
C'est comme le printemps, désormais.
Le risque que l'on prend, à n'attendre rien des gens, c'est qu'effectivement il n'en sorte rien. Il y a certaines choses qui se défont naturellement et comme je m'étais promis de vivre légèrement, doucement, sans me précipiter ni analyser les choses, et bien, il est fort possible que la chimie se soit dissoute d'elle même. Peut-être même qu'elle n'existait pas au départ. Je vais peut être abandonner, tellement ses défenses sont impénétrables.
Mon appartement est tout juste assez grand pour déambuler en dansant.
Je crois que si je lui annonçais que j'ai rencontré un garçon, qu'il est brun, qu'il a les yeux noirs et qu'il est beau comme un dieu, presque tout son contraire, il me tuerait et ensuite il se tuerait. Il aurait très mal au coeur, comme moi j'ai eu. Il pleurerait un dimanche soir, sans s'arrêter, contre le frigo, dans la douche, devant l'ordinateur, assis sur le lit, par terre, il aurait mal au ventre, il voudrait vomir et mourir. Il tremblerait, son coeur n'aurait jamais eu aussi mal. Puis il se calmerait parce qu' il n'aurait plus de larmes à sa disposition. Il accepterait la dure réalité de la vie mais elle n'aurai plus de sens pour lui, et à partir de ce jour il recommencerait à vivre, mal. Je voudrais l'ébranler, mais je crois que même quelque chose d'aussi énorme ne servirait à rien. On se parle de moins en moins, je ne veux pourtant pas qu'il s'éloigne, envie de le retenir par la main, comme la fois où je l'ai mis dehors et que je ne pouvais pas courir après lui parce que j'étais en chaussettes et qu'il pleuvait. N'oublie pas de ne pas m'oublier.
Il est temps d'abandonner l'idée de rencontrer quelqu'un avec qui je puisse m'accorder. C'est juste IMPOSSIBLE. En plus, je redécouvre Hendrix, sans m'énerver, c'est aussi dur que d'arrêter de fumer.
