mardi 19 juin 2007

Et de saluer comme d'un sanglot/ La claire maladresse/ Contre un mur de béton/ De nos premiers baisers

Bon voilà, Lothie est de retour, et pas toujours pour les bonnes raisons, mais elle va fermer fort les yeux là dessus...

Lothie a toujours 17 ans, toujours les mêmes problèmes, dont elle évitera le plus possible d'en parler dans ce premier post pour ne pas décourager d'éventuels nouveaux lecteurs (ou d'éviter le syndrome suicide collectif), toujours les cheveux longs qui poussent à l'intérieur, le regard et le verbe hargneux...

Mais Lothie trouve qu'aujourd'hui il fait particulièrement beau (même si ça ne se voit plus trop à 22h26) et elle se rend compte qu'elle a arrêté de guetter les lignes d'avions dans le ciel, elle a tout arrêté d'ailleurs, d'attendre, de penser, de respirer... tout ça parce que... parce que quoi qu'il arrive, ça ne sert à rien.

Lothie voudrait être de ces filles cools qui s'en foutent relativement de ce qui se passe autour d'elles, tiens elle donnerait bien un petit quