dimanche 20 novembre 2011

J'ai cru te croiser à plusieurs reprises dans ce Paris qui ne nous appartient plus. J'ai cru te croiser et à chaque fois c'était comme si j'avais eu rendez-vous avec quelqu'un dont je ne connaissais pas le visage. Alors je guettais ta démarche étrange, les épaules voûtées et la moue crispée, mais c'était toujours un autre au pas vif et assuré qui prenait ta place après quelques instants. Paris est si grand lorsqu'on y a perdu quelque chose.

jeudi 8 septembre 2011

Earthquakes.

I'm not missing anything, so I kinda push things away to feel the void again. Stinging feeling of falling off a cliff. Hurting again.

Je pourrais soulever l'univers tout entier à bout de bras, pour le fracasser contre autre chose.

I have everything.

mercredi 9 mars 2011

Il me pousse, je me balance dans le vide, et il finit toujours par me rattraper in extremis alors que je flirte avec les abîmes.

mardi 1 mars 2011

En regardant ces photos je ne peux pas ne pas remarquer mes lèvres brûlantes et rouges d'avoir tant embrassé. Je voudrais tomber pendant des heures, jusqu'à me rappeler pourquoi je t'aimais, parce que je ne m'en souviens plus vraiment. Je voudrais que l'on ne se soit pas écorchés pour de simples cailloux sur le chemin. Je voudrais te parler, quand tu fais irruption sans crier gare, je voudrais stopper ton élan, ta fuite, pour te demander si tout ça était bien réel, ce goût de feuilles roussies dans la foret.

mercredi 23 février 2011

Olympus.


Ma peau a cette couleur que tu aimes tant caresser, cette odeur brune qui t'évoque la moiteur de la jungle et ce goût de miel qui te coule dans la gorge. Je suis perdue au milieu d'un désordre de draps, et je fixe distraitement la fenêtre qui me sépare de la grisaille ambiante. Je suis brûlante d'épuisement, je sens mon cœur battre contre mes tempes, au creux de mon ventre, entre mes cuisses. Je me sens m'éteindre de sommeil.

Si tu étais là tu me poserais une question que je n'entendrais pas, à demi dévorée par la couverture à plumes, et je répondrais bien sûr, et je commencerais à chanter, your kiss so sweet, your sweat so sour, sometimes I’m thinking that I love you, but I know it’s only lust, et tu chantonnerais avec moi. On murmure et on se bouffe les lèvres, et c’est vraiment bien, c’est vraiment irréel et j’ai vraiment envie de me rappeler ce moment, de pouvoir l’évoquer plus tard avec un sourire secret, et puis finalement je m'endors sans trop savoir pourquoi, vu que j’adore, sans pouvoir l’expliquer, tes bras secs, tes cheveux bouclés, tes grands yeux noirs etcaetera.

Penser à toi ne me procure plus aucun réconfort. Je souris paisiblement, en surplombant l'étendue de mes sentiments, c'est ouf la vue qu'on a d'ici, si tu savais. Tu y monteras une fois? Promets-moi. Je lève la main, lentement, d'un geste sûr, comme pour saluer mes fidèles sentiments qui s'entassent. Je leur dit que tout va bien et que je reviendrai bientôt, le temps de m'entretenir avec leurs copains, mes problèmes. Les fidèles me regardent, ils ont l'air un peu déçus pour moi, puis me disent qu'ils me font confiance, comme toujours, qu'ils savent que tout ce que j'ai fait jusque là valait la peine, que je ne peux rien faire de mieux que continuer à les saluer régulièrement et qu'eux me rappelleront souvent qu'ils existent, aussi souvent que possible, et que je dois seulement parler d'eux à certaines personnes. Qu'en échange ils me laisseront tranquille, qu'on vivra ensemble, heureux, sourds, et beaux. Qu'ils me laisseront monter ici avec n'importe qui, tant que je juge que ça en vaut la peine. Si tu savais, la vue est vraiment ouf.

samedi 29 janvier 2011

Red Rabbit.

I'm insane. I'm sad. I'm a liar. A thief. Sometimes I feel like I hate you. Sometimes I can't stand the idea of being me.

Il faut vraiment que j arrive a controler ces deferlements de mots qui se bousculent dans ma tete a 2h du matin. Je m'etonne ensuite qu'ils ne puissent pas y faire face, parce qu'ils sont nus et sans armes, parce qu'ils n'auraient meme pas imagine que je puisse abriter ces feux.

Ces deux semaines sont passees trop vite, je commence a paniquer et a souhaiter que le temps se ralentisse encore, je n'aurai jamais assez de temps en deux semaines pour guerir, pour changer, pour apprendre. Je voudrais rester ici a jamais, comme une ombre, je me sens comme une feuille lorsque le vent se dechaine, je n'arrive meme pas a retenir une porte qui s'ouvre.
Je reste allongee des heures entieres, le ventre vide, parce que je ne sais pas quoi choisir entre me contenter seulement ou refuser categoriquement. Alors je pense au soleil quelque part.

