vendredi 29 octobre 2010
jeudi 28 octobre 2010
It must be midnite somewhere.
I care so much.
Je pense que je pourrais passer mon temps à le regarder marcher. Ça me suffirait. Je me mettrais juste derrière lui, un peu en retrait, et je ne le quitterais pas des yeux. Mes pas emboiteraient les siens, en cadence. Je respirerais peut-être à petits coups la fumée de sa cigarette. Je sentirais le sillage de son parfum. Peu importe la direction, vraiment. Comme lui, je laisserais mes bras balancer en rythme le long de mes cuisses, sans jamais les toucher, et je frôlerais mon jean de mes doigts raides.
Il ne sentirait pas ma présence. Je me contenterais de fixer sa nuque dégagée. Cet érotisme chaste. La seule partie de sa chair qu’il oserait mettre à nu par ce froid dément. Celle qui appelle la langue et le souffle, la morsure et la lame. Là où tout semble se mêler et se démêler, la tête et le corps, l’entendement et la sensualité. C’est là aussi qu’il serait le plus vulnérable. Je pourrais alors le frapper d’un coup sec sans qu’il en ait conscience ou enrouler mes mains autour de son cou et les serrer jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter.
Et dans un dernier élan, je lui susurrerais au creux de l'oreille « I’m your ch-ch-ch-ch-cherry bomb » en faisant volontairement claquer mes lèvres pour que le dernier mot résonne dans ses tympans.
« I TRUST YOU, IF IT’S ALREADY BEEN DONE, UNDO IT. »
Please, undo it. Either way you're gonna cry. Cry like this night, when there was no air and the world was dead for us.
mardi 26 octobre 2010
"We're together now."
Il y a des petits instants qui se transforment en univers, où je voudrais crier mon vertige et t'étreindre de toutes mes forces, parce que je sais ton odeur et ta peau et que ton nom est tatoué sur mon poignet. Heureusement que tu t'es donné la mort, parce que tu n'étais plus celui que j'aimais, mais il fallait bien fermer les yeux et se rappeler. I really loved you. Et j'écrirai pour que même ça s'efface.
Mon petit garçon à cravates. Je vais peut-être repasser à St-Brieuc dans une semaine ou deux, et je me suis rappelée avec une petite flamme cette rue à pic dans Dinan, qui donnait sur rien, et l'amour dans le pré au petit matin, le kouign amann toussa toussa. Je t'embrasse pour ce souvenir. Ce petit goût de miel et de beurre frais.
C'est comme si la Bretagne voyait naître à chaque fois de petits mondes incertains que le vent et la pluie se devaient d'éprouver, qu'elle offrait des orages à surpasser par la violence d'une étreinte.
Je me blottis contre ces orages. Vous me caressez du bout des doigts, vous savez mon souffle et mes frissons, mes douceurs et mes lames, et pourtant pas une seule fois vous m'avez vue pleurer.
mercredi 13 octobre 2010
My heart is elsewhere.
J'avais préféré ces premiers rendez-vous. Lorsqu'on se parlait à nouveau, innocemment en apparence, ces regards par en dessous, ces simulacres de séduction, ces demi-mots gentiment cinglants, un peu douloureux, parfois amers. Je les avais préférés parce que je ne savais pas encore à quoi m'en tenir, parce que je pouvais encore prétendre que tu ne pouvais pas m'arracher de toi malgré ce qui s'était passé, que tu désirais en moi quelque chose de plus spécial, autre chose que mon cul en somme.
Mais il se trouve qu'on n'est pratiquement jamais l'exception de cette putain de règle. T'as rejoint le mouvement. Et je m'y suis soustraite. Aussi simple que ça.
Il n'y a jamais rien eu entre nous. Il suffit simplement d'essayer de se souvenir de ces jours heureux pour se rendre compte que rien n'a jamais compté pour toi, et que j'étais trop amoureuse de l'amour pour pouvoir laisser entrer qui que ce soit d'autre. La place était prise, en chacun de nous, par quelqu'un ou quelque chose de trop grand, qui nous dépassait complètement.
Il est 22h16 et doucement je ris, doucement je laisse les dernières bribes de ce qui n'a jamais été, s'égréner sous mes doigts. Et je m'excuse, parce que c'est ce que je fais moi, quand je veux terminer quelque chose et que je veux que l'autre comprenne qu'il n'a pas besoin de mourir.
Tu m'as dit une phrase en espagnol, il n'y a pas longtemps, à propos d'un aveugle et d'un truc genre qui vivra verra, et je n'arrive même pas à m'en souvenir.
Have a great life.
dimanche 10 octobre 2010
You're still young but it's not your fault.
lundi 4 octobre 2010
C'est à la fois vrai et terrible, comme une condamnation à la liberté, celle dont on ne veut plus, et bientôt, le vertige, et l'impression de tomber dans le vide, dans un abîme vertigineux. "I need to be sure."
Et je n'arrive pas à faire la différence, rien n'a changé que dans nos yeux, nous tournions le dos au monde, désormais c'est à l'autre que nous tournons le dos, pour pouvoir contempler le monde. Et de fureur je ne le vois même plus, c'est lui qui te dévorera et il ne restera de ça que 5 ans de petits os blanchis. "...et qui sait peut-être que je serai là."
Je dois maintenant me jeter à corps très perdu dans ce que j'ai essayé de fuir toutes ces années, parce que je compte, malgré ce qu'ils essaient de me faire croire. "...essayer de trouver ce quelque chose et te le montrer après."
Et je veux faire les choses bien pour une fois, les remettre en ordre et pull myself together. Alors j'ai commencé par ceux qui ne comprendront jamais, je les ai tués un par un, parce que je refuse désormais que l'existence me piétine, they won't get to bring me down anymore. I have to build towers on my own now. "C'est pour ça que j'ai fait tout ça."
When you return, I'll be there. We'll smile at each other and we'll understand we won't have to worry anymore, because we have time to make things right.
"Suis-moi."
vendredi 1 octobre 2010
Small Things.
Et moi, bercée, je repense à toi, à ces moments qui me semblent encore si proches, le soleil, les fruits sucrés et cette chaleur qui nous rendait languides, comme de petits enfants ensommeillés. Je repense au soleil de là-bas, cet ailleurs que j'ai appris, que tu m'as appris, je repense à tes oiseaux, et ces matins où tout était à prendre, où l'on n'avait même pas besoin de voler le bonheur, ni le temps. Et je suis heureuse parce que je suis encore là-bas. Et doucement, je me sens glisser, glisser parce que l'Autre, ce n'est plus toi, et que je ne suis plus Celle-là, Celle que tu tenais par la main en attendant le tram, d'ailleurs, je vois encore la ville écrasée sous le soleil, défiler par la vitre du tram et tout a une odeur de fruit et de poussière et d'Ile Verte.
J'aurais tellement voulu rester moi, continuer à vivre différemment, avec toutes mes petites brèches et mes désordres, mes violences passionnées et mon absolu, mais je ne peux pas. Parce qu'en fin de compte de nous deux, c'est Elle qu'on regarde, c'est Elle qu'on remarque, Elle qu'on embrasse et qu'on baise, qu'on revoit et qu'on finit par aimer, et moi je suis celle qu'on n'aime que bien et qui finit par rendre coupable et honteux ceux qui sont réellement spéciaux. Et je me sens minuscule et sans envergure, parce que tu étais le seul qui me voyais vraiment et que maintenant il faut que je sois Elle, et pour ça il faudra que je me force à faire des choses horribles et inimaginables, pour qu'on me regarde, qu'on me remarque, qu'on m'embrasse et qu'on me baise, qu'on me revoie et qu'on finisse par m'aimer, parce que tu n'es plus là pour le faire, et qu'il me manque quelque chose, il me manque l'Autre, parce que je ne peux pas exister sans qu'on m'aime, sinon je meurs et je deviens comme les autres, tu sais, ma flamme étrange s'éteint.
Je sais exactement par où commencer, mais j'ai peur de m'abandonner derrière moi, j'ai peur de ne pas pouvoir revenir en arrière si je m'empoisonne, et tout au fond de moi, je n'ai pas envie de devenir Elle. Alors je continue de regarder en arrière, doucement, et quelque chose se déchire.
Je commencerai à mourir pour mes 21 ans, complètement.
(Ensuite il s'est tourné vers moi, et il a dit "Mais, pourquoi?")
