mercredi 31 octobre 2007

Je ne passe pas une minute sans Nous inventer.


J'ai découvert:

Que les gens pouvaient aimer sans aimer, sans être présents, sans y penser tout le temps, sans mourir d’amour, sans être fébrile, sans se pâmer, sans Grand Amour, sans baiser de longues et blanches mains, sans se battre en duel, sans contempler les étoiles, sans rouler à tombeau ouvert, sans chanter des balades au coin du feu, sans faire l’amour, sans voir, sans remarquer, sans être malheureux, sans voir le malheur de l’autre, sans avoir le cœur battant, sans être en manque, sans se disputer, sans sang versé, sans promesses, sans projets, sans se justifier avec véhémence, sans vouloir faire plaisir, sans élan, sans se manquer les premières heures où on se quitte, les suivantes aussi, sans se tenir par la main, sans regarder dans la même direction, sans compliments, sans partage, sans avoir l’air amoureux, sans trouver l'autre magnifique, sans répéter qu’on s’aime, sans lien, sans lettres d’amour, sans mourir ensemble, sans imagination, sans être même ensemble, sans balcon ni sérénade, sans poèmes qui diraient que notre nom sonne comme un grelot, sans avoir quelqu’un à aimer, sans cris, sans passion, sans larmes, sans baisers de cinéma, sans étreintes sous la pluie, sans conversations interminables, sans fous rires, sans construire, sans rires, sans sourires, sans menaces, sans déclarations d’amour spontanées, sans fièvre, sans chantages, sans amour, sans pleurer, sans se sentir renaître, sans éclat, sans vent dans les cheveux, sans mise en scène, sans forêt, sans feux d’artifice, sans falaises surplombant la mer déchaînée, sans plage de sable blanc, sans perversité, sans désir, sans envie, sans vie, sans se parler, sans s’écouter, sans chercher à se voir, sans enthousiasme, sans être nerveux avant un rendez-vous, sans mouchoir de soie qu’on laisse tomber, sans baisers sur la joue, sans yeux bandés, sans s’attacher, sans se mentir, sans être déçu lorsqu’on manque un rendez-vous, sans se sentir chanceux, sans vouloir être meilleur, sans être fier de l’autre, sans être fier de soi, sans tomber dans un enfer lorsqu’on ne se voit plus, sans regards furtifs, sans rougir, sans frémir lorsqu’on voit l’autre être heureux ailleurs, sans brûler des allumettes jusqu’au bout et faire le vœu de pouvoir rester ensemble jusqu’à la mort, la mort de quoi, j’en sais trop rien, sans jalousie, sans colère, sans s’imaginer vieillir ensemble, sans retrouvailles, sans angoisse, sans ruptures qui veulent dire quelque chose, sans chercher à se retenir, sans même vouloir se retenir, sans se faire mal, sans dramatique, sans mystère, sans sentiments grandioses, sans cette volonté de faire de notre histoire quelque chose d’immense, sans le dire, sans le répéter, sans en vouloir toujours plus, sans rêver de nous, sans rêver tout court, sans vouloir se sauver, sans vouloir être uniques, sans vouloir gagner, sans vraiment perdre, sans essayer de deviner ce à quoi l’autre pense, sans vouloir être aimé, sans vouloir être passionnément aimé, sans aimer passionnément soi-même, sans s’en foutre de tout le reste, sans s’aimer tellement que ça en fait mal, bref, sans plus rien de ce qui a vraiment de l’importance en définitive.

Un amour d’infirmes.

Ca devient presque un crime de vouloir ce qu’il y a tout en haut. Et moi je l’ai, même si j'ai inventé, pièce par pièce, chaque pierre de notre château. Veinarde, hein ?






"Comme autrefois l'aurore qui commençait à ta nuque, et mon bonheur, et le printemps."