Je voulais écrire un post sur le premier matin blanc d'hiver, mais je me suis rendu compte qu'il avait déjà été écrit, tous les ans depuis 2005. Alors je ne peux que fermer ma gueule et crever de froid.
Il y a des petits instants qui se transforment en univers, où je voudrais crier mon vertige et t'étreindre de toutes mes forces, parce que je sais ton odeur et ta peau et que ton nom est tatoué sur mon poignet. Heureusement que tu t'es donné la mort, parce que tu n'étais plus celui que j'aimais, mais il fallait bien fermer les yeux et se rappeler. I really loved you. Et j'écrirai pour que même ça s'efface.
Mon petit garçon à cravates. Je vais peut-être repasser à St-Brieuc dans une semaine ou deux, et je me suis rappelée avec une petite flamme cette rue à pic dans Dinan, qui donnait sur rien, et l'amour dans le pré au petit matin, le kouign amann toussa toussa. Je t'embrasse pour ce souvenir. Ce petit goût de miel et de beurre frais.
C'est comme si la Bretagne voyait naître à chaque fois de petits mondes incertains que le vent et la pluie se devaient d'éprouver, qu'elle offrait des orages à surpasser par la violence d'une étreinte.
Je me blottis contre ces orages. Vous me caressez du bout des doigts, vous savez mon souffle et mes frissons, mes douceurs et mes lames, et pourtant pas une seule fois vous m'avez vue pleurer.