Je pense a toi, je pense a lui, et je sais que je suis lentement en train de me depouiller de mes frusques en lambeaux, je sais qu'il faut que je les laisse tomber a terre, sans savoir si je pourrai me rhabiller d'autre chose avant un certain temps. J'ai a nouveau commis l'erreur de secouer l'arbre qui ne portera pas de fruit, dans l'espoir de. Evidemment. Je ne peux pas vivre sans tu-sais-quoi.

jeudi 13 janvier 2011

This isn't over.

J’étais dans mon métro. Il avait neigé fort la veille. Les routes, les rues, les quais des gares et les toits des maisons étaient encore touts blancs. Il avançait vers Paris Saint-Lazare. J’étais satisfaite des mes vêtements. Mes cheveux étaient fraichement coupés, j’étais jolie, je le savais. Les gens assis autour de moi me jetaient parfois des regards furtifs. Ça me confortait dans mon sentiment. Après Saint-Cloud, la vue se dégagea vers le sud-est. On voyait apparaître Paris.

Ce Paris que je connaissais mieux ainsi, vu d’ensemble, de la tour Montparnasse au Sacré Cœur, des tours du 13e à celles de La Défense, plutôt que depuis le bas des immeubles. J’étais parisienne du haut des tours, parisienne depuis le ciel. Et non parisienne des passages cloutés, du métro, des petits commerces, non parisien de quartier.

J'ai jetté un regard à travers la vitre, et j'ai vu la Tour Eiffel. Je me suis vue aussi dans le reflet de la vitre. Égoïste, narcissique comme je le suis, marchant à l'encontre mon milieu et de la société dans laquelle j’avais grandi qui m’avaient appris à ne pas compter dessus pour survivre, je me suis trouvée belle à cet instant. Paris était beau, et j’étais belle. Et mon parcours était beau, et le mec que j’aimais était beau aussi. Alors j'ai cru un instant que ma vie était parfaite, que j’étais la plus heureuse des filles. J’étais bien habillée, j’avais des sentiments sincères et j’étais quelque part, à l’abri.

J’étais dans un film de Xavier Dolan.

mercredi 5 janvier 2011

Double.

I totally saw that.

La mémoire n'est pas un écueil, c'est un mirador.

In your face.

mardi 4 janvier 2011

Comme un capitaine aveugle.

Les véritables continents sont ceux de la mémoire.

lundi 3 janvier 2011

Germany, Mannheim.


Les exams sont dans quatre jours et je n'arrête pas de penser à quel point tu me serais étranger si on venait à se revoir un jour. Ta peau sous mes doigts, ton odeur au creux du cou, l'été dans ton rire, tout ça est encore dans l'air mais ne t'appartient plus.

Fraud.

D'autre part, je me rends bien compte que je ressens de moins en moins de manière générale, je fais encore des choses qui me font envie bien sûr, mais. Rien ne me fait plus chavirer, rien ne me fait tomber de haut anymore. Fuck being tired.

Je savais bien qu'il finirait lui aussi par me mentir, il n'y a rien de surprenant là dedans. Je ne suis à personne, je ne suis pas aux menteurs et aux lâches. Je ne suis donc à personne.

Je me demande parfois si la rencontre de gens relous est une des particularités de mon quotidien ou si je suis tout simplement assez idiote pour y faire attention. Pas plus tard que ce midi je me rends à la Poste, attendant sagement mon tour. Quand entre brusquement un mec d'une trentaine d'années répondant parfaitement à tout ce que je déteste chez l'homme actif. A savoir une voix grave et forte dans les lieux public et une sorte d'assurance mal placée puisque ledit mec porte des chaussures gris souris longues au bout carré que même le chinois a arrêté de faire reproduire à ses enfants (mais notes que le mec se croit toujours un fier défenseur de la gente masculine jsuistropunbeaugossedansmonjeangemo) Après des phrases du style "mais je ne pouvais pas te répondre chérie j'étais dans mon véhicule" (le mot "véhicule" a été prononcé à voix haute) et des soupirs parce qu'il était le numéro 657 et qu'on en était au 655, le type finit par raccrocher en sortant le combo le plus ringard/pathétique de 1997. "Mais oui je t'aaaaaime, tu me fais un gros bisou? Allez tu me fais un gros bisou" le tout avec cette même grosse voix que j'ai citée plus haut. Je le dis tout de go, j'ai failli perdre toute once de savoir vivre et éclater de rire ouvertement.

A 2011: j'aurais voulu croiser ton regard à minuit, qu'on oublie même de compter les secondes qui nous auraient séparés de la nouvelle année, qu'on se réveille, nouveaux, bonjour, bonjour 2011.

I'm gonna be fine. Je ne te donnerai pas mon livre.