mercredi 20 juin 2007

Catwalk

"Au début était la muraille. Ensuite la muraille demeura, mais l'un des murs servit à la construction d'une chapelle. Des dizaines d'année passèrent, la chapelle se transforma en église. Des dizaines d'années passèrent, la chapelle se tranforma en église. Encore un siècle, et l'église devint une cathédrale gothique. La cathédrale connut ses heures de gloire, quelques problèmes de structure apparurent, elle fut abandonnée pour un temps, on fit des restaurations qui déformèrent sa structure, mais, à chaque génération on pensait que l'on avait résolu le problème et l'on refaisait les plans d'origine. Ainsi, au cours des siècles, on élevait un mur ici, on démolissait une poutre là, on augmentait les renforts de ce côté, on ouvrait et fermait les vitraux.

Et la cathédrale résistait.

Je marche dans son squelette, regardant les réformes actuelles: cette fois les architectes assurent qu'ils ont trouvé la meilleure solution. Il y a des échafaudages et des renforts métalliques partout, de grandes théories sur les étapes futures, et quelques critiques à l'égard de ce qui a été fait dans le passé.

Et soudain, au milieu de la nef centrale, j'ai une révélation extraordinaire: la cathédrale, c'est moi, c'est chacun de nous. Nous grandissons, nous changeaons de forme, nous découvrons certaines faiblesses qui doivent être corrigées, nous ne choisissons pas toujours la meilleure solution, mais malgré tout nous continuons, essayant de nous tenir droit, correctement, de façon à honorer non pas les murs, non pas les portes ou les fenêtres, mais l'espace vide qui se trouve à l'intérieur, l'espace dans lequel nous adorons et vénérons ce qui nous est cher et compte pour nous.

Oui, nous sommes dans une cathédrale, sans aucun doute. Mais qu'y a-t-il dans l'espace vide de ma cathédrale intérieure?

Esther, Le Zahir.

Elle a tout rempli. Elle est la seule raison pour laquelle je suis en vie. Je regarde autour de moi, et je comprends pourquoi j'ai affronté tout ce que j'ai dû affronter: pour me rappeler que tous les jours je dois me reconstruire et, pour la première fois de toute mon existence, accepter que j'aime un être humain plus que moi-même.

Je suis satisfait que le Zahir existe, il m'a montré que j'étais capable d'un amour que j'ignorais moi-même, cela me mets en état de grâce.

J'accepte le Zahir, je le laisserai me conduire à la sainteté ou à la folie."



Il est des histoires qui se vivent. J'accepte moi aussi mon Zahir, avec pourtant un état d'esprit bien plus agité. Je ne veux pas de cette obsession, pourtant elle fait bien plus partie de moi que tous les moments vécus où j'ai cru entrevoir le bonheur. Il n'est plus question de chercher ou d'attendre quelque chose, c'est tout simplement là, dans l'esprit, devant les yeux, sous les doigts, autour du coeur. Un lien qui étouffe tous les autres.

Le Zahir ne donne pas une raison de vivre, il vous donne une réponse. La question n'a plus d'importance. Le Zahir n'a pas d'avenir. Il est l'avenir. On n'en entrevoit aucun autre. Tu es ma réponse. Mon avenir.


Je voudrais me perdre dans les bois. Et ouvrir les yeux sur le véritable amour, sur la bonne façon de l'aimer. Peut-être qu'aimer absolument n'est pas possible. Mais je fais de mon mieux. J'aime de mon mieux.

Je me souviens de ce coucher de soleil avant le dernier train. Des feuilles mortes. De la sciure. Des orties. Des fourmis. Et tout ça devient des mots. Des mots qu'on peut coucher sur une feuille et déchirer après. Heureusement que je ne peux pas définir ce que je ressens. Tu es à l'abri du temps. A l'abri de moi, puisque tu es devenu moi.


Il paraît qu'il ne faut pas sa souvenir de ça, mais de la façon dont on souffre avec le Zahir. Mais j'ai toujours aimé souffrir. Souffrir c'est déjà vivre, et je n'ai jamais eu autant besoin de me sentir vivante que maintenant. Alors le Zahir reste.




Cesser d'être ce que j'étais pour devenir ce que je suis. Il faudra que tu m'aides à devenir plus simple.




[In the headphones : Halleluja - Rufus Wainwright]


Maybe I have been here before
I know this room, I've walked this floor
I used to live alone before I knew you.

I've seen your flag on the marble arch
Love is not a victory march
It's a cold and it's a broken Hallelujah

Maybe there's a God above
And all I ever learned from love
Was how to shoot at someone who outdrew you.

And it's not a cry you can hear at night
it's not somebody who's seen the light
it's a cold and it's a broken Hallelujah


Il fait beau. Je m'accroche à rien comme à une bouée de gosse avec des canards dessus.


"Ton nom est dans mon coeur comme dans un grelot,
Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,
Tout le temps, le grelot s'agite, et le nom sonne!"