samedi 8 mars 2008

Heaven's Door.


Relativiser est le maître acte. Je lâche prise petit à petit, je me désintéresse des choses qui me tenaient "à corps" (le cœur y a-t-il jamais été?), et je glisse dans une bienheureuse indifférence, où n'importe que ce qui se présente à moi. Le reste, je commence à oublier. Les visages, les attitudes, les sentiments, les automatismes qui nous aliènent sont les premiers à disparaitre, et bientôt la vie submerge tout, parce qu'elle n'est que changement quand on le décide.

Je me disais que les choses pouvaient continuer longtemps ainsi, à courir dans l'angoisse, à passer l'éponge sur les coins qui blessent (à placer à côté du "ne monte pas sur tes grands 31"), à donner encore une chance à ce qui meurt, pardonner ce qui n'a jamais été commis, et projeter l'avenir, l'écrire à l'avance parce que c'est agréable de s'imaginer qu'on ne sera pas seul. Mais c'est encore aller trop vite. L'avenir reste l'avenir, et dans le présent, si je ne regarde pas trop le soleil en face, j'arrive à me rendre compte que j'essaie de tout inventer pour que ça soit plus beau. C'est peut-être une bonne nouvelle de savoir que nos erreurs ne sont pas déjà écrites, vite, vite, changer le présent.


En plus du point de croix et de l'auto-érotisme, je me suis découverte une passion pour la contemplation des gens qui marchent dans la rue, c'est toute une histoire, comme lorsque, le nez dans l'herbe au Luxembourg, du Lou Reed dans ces écouteurs partagés, nous inventions une vie à ces passants. La différence entre curiosité et voyeurisme est un fil si infime qu'on peut facilement le franchir sans s'en apercevoir.

Gourmandise Instantanée. Mes cheveux ne poussent pas assez vite.