J'aime pas Eric Satie-euh.


Un plaisir des yeux ?
L'Homme qui conduit

Un plaisir que l’on partage ?
Un repas entre amis

Un plaisir d'enfance ?
Construire une cabane dans les bois

Un plaisir odorant ?
L'odeur de l'Homme sur mon écharpe

Un plaisir égoïste ?
Le célibat

Un plaisir de l'oreille ?
Un solo de Miles Davis, une nocturne de Chopin

Un plaisir charnel ?
Faire l’amour. Non, refaire l'amour

Un plaisir inconnu ?
Un shoot d'héroïne

Un plaisir du goût ?
Une fraise

Un plaisir anachronique ?
Relire des lettres

Un plaisir qui ne coûte rien ?
Prendre ma mère dans mes bras

Un plaisir honteux ?
Manger la chantilly à même le flacon

Un plaisir hors de prix ?
Un room service dans un grand hôtel de luxe

Un plaisir défendu ?
Aimer en plusieurs endroits

Un plaisir surestimé ?
Grandir

Un plaisir à venir ?
Les retrouver à l'aéroport, les w-e de miel, des retrouvailles inestimables...
Lift your skinny fists like antennas to heaven.

Grace in small things.


1. J'ai sauté le pas. Je me sens mieux. Tu es là, à nouveau, phew.

2. J'ai ri, ri, ri, crié un peu, beaucoup, plein de fois. Avec elle.

3. Il n'est pas en colère. Je voudrais pouvoir le prendre dans mes bras, joie enfantine.

4. Choco m'a rappelée mon petit roi. Si j'adopte, je ferai tout bien à nouveau.

5. Rire plus fort après interdiction.

6. La nuit, en descendant du bus. Confortable. Je ralentis, je fais durer. Je passe la main dans le noir.

7. Aucun insecte innommable après avoir laissé la fenêtre ouverte tout le jour.

8. J-3 avant un grand repos.

9. La pensée qu'on se reverra peut être pendant ces vacances.

10. Un week end de miel.


I feel good, actually.

lundi 6 avril 2009

Storyboard.

Bon il est 22h passées, mais je n'oserai pas t'appeler. Parfois, j'ai un peu honte de ne pas être celle que je voudrais, de n'être que moi. Il aurait fallu que je sois plus douce et diplomate, mais parfois l'entour me submerge, tu vois, et je fais des dégâts considérables sans y penser, ou en y assistant comme un spectateur sans aucun contrôle.

J'ai le coeur en écharpe. Bonne nuit, un baiser par dessus tout ça.
I'm sick. I'm so sick of this. I'd rather not feel anything.

lundi 30 mars 2009

Petites vérités.

Eagle in the dark
Feathers in the pages
Monkeys in my heart

Tu sais (oh, ce "tu", il me blesse!), ce soir, je me suis penchée à ma fenêtre, pour tenter d'apercevoir les étoiles. Ces étoiles, ces constellations d'une nuit sans sommeil, le goût d'une glace à la mangue. Certains soirs, les yeux ouverts dans le noir, j'essaie de me rappeler le peu qu'il me reste de la séance du Planétarium. Du peu qu'il me reste de nos petites escapades sans sens aucun. De ces après midis sur l'herbe. J'ai tendance à trop souvent évoquer le passé, une manie, sûrement, qui masque la peur de voir tout ça s'échapper, petit bonheur, petit galet. C'est fait.

Je t'ai un peu maltraité, je n'avais pas d'idée précise sur ce que je faisais, c'était la première fois que mon coeur était sur la sellette, il fallait que je t'aime et que je me protège en même temps, tough. I feel so sorry. I did mean to hurt you, actually, but I just managed to slash myself.

"Pas d'avantage ne rayonnait sa voix. Au fond de son coeur, ce qui l'émettait était un groupe de minuscules personnages qu'il gardait secrets."

Ces chansons, qui me font trembler, une voix comme sur ta nuque, lorsque tu es allongé sur le sol. Il y a des voix qu'on ne ressent qu'allongé dans l'herbe, dans le noir, au fond du lit, au bord de la mer. Ecoute donc Falling Awake de Gary Jules.

Lorsque je me réveille et que tu as le dos tourné. Je voudrais te parler, ainsi, te dire pourquoi toi, maintenant. Tu n'aurais pas à me croire, pas de questions à poser. Tu accepterais le simple fait que toi et moi, là et un peu plus. Encore un peu plus.

Allez, les yeux fermés, il y a du bon, aussi. Les odeurs de fruits chez le primeur. J'avais envie d'enfouir mon visage dans ces fraises prêtes à exploser.

Tout le monde sait, personne ne cherche à comprendre. Ce soir encore, la morsure de la solitude. J'allais dire, une envie de partir, de fuir ce qui m'attend, mais l'énergie même me déserte. Dring dring, viens, allons marcher sous la pluie aux Sablons. Ce froid qui a dessiné des cils sur feu mon ipod. I'm a fucking mess.

Je recommence à dessiner, doucement, ce que j'imagine voir.

And that’s just the way it goes
Falling awake
And that’s just the way it goes

lundi 23 mars 2009

Quel est le signe astrologique d'Edouard Balladur?

Une puce, un pou, assis sur un tabouret
Jouaient aux cartes, la puce perdait
La puce en colère, attrapa le pou
Le flanqua par terre, lui tordit le cou...


Un, deux, deux, deux... (click!)

1234 tell me that you love me more
Sleepless long nights that is why my youth was for

Petit jour de soleil, comme une caresse, comme un baiser. Cette surprise qui me donne l'impression d'échapper au monde, autant à la mer que devant un Trivial Pursuit. J'en suis encore au stade de l'émerveillement ("oh, un camembert"), mais cette petite journée a en quelques sortes balayé toutes mes non-espérances.

Old teenage hopes are alive at your door
Left you with nothing but they want some more

Sortir de Paris, tu sais, bientôt cette ligne à l'horizon, cette atmosphère qui s'affranchit des distances, le soleil EST TON AMI, j'ai enfin eu l'occasion de tester tous les titres dont on disait qu'on passerait une fois qu'on aurait la Red Shark de Las Vegas Parano, une autoroute U.S. et la vie devant nous.

Sweetheart bitterheart now I can't tell you a part
Cosy and cold, put the horse before the car

J'aime sa main sur ma jambe, ses éclats, ses petits monologues, ces baisers avec un oeil sur la route, ces tortillements qui s'ensuivent, cette carte très hermétique (j'arrive à la lire si je la prendre à l'envers, c'est dire), ces villages endormis et ces errances ("fallait tourner là je crois").

Those teenage hopes who have tears in their eyes
Too scared to own up to one little lie

Je me laisse bercer, tour à tour par lui, par la mer, et ainsi de suite jusqu'à ce que quelque chose explose derrière mes yeux. Je retrouve ces battements familiers, au bout des doigts, et j'ai trop peur de savoir ce qu'ils veulent dire.

1,2,3,4,5,6,9 and 10
Money can't buy you back the love that you had then
Ohhhhh you're changing your heart

Je suis perdue. Encore. Un sourire aux lèvres.

mercredi 18 mars 2009


Ah, si c'était simple. Sortir de chez moi, traverser des dunes, et m'asseoir sur le sable. Regarder la mer qui gronde et s'épuise. Fermer les yeux et mourir, revivre, mourir, revivre, au même rythme. Le soleil, évidemment.

Toute l'ironie d'un sort.


Encore une journée, petite errance, grande fatigue. Il y a vraisemblablement quelque chose qui me fait défaut, peut-être la faculté de m'en foutre totalement, tu sais.

Trotter dans Paris, à l'arrivée des beaux jours, c'est ce qui me rend totalement brain-dead, allez savoir pourquoi. Des heures et des heures à marcher, là, c'est comme à deux, mais tout seul. La main DESESPEREMENT vide.

I feel fucking free like a river, c'est désagréable, j'aimerais me sentir appartenir à quelqu'un.

Demain, demain, demain...

Je me souviens encore de ces matins, où l'on se retrouvait tous dans le cloître, cette odeur de poussière dans la matin. Ces après-midis à écouter du Lou Reed. Ce présent ou un avenir à écrire. Je voudrais me débarrasser de ces souvenirs pour n'en garder que l'espoir de quelque chose qui vaudrait le coup, une fois encore.


Plus rien d'évident. Je ne veux pas de ce que je suis en train de vivre, je ne veux pas de ce que c'est en train de devenir, peu à peu. Une espèce de médiocrité qui s'étend, une nullité paresseuse, et ma curiosité des gens qui s'émousse. Ils ne comprennent pas. A quoi bon.

mercredi 4 mars 2009

J'ai pleuré aujourd'hui. Comme tous les jours à cette heure là.

Dans ces moments-là, je serais sûrement allée me plaindre à toi, tu sais, te confier mes angoisses, encore, te demander sans cesse pourquoi c'est si dur, parfois, de ne pas perdre de vue ce qui nous aide à tenir debout. Tu aurais sûrement dit que j'allais m'en sortir, en prétextant que j'étais hors-norme toussa toussa. Tu m'aurais prise dans tes bras. Comme la fois où j'ai eu 1 et 4 la même journée. Tu m'aurais pris la main. Fuck I miss those things.

J'aime qu'on me prenne par la main, dans la rue. Qu'on m'embrasse devant tout le monde. Tout l'entour disparaît de toute façon, mais il y a dans ce geste comme un défi au monde. Ce monde pour lequel on se déguise, ce monde pour lequel on se trahit. Il y a au moins une vérité, dans ce baiser. Il est ou il n'est pas.

It was a crappy day, a crappy week. Tout les problèmes se massent autour de moi comme si j'étais un aimant. Il ne me suffit pas d'avoir un compte en banque famélique, mais mon esprit aussi, crie famine. Il cherche de quoi se nourrir, une âme à laquelle se colleter, il cherche un coeur ouvert, comme une plaie.

Je n'en peux plus de cette fausse guerre, celle où les mots veulent à chaque fois dire quelque chose, quelque chose de faux, puisque ce ne sont que des mots. Il ne te viendrait sûrement pas à l'idée de te passer d'eux, tu sais, en me caressant la tête.

Je n'en peux plus de voir autant de gens se tromper sur moi, parce que leur curiosité est purement égocentrique et qu'ils ne prennent pas la peine de me regarder vivre.

Je n'en peux plus de ne pas trouver d'adversaire, de frère, d'ami, d'amant assez fort pour rire de tout. On peut rire de tout. You were a match, boy.

Je n'en peux plus de ne trouver autour de moi qu'un vide QUI NE PEUT PAS SE REMPLIR, puisque personne ne le veut vraiment, en fin de compte. Tu ne veux pas de moi, au fond, tu te protèges, et je suis trop polie pour entrer dans la vie de quelqu'un sans qu'on ne m'y traine par la main. Je voudrais bien, pourtant.

Je n'en peux plus de devoir grandir en avalant les angoisses, les vipères, les frustrations sans nom et cet éternelle incompréhension des autres, étrangers. Sans personne pour me tenir la main. J'attends le moment où je pourrai enfin soulager cette douleur, le moment où enfin, je n'aurai plus à expliquer, parce que l'autre saura, simplement.

Les autres. Ceux qui m'entourent sont des murs aux façades aveugles. Ils sont vains. Ils sont vides. Ils sont laideur et mesquinerie. Ou alors ils n'ont juste pas la même vie que moi.

lundi 2 mars 2009

You know you love me.



Ah. J'ai cru arriver quelque part aujourd'hui, mais je crois que je me suis encore trompée. Il faut que je fasse vraiment très attention à ce que je dis ou m'autorise à ressentir, sinon je vais encore finir en chiffonnade de jambon d'Aoste.

J'aime les gens sans confiance, en général. Il suffit d'une fanfaronnade, d'une remarque anodine ou d'un regard par en dessous pour briser la glace. Jamais fantasmé sur des gens inaccessibles, bizarrement: loin des yeux, loin du corps, loin du coeur. Il faudra toujours rester près de moi, de peur qu'un jour, en te retournant, j'aie disparu.

L'explication, c'est que j'ai rêvé de ce couple d'Allemands, au camping du Cabo Mayor, ça m'a rendue affreusement nostalgique. I miss my best best friend ever. Mais il est des choses qu'il ne faut pas regretter, parce qu'elles nous donnent plus qu'elles ne nous en enlèvent. Douces pensées, tendres baisers pour toi, mon disparu.


Sinon...

"Véridique: Charlotte a réussi à me faire croire que son grand-père parternel était Inca ET ENSUITE à me faire avaler que son grand-père maternel était un shaman tibétain. Plus jamais plus jamais plus jamais.

Véridique: il y a des gens qui rentrent dans les salles par les fenêtres si les portes sont fermées. (oui c'est nous...)"

VIRYA JE T'AIME. Espèce de poisson lune. Je ferai amende honorable pour ne pas avoir été là quand t'es rentrée de Nice. J'espère que tu m'aimes toujours plus que Lucas. Je suis allée faire un tour sur ton ancien blog, là où t'étais encore amoureuse de l'autre débile de boulette ("LA BOULETTE COUCHE?"). J'ai failli pleurer. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui? (On faisait de très jolis tags illisibles sur les bords de Seine, j'avais de l'espoir...)

jeudi 26 février 2009

Je renais de l'aile gauche.


"Il me faudra me résoudre à accepter que je mourrai un jour sans avoir compris ce qu'il y a de si essentiel pour moi dans les fichus superposés du ciel, les gouttes de pluie sur les carreaux, les coups de fouet en pleine âme que nous font le chant des hommes, et la lumière de leur regards." O.B.



Hier, je sombre rapidement sur Phil Collins, en en pensant à rien, rien excepté quelque chose qui m'obsédait, par vagues, et que j'ai déjà oublié.

Fabuleux contraste avec ces dernières semaines ou rien - absolument rien, n'arrive à capturer mon attention plus de quelques heures. Je perds l'intérêt pour tout ce qui m'entoure, rien ne me retient plus d'un jour, même des changements importants dans ma vie, même ce que je retrouve après tant de temps. Etat de semi-veille, je joue, je contrefais, je minaude. Mais rien ne s'éveille.

Qu'en rêve.

J'ouvre mon Ada, ce matin, comme j'ouvrirais un nouveau jour. Les photos s'en échappent. Petits tombeaux à la gloire des brefs instants où l'on aurait eu le sentiment, inexplicable, d'exister un peu plus, et même pas un peu mieux.

J'en pleurerais.


Puisque ne me retiennent, semble-t-il, que l'inadéquat, l'inconfortable, que je ne m'éprends jamais que des chairs qui m'échappent...

Les gens me fatiguent a être aussi fatalistes. Comme si le monde pouvait s'écrire.

Une pensée a quelqu'un qui peine a prendre des risques. Je ne l'envie pas. Je n'ai plus rien a perdre. Vraiment plus rien.

Je ne m'engage plus. Il ne s'agissait que d'un jeu. Il paraît que je me donne trop de mal.



Et de saluer, comme d'un sanglot, la claire maladresse
Contre un mur de béton, de vos premiers baisers.



Il faut du temps pour renaître. Semblable à soi-même.

mercredi 25 février 2009

Les Poupées Russes

"C'est quoi ce bordel avec l'amour, là? Comment ça se fait qu'on devient dingues à ce point? T'imagines même pas le temps qu'on passe à se prendre la tête là dessus. T'es seul, tu te plains. Est-ce que je vais trouver quelqu'un? Est-ce que c'est la bonne? Est-ce que je l'aime vraiment et est-ce qu'elle m'aime autant que moi je l'aime? Est-ce qu'on peut aimer plusieurs personnes dans sa vie? Pourquoi est-ce qu'on se sépare? Est-ce que qu'on peut arranger les choses quand on sent que ça se barre en couilles? Toutes ces questions à la con qu'on se pose tout le temps. Pourtant on ne peut pas dire qu'on y connait rien, on est préparés, quand même. On lit des histoires d'amour, on lit des contes, on lit des romans d'amour, on voit des films d'amour, l'amour l'amour, l'amour!"

jeudi 19 février 2009



OHMONDIEU. Bon, OK, ils sont pas au top de la sexytude. *pleure*


I know your eyes in the morning sun
I feel you touch me in the pouring rain
And the moment that you wander far from me
I wanna feel you in my arms again

And you come to me on a summer breeze
Keep me warm in your love and then softly leave
And its me you need to show

Chorus:
How deep is your love
I really need to learn
cause were living in a world of fools
Breaking us down
When they all should let us be
We belong to you and me

I believe in you
You know the door to my very soul
Youre the light in my deepest darkest hour
Youre my saviour when I fall
And you may not think
I care for you
When you know down inside
That I really do
And its me you need to show

Lie down. Breathe. Live. NOW!


Bon, sinon, voilà. Je passe mon temps à écouter "How deep is your love" des Bee Gees. Je ne sais plus vraiment si ça me rappelle mon père ou A-kûn. Les gens qui me manquent, surement. Finalement, avec le recul, c'est moins angoissant, il faut seulement que j'apprenne à canaliser mes passions, et me mettre dans la tête que je ne peux pas avoir le beurre et la baguette, toussa toussa.

J'ai bien trouvé, moi, de toute façon. J'ai de nouveau envie de vivre ma vie comme je l'entends, ses angles se sont arrondis à un regard, la douceur s'est répandue comme l'eau savonneuse qui laverait un parquet ensanglanté. Je suis neuve, je suis propre, je m'attache à nouveau. Je réapprends à aimer ce qui m'attend. Les soirs où je suis en retard, le capharnaüm qui ronge l'appartement petit à petit, les nuits où je me blottis, les nuits où je l'entends parler dans son sommeil ("c'est à toi que je parlais, patate"), les matins où je me réveille avec des stations improbables. Je sens que l'hiver a disparu depuis décembre.

Tiens moi par la main, parfois, ça me ferait plaisir.

Tu m'as menti. [Feel all my hate and sorrow]


Encore.

Tu m'avais promis qu'on serait toujours là l'un pour l'autre. Tu m'avais promis qu'on se marierait, qu'on aurait des enfants et qu'on vieillirait ensemble (sisi, il y a longtemps, là). Tu m'avais promis que je pourrais t'appeler n'importe quand, n'importe où pour te pleurer ou te rire dessus. Tu m'avais promis que j'étais la mieux. Tu m'avais promis qu'on était au-dessus et qu'on le resterait. Qu'on était plus que du sel qui se dissout.

Tu ne m'as jamais promis l'amour éternel, mais je t'avoue que j'ai bien failli y croire.

Mais surtout.

Tu m'as promis que tu ne m'oublierais pas.

Et.

Maintenant. Maintenant, tu m'a flanqué cette gifle dans la figure. Et tout est en train de disparaître. Cette fois ci c'est pour de bon, et ça me fait peur. Il n'y aura plus cette espèce de.

Du coup, ça me déprime de penser à toutes ces heures, toute cette énergie, toutes ces faussetés que je vais devoir déployer, du moins au début, pour devenir aussi proche de quelqu'un que tu l'as été de moi. Même pas envie de commencer. Mais c'est pas comme si tu m'en laissais le choix.

mercredi 4 février 2009

Cover Boy.


C'est comme le printemps, désormais.

Le risque que l'on prend, à n'attendre rien des gens, c'est qu'effectivement il n'en sorte rien. Il y a certaines choses qui se défont naturellement et comme je m'étais promis de vivre légèrement, doucement, sans me précipiter ni analyser les choses, et bien, il est fort possible que la chimie se soit dissoute d'elle même. Peut-être même qu'elle n'existait pas au départ. Je vais peut être abandonner, tellement ses défenses sont impénétrables.


