lundi 3 janvier 2011

Germany, Mannheim.


Les exams sont dans quatre jours et je n'arrête pas de penser à quel point tu me serais étranger si on venait à se revoir un jour. Ta peau sous mes doigts, ton odeur au creux du cou, l'été dans ton rire, tout ça est encore dans l'air mais ne t'appartient plus.

Fraud.

D'autre part, je me rends bien compte que je ressens de moins en moins de manière générale, je fais encore des choses qui me font envie bien sûr, mais. Rien ne me fait plus chavirer, rien ne me fait tomber de haut anymore. Fuck being tired.

Je savais bien qu'il finirait lui aussi par me mentir, il n'y a rien de surprenant là dedans. Je ne suis à personne, je ne suis pas aux menteurs et aux lâches. Je ne suis donc à personne.

Je me demande parfois si la rencontre de gens relous est une des particularités de mon quotidien ou si je suis tout simplement assez idiote pour y faire attention. Pas plus tard que ce midi je me rends à la Poste, attendant sagement mon tour. Quand entre brusquement un mec d'une trentaine d'années répondant parfaitement à tout ce que je déteste chez l'homme actif. A savoir une voix grave et forte dans les lieux public et une sorte d'assurance mal placée puisque ledit mec porte des chaussures gris souris longues au bout carré que même le chinois a arrêté de faire reproduire à ses enfants (mais notes que le mec se croit toujours un fier défenseur de la gente masculine jsuistropunbeaugossedansmonjeangemo) Après des phrases du style "mais je ne pouvais pas te répondre chérie j'étais dans mon véhicule" (le mot "véhicule" a été prononcé à voix haute) et des soupirs parce qu'il était le numéro 657 et qu'on en était au 655, le type finit par raccrocher en sortant le combo le plus ringard/pathétique de 1997. "Mais oui je t'aaaaaime, tu me fais un gros bisou? Allez tu me fais un gros bisou" le tout avec cette même grosse voix que j'ai citée plus haut. Je le dis tout de go, j'ai failli perdre toute once de savoir vivre et éclater de rire ouvertement.

A 2011: j'aurais voulu croiser ton regard à minuit, qu'on oublie même de compter les secondes qui nous auraient séparés de la nouvelle année, qu'on se réveille, nouveaux, bonjour, bonjour 2011.

I'm gonna be fine. Je ne te donnerai pas mon livre.