mardi 3 novembre 2009

Où l'on ne parle pas d'Angkor Vat (mais je t'aime bien, alors...)

Oui, c'est beau.





Oui, oui alors voilà, voilà.

Il arrive parfois que lors d'une situation quelconque, j'enregistre inconsciemment un détail sans importance (oui, dit comme ça, ça n'a forcément pas l'air intéressant, mais comme ça ne l'est pas non plus, on est saufs), et qu'il serve ensuite de catalyseur à mes réminiscences, sans aucun contrôle de ma part.

Il y a quelques temps déjà, j'ai eu une discussion à propos du fétichisme (ça aurait pu être n'importe quoi d'autre HEIN), et du coin de l'oeil, j'avais vu passer une mamie aux boucles blanchies et le cerveau a (malheureusement) enregistré sans me prévenir. Et désormais, si mes pas croisent celui d'une... bon allez, d'une vieille, bref, moi je pense aux nanas en costume de latex. Voilà, c'est comme ça.

AUCUN INTÉRÊT.

Alors comme je te le précisais, ce genre de remarques divaga-quelque chose-ives, ça fait partie de l'autre (l'autre moi, pas l'autre autre chose), donc ça restera pour la plupart, source d'incompréhensions, mais, hé tu sais quoi? on s'en fout, ça ne durera sûrement pas (j'aimerais bien que survive au moins une infime partie de ça, à laquelle je pourrais faire appel les jours de pluie, mais bon, s'il faut tout faire sauter, il faut tout faire sauter).


Et moi jvais arrêter l'art de la pensée négative (3e entrée google menant à mon blog, ça fait frissonner), et je vais me mettre à l'imbécillité joyeuse, par plaisir de mettre deux "l" à imbécillité (moi je trouve ça beau, au contraire du mot "loufoque" par exemple, qui pourtant a de bonnes intentions).


Aaaaah, cette obligation de me muer en un petit animal terre-à-terre, oui, je perds de l'humain saugrenu (noter ici l'effort de ne pas utiliser "loufoque"), il faut que je me rrrrrrrrrange, et en plus j'ai acheté du Jean d'Ormesson, j'ai un peu honte de lire un académicien, mais comment résister à :

"Ce n'était pas la première fois que les hommes mettaient Dieu hors de lui. Il leur avait tout donné. Et d'abord l'existence. Il finissait par se demander s'il avait bien fait de les tirer du néant.

La tentation lui venait de les abandonner à eux-mêmes. On verrait bien ce qu'ils deviendraient s'il se refusait tout à coup à soutenir l'univers, si la Terre cessait de tourner, si le temps s'arrêtait.

Il fit appeler l'ange Gabriel, qui lui avait déjà, à plusieurs reprises, servi de messager auprès des hommes.

Gabriel, une nouvelle fois, descendit sur la Terre. Il s'installa chez moi. Et, pour essayer de fléchir l'Eternel je rédigeai avec lui le rapport qui porte son nom."


Bref, c'est surtout que ça se termine comme ça:

"Entouré des séraphins, des chérubins, de ses archanges et de ses anges, précédé par Michel qui foudroyait Lucifer, appuyé sur Gabriel qui me jetait un clin d'œil, suivi de Raphaël qui consolait les affligés et ramassait les morts, l'Éternel s'évanouit dans son éternité. Dieu n'était plus qu'un rêve. Les hommes étaient seuls au monde."

Ca parle de la mort de Dieu. Je valide.

"J'ai surtout aimé le soleil en train de tomber sur la mer. C'est à peu près tout ce qui demeure de notre éternité."

A la base, je l'aime beaucoup. Le personnage lui-même est un Monsieur, ces rares esprits qui parlent encore, tout empreint de cette common decency dont ils parlent dans L'Enseignement de l'Ignorance (oui-da, je me diversifie) , sans une once de cet air de sale supériorité qui caractérise la plupart des soit-disant gens cultivés. Et en plus il fait des blagues pour ne pas répondre directement aux journalistes.

Il a une éloquence simple mais très recherchée. Pas de fausse note dans le style, tout est d'un goût exquis. Bon parfois le sujet laisse un peu à désirer (faudrait essayer de ne pas piéger le lecteur en exposant des quatrièmes de couvertures qui parlent de l'Italie, de figuiers et de sable, alors qu'en vérité the main topic, c'est quand même son copain Romain et Drieu La Rochelle) au vu de ma nature très portée sur les sujets grandiloquents, mais j'apprends la mesure, ça tombe bien.


Bon, blague à part, j'ai acheté [Musil tome 1], d'une parce qu'on m'en a reparlé et que je déteste parler de choses que je ne connais pas (exercice très très périlleux, mais tant que je n'ai pas affaire à toi, ça se passe généralement sans encombre, arrête de vérifier tout ce que je dis pour me mettre la honte, s'il te plaît, je t'en supplie), et de deux parce qu'en le feuilletant (avec une moue dubitative, évidemment, faut pas exagérer non plus), je suis tombée sur ça:

"Lorsqu'un être vit ainsi continuellement les regards posés sur un autre, il arrive que son corps lui soit littéralement dérobé et se précipite comme un petit météore dans le soleil de l'autre corps."

Alors je lui ai accordé le bénéfice du doute.