
I care so much.
Je pense que je pourrais passer mon temps à le regarder marcher. Ça me suffirait. Je me mettrais juste derrière lui, un peu en retrait, et je ne le quitterais pas des yeux. Mes pas emboiteraient les siens, en cadence. Je respirerais peut-être à petits coups la fumée de sa cigarette. Je sentirais le sillage de son parfum. Peu importe la direction, vraiment. Comme lui, je laisserais mes bras balancer en rythme le long de mes cuisses, sans jamais les toucher, et je frôlerais mon jean de mes doigts raides.
Il ne sentirait pas ma présence. Je me contenterais de fixer sa nuque dégagée. Cet érotisme chaste. La seule partie de sa chair qu’il oserait mettre à nu par ce froid dément. Celle qui appelle la langue et le souffle, la morsure et la lame. Là où tout semble se mêler et se démêler, la tête et le corps, l’entendement et la sensualité. C’est là aussi qu’il serait le plus vulnérable. Je pourrais alors le frapper d’un coup sec sans qu’il en ait conscience ou enrouler mes mains autour de son cou et les serrer jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter.
Et dans un dernier élan, je lui susurrerais au creux de l'oreille « I’m your ch-ch-ch-ch-cherry bomb » en faisant volontairement claquer mes lèvres pour que le dernier mot résonne dans ses tympans.
« I TRUST YOU, IF IT’S ALREADY BEEN DONE, UNDO IT. »
Please, undo it. Either way you're gonna cry. Cry like this night, when there was no air and the world was dead for us.
