J'ai envie de retourner à l'aumônerie pour jouer du piano pendant des heures. L'odeur du bois et de la poussière me manque.
J'ai encore fait 4km. Ca devient de plus en plus idiot.
Rangé un peu ma chambre, maintenant il y a un gros tas poubelleux au milieu, mais le reste est présentable.
Retrouvé quelques photomatons. Ecouté No Surprises. Rangé des lettres. Relu quelques unes.
Me roule en boule sur le lit, ferme les yeux et je pense à toutes les étoiles filantes qui ont exaucé mes voeux. Elles ont dû s'y mettre à plusieurs, mais le résultat est là. J'ai vécu des moments très intenses dans ma vie, j'ai connu des gens très intéressants, j'ai beaucoup aimé, j'ai beaucoup appris, et finalement, ce qu'il en reste, c'est ce qu je suis aujourd'hui. Une Lothie en travaux. Je me suis pas mal cassé la figure ces deux dernières années, et j'essaye de me dire que c'était nécessaire, que tout ce qu'on entreprend dans la vie n'aboutit pas forcément. Pourtant il y a une sorte d'acharnement de ma part à vouloir que tout marche, à essayer de tout réparer, tout ce qui se casse, tout ce qui s'en va. Je n'arrive pas à clore les cycles, j'ai toujours eu l'espoir qu'avec un peu de volonté, tout pouvait se relever. Il suffit d'un peu de scotch.
Envie de me blottir dans tes bras, ne plus voir le jour, parce que je n'arrive plus à grandir. Il y a cette gêne, là, dans la gorge et près du coeur aussi, qui me signifie que je ne vais devoir compter que sur moi et que malgré toute l'aide que je peux recevoir, je suis seule dans ce combat. Et si grandir veut dire se sentir encore plus seule que je ne le suis déjà... je n'arrive même plus à construire le reste de ma phrase.
Dans la vie il me faudra construire et j'ai l'impression d'avoir des outils en plastique.
Je ne suis pas très forte comme fille finalement. Je pensais pouvoir supporter beaucoup de choses, parce que dans la vie, il faut être courageux, avoir du lard comme dirait PitiChat (ça a du lard les chats? Oo), mais en fin de compte je m'écroule à la première difficulté, c'est pour ça que j'ai laissé tomber beaucoup de choses dans ma vie, parce que c'était trop compliqué, parce que c'était trop difficile, parce que ça faisait trop mal, parce que je n'arrivais pas à atteindre mon but du premier coup.
Je range tout dans des boites. J'aime les boîtes, c'est propre et rangé, ça sent bon le bois ou le fer-blanc, on etiquette la vie, les souvenirs, comme de vieux parfums.
J'ai une boîte péciale. Avec des mots découpés dans des feuilles de classe, des fleurs séchées, 3 lettres, quelques vêtements, un porte-clef, un animal en plastique, un oeuvre d'art en ticket de métro, des billets de train, une touillette à glace, des tickets de caisse, des billets de cinéma, des photos, une carte mémoire, un bout de papier cadeau vert, les volets du 24 décembre d'un calendrier de l'avent, des barettes, des dessins, des copies de latin et de bio, un parfum, un dvd, 35cm d'écharpe rouge, un porte-clef en forme de rien qui qui sent comme les parapluies après la pluie, une feuille de chêne, une petite plume de dragon, des cds, une photo d'une photo, de petits bonbons oranges comme chez le dentiste, des emballages de chocolat, un peu de lui, un peu de moi dedans. Une boite spéciale.
Tu m'avais dit un jour que...
