
C'est étrange, en vérité, cette "orgia perpetua". Je collectionne véritablement les minutes, comme des "choses qui arrivent", j'aime sans y penser, j'aime comme certains vivent une vie entière, les pieds nus sur le carrelage de la cuisine, dans ton sweat-shirt. Il y faudrait certainement une fenêtre pour regarder la neige tomber, une tasse de thé fumant à la main. Je te ressens, chaque seconde: tu me déchires et tu me fais renaître, en n'oubliant jamais cette deuxième partie.
Parfois, je me retourne et contemple mon ancien monde , celui où j'aimais avec fracas. Peut-être aime-t-il encore comme ça, les nuit sans lune, les bois humides, la pluie qui tomberait sur un Paris épais. Ces amours qu'on ne peut pas toucher, ni sentir, ces amours dont on ne fait que parler et qui nous rendent éloquents. Je me souviens être restée accrochée à ces mêmes mots, lorsqu'il s'éclipsait. Les mots s'enfuient inévitablement avec l'autre, et ne reste que la douleur d'être aussi incomplet qu'au départ.
Ne pas se résigner. S'inventer à nouveau, sans relâche.
