lundi 23 juillet 2007

Take Me On Your ULM

"On entend quoi par "grand amour"? Quelque chansonnette au fond du bigorneau? Non pas l'exaltation marine, ou la rigolade exténuée du néant, mais la chaude inflexion d'un nom délicieux entre tous, le nôtre, enfin redoublé d'une voix qui l'emportera dans la tombe, et, si Dieu le veut, le ressucitera."

Ca crépite sur mes vitres, comme si on me lançait du pop-corn, ces lundis pluvieux comme en plein janvier, le même vide. Je me force à regarder la pluie, parce qu'il paraît que c'est bien la pluie, c'est très Chateaubriandesque de regarder la pluie tomber, le regard au loin, le sourcil froncé. Mais encore faudrait-il penser à quelque chose. Et la pluie sans s'aggriper à personne, j'ai toujours trouvé ça glauque.

La pluie me vide de mes forces, ça me vide tout court d'ailleurs, un peu comme si je n'avais nulle part où aller, tout est froid et visqueux, ce visqueux parisien et acide.

Je n'arrive pas à penser à autre chose. Il faudrait que je parte. Loin.

Je ne veux plus voir personne, ça ne sert plus à rien, le meilleur reste, je pense, et tout ce qui me blesse part avec la pluie. Je n'en peux plus de sentir le vide comme ça. Je suis si fatiguée. Et je vais partir. Je suis déjà ailleurs.

Je me blottis contre rien, je ferme les yeux et je me laisse envahir par la douleur. Avec un peu de chance, une crise d'ici ce soir, y rester ça serait une vraie consécration. A la Lothie. Tout où rien.

Je sens mon coeur battre à rompre, à défaut d'un autre.

J'évite de regarder le mur à ma gauche. Quelque chose ricane dans ma chambre. J'ai peur de demain.

Ah tiens, le soleil revient. Pourquoi est-ce que je ne sens rien?