Mon appartement est tout juste assez grand pour déambuler en dansant.


Je crois que si je lui annonçais que j'ai rencontré un garçon, qu'il est brun, qu'il a les yeux noirs et qu'il est beau comme un dieu, presque tout son contraire, il me tuerait et ensuite il se tuerait. Il aurait très mal au coeur, comme moi j'ai eu. Il pleurerait un dimanche soir, sans s'arrêter, contre le frigo, dans la douche, devant l'ordinateur, assis sur le lit, par terre, il aurait mal au ventre, il voudrait vomir et mourir. Il tremblerait, son coeur n'aurait jamais eu aussi mal. Puis il se calmerait parce qu' il n'aurait plus de larmes à sa disposition. Il accepterait la dure réalité de la vie mais elle n'aurai plus de sens pour lui, et à partir de ce jour il recommencerait à vivre, mal. Je voudrais l'ébranler, mais je crois que même quelque chose d'aussi énorme ne servirait à rien. On se parle de moins en moins, je ne veux pourtant pas qu'il s'éloigne, envie de le retenir par la main, comme la fois où je l'ai mis dehors et que je ne pouvais pas courir après lui parce que j'étais en chaussettes et qu'il pleuvait. N'oublie pas de ne pas m'oublier.

Il est temps d'abandonner l'idée de rencontrer quelqu'un avec qui je puisse m'accorder. C'est juste IMPOSSIBLE. En plus, je redécouvre Hendrix, sans m'énerver, c'est aussi dur que d'arrêter de fumer.

mardi 3 février 2009

Lost days.


Je laisse traîner cette faim de lui, ça s'amplifie de minute en minute. Montre-moi ce sourire moqueur, encore. Laisse-moi penser qu'il ne se déplie que pour moi.

lundi 26 janvier 2009

Sweetness.


Envie de le regarder. Il serait de dos, par exemple, si absorbé, si sérieux, why so serious? Et je lui sourirais sans qu'il le sache. Il y a des choses qui disparaissent complètement lorsque je suis suffisamment près de lui. Le jour, entre autres.

Demain, Picasso, ses maîtres, et la lumière du jour. Le Palais de Tokyo aussi, sûrement. Ca va piquer les yeux.

Au-dessus, les pompes de mes rêves. Par contre, les bas filés, ça fait désordre.

dimanche 18 janvier 2009

L'art de la pensée négative.

Ce soir je regarde des films suédois très incompréhensibles intellectuellement pointus, et wtf, j'enchaîne sur Le Transporteur 3, parce que je veux bien me cultiver, mais je préfère des rêves érotiques avec Jason Statham dedans (il me trimballerait dans le coffre de sa voiture, tu vois).

J'ai failli craquer devant la Bande à Baader.

Fin.


Je me demandais de quelle manière ça allait se passer. Ca m'intriguait depuis le début, à vrai dire, de savoir comment on pouvait se débrouiller pour construire de rien, de RIEN, t'entends, tu prends deux personnes, au hasard et hop, tu les enfermes quelque part, tu secoues et tu vois ce qui se passe. Putain de leçon de vie.


Jolie après-midi. Un tour au marché des oiseaux, j'aime cette connexion entre nous, c'est devenu tellement tendre et rassurant. Même ton odeur m'est familière. Tes bras autour de mes épaules, c'est comme une évidence. Des millénaires nous attendent, parce que nous avons déjà goûté au sublime. Je veux ce serpent.


Il faut s'y résoudre, la sérénité aura toujours chez moi ce goût du médiocre et du pas fini. Une saveur inachevée, jamais bien longue.

Je suis malheureuse lorsque je vais trop bien. L'ennui devient un souci majeur. Un accord presque parfait. Une longue et paisible chute.

Je mange de moins en moins et comme à chacune de ces phases, la tempête n'est pas bien loin. Une terrible attraction. L'envie me creuse l'œsophage et résonne jusque dans mon estomac. Je consommerai donc un peu plus des autres jusqu'à écœurement. Un peu plus de trop. Un peu plus de tout.

Même le sublime lasse, même le beau trompe, la nouveauté seule est infaillible.

L'orage arrive.

vendredi 16 janvier 2009

The Grudge : où l'on apprend QU'ON EST ENVAHIS PAR LES IMMIGRES CLANDESTINS BORDEL



(Matt) Osis ~ http://matthieulavau.com/ dit :
huuuhh hhuuh huuuuhhh huuuuh (feulements grudgiens)

(Matt) Osis ~ http://matthieulavau.com/ dit :
tu vas jeter un coup d'oeil par la fenetre de ta cuisine

(Matt) Osis ~ http://matthieulavau.com/ dit :
et tu vas voir un tit enfant chinois nu

Lothie dit :
...

jeudi 15 janvier 2009

Le seigneur des porcheries : le temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes





Pas de Régine ce soir, ça sera tête à tête avec le réel, encore.

Quelques courses, dilemme cornélien de choisir entre un bon vin ou un dessert. Le vin fera entrer le démon, il fera l'affaire. J'aime le luxe des saveurs, la griserie d'un fin spiritueux (ouais grave se mettre sur la gueule, c'est ça), je devrais passer à un dîner presque parfait (et même pas besoin d'éclater la gueule de celui qui me mettra en dessous de 8, parce qu'avec mon nappage je les tue tous. Je ne parle jamais au sens figuré.).

"Je tombais amoureuse comme on tombe d'une chaise." Apparemment je suis la seule à la trouver horriblement triste.

J'erre un peu dans Paris froid, je voudrais arrêter les passants, leur rire à la figure et leur demander si je fais bien de m'acharner à vouloir être heureuse, seule, tu vois, parce que je voudrais tellement n'avoir besoin de personne pour me sentir vivre putain jsuis pas sortie de l'auberge.

LIGHT OF MY LIFE. FIRE OF MY LOINS. MY SIN MY SOUL. Crié en anglais, ça a tout de suite une autre dimension.

Couchés dans un jardin de pierre.


Je suis coincée. Dans une espèce de comportement primaire et régressif. Je sais que l'amour est quelque chose de simple, d'évident, paraît même qu'il rend heureux. Mais je ne suis pas sûre d'en être capable. Je ne sais même pas si je le mérite.

(Il faut toujours se méfier des gens qui trouvent que la vie est belle, et qui surtout se sentent obligés de le crier au monde entier plusieurs fois par jour).

Pour qu'éclate de joie chaque heure et chaque jour. Parfois je voudrais monter sur scène et chanter, savoir seulement ce que c'est que cette exaltation qui transforme sa face de cheval, à Jacques Brel. Putain qu'est ce que c'est bon, de laisser brûler sa cigarette en gueulant "ALORS SANS AVOIR RIEN D'AUTRE QUE LA FORCE D'AIMER NOUS AURONS DANS NOS MAINS AMIS LE MONDE ENTIER". J'ai même ouvert la porte et gueulé dans la cour. Jte pète les genoux, syndic. T'avais qu'à pas vouloir entrer chez moi à 4 heures du mat. Vive le Che.


Et je vais officiellement mourir de faim dans ma putain de grotte, mes parents ne répondent pas à mes mails désespérés du genre "MAMAN JE SUIS TA FILLE NATURELLE TU PEUX BIEN M'ENVOYER 300 EUROS (ou 30 si t'as pas assez, je comprendrais, juste pour m'acheter de la viande, j'ai l'impression de plus trop savoir ce que c'est...) SINON JE VAIS DEVOIR ME PROSTITUER TRAVAILLER ET JE SAIS QUE T'AIMES PAS CETTE IDEE (si? ah bon)"

mercredi 14 janvier 2009

Naturellement, le monde a cessé d'exister, depuis cette nuit là.

Mes remparts de Varsovie.


Impossible de me défaire de ce sentiment de culpabilité anticipée.

Je n'arrive pas, n'arrive pas à comprendre pourquoi, comment les autres peuvent s'attacher à moi. Surtout lui. Nous n'avons absolument rien en commun, deux vies totalement différentes, deux caractères opposés. Et pourtant lorsque je ferme les yeux.

Dans beaucoup de situations, je me vois posée quelque part, sans jamais savoir quoi dire, en plein monologue intérieur, combat pour savoir LAQUELLE de ces foutues répliques est-ce que je vais bien pouvoir sortir pour paraître drôle et incisive. Bien souvent lorsque j'ai trouvé, la conversation a changé 6 fois. Je passe souvent pour une conne qui ne s'amuse pas.

J'ai énormément de mal à vivre ces temps-ci. Tout me déchire. Tout m'abîme.



Je vacille, me plie, m’effondre.
Dans la tête ça fait plein de lopins en ruine, des gouttes de poison, des germes de ronces. La plaie enivre tous les rêves, les perfusions vomissent les gorges de sèves.
Leurs buts, leurs gains, leurs escomptes.

Pourquoi ne cries-tu pas pour moi ?



Tu vois c’est bête parfois, on dit des choses comme ça, comme on effleure du bout des doigts. Des choses auxquelles on ne pense pas vraiment, des trucs qui nous paraissent évidents.
« À bientôt »
Tu vois c’est bête parfois, on se sourit comme toujours, puis on s’embrasse comme d’habitude, puis on ne regarde même pas l’autre s’éloigner.



Je vais retourner me coucher. Demain, peut-être, il faudra que je brille pour le Régine, j'entrelacerai mes bras à d'autres, je me sentirai plusieurs. Il faudra. Sinon ils sauront ma Soif. Personne ne doit savoir.


Fabrice Lucchini
. J'aimerais parler d'amour avec lui, ou de livres. Il me noierait sous ses paroles, sa façon de parler, son articulation qui rend les choses autour de lui intelligentes et cultivées, même moi, le pot de fleur sans intéret, et bien, j'en ai des frissons. Je veux toucher du doigt sa grandiloquence bordel, cet homme a le don du personnage, du jeu et de l'inutile drame.

"J'ai cru jusqu'à ce jour que c'était l'esprit qui faisait des gens comme vous des personnes de qualité. Mais je me rends compte aujourd'hui que seule votre naissance vous a donné du style."

You'll never belong to me.


Screaming your name on the microphone
Going back home all alone
Listen to the tunes that you sent to me
Listen to them good company
Come and attack me, it's not gonna hurt
Fight me, deny me, if I fear when you're close
Let's make love and listen to death from above


Une nuit de sommeil et mon corps se sent toujours aussi lourd et cotonneux. Je passerai sûrement cette journée au lit, à écouter ces chansons qui m'avaient fait me lacérer les poignets et les mains, mon dieu que j'étais faible il y a quelques années de ça. Maintenant ça me donne juste envie de me pendre.

Je hais le fait d'être complètement lunatique, de passer de l'extase la plus intense eu mode "putainviedemerde" en quelques minutes. J'imagine ce que mon autour doit subir, pardonnez-moi de vous déchirer ainsi, de mes petites mains tremblantes. Je vous tue, je vous secoue, je vous abandonne. Amen.

Je relis Lolita, lentement, pour les "brûlante et soyeuse doucette", "affreux désastre", "cour inondée de poussière". Je sais ce livre, ses multiples identités, "périlleuse magie des nymphettes", je sais sa fin misérable comme nous autres. Ce livre, je l'aime et je le hais, car tout délectable qu'il est il sera toujours celui pour lequel Nabokov sera applaudi, alors que l'ô (?) combien plus riche, ohmondieuohmondieu, Ada, lui... Ada ada Ada Ada ada... J'ai l'impression d'avoir respiré l'odeur de ma chérie, cette petite héroïne à la nuque duveteuse et aux jambes maigres.

J'ai envie de me rendormir, la tête sur tes genoux, la capuche rabattue sur mes yeux. Ainsi, je ne vois plus le monde, et il y a une sorte d'apaisement dans tout ça.

Je veux voir la mer.