vendredi 6 juillet 2012

Je m'étonne de passer si vite de ces instants grisants aux abîmes insoutenables. Tout est devenu si pâle. Je regarde des films dans lesquels les acteurs survolent des vies, et je m'étonne du vide. Ce plan, où assise sur le lit, elle défait sa robe, pause, finit de se deshabiller puis se couche, le chignon n'a pas bougé, c'est ce qui m'attend. Les études, le diplôme, le mariage, les enfants, et puis cette robe avec un zip dans le dos, une belle robe bien ordonnée, au pli coûteux et respectable, c'est cette robe qui m'attend. Mes quinze ans gueulent, au fond, parce que je veux encore le Macchu Pichu, et l'Amérique, et le soleil tyrannique à Bollène, mais pour ça il faut l'Aventurier, le Cruel, l'Absent et le Mégalo, il faut l'Indiana Jones qui me fera pleurer tous les soirs. De temps en temps je voudrais avoir la force d'être quelqu'un d'autre, ou alors de me réiventer, de repousser la robe, mais j'ai sincèrement l'impression d'avoir 50 ans, 30 ans sans exagérer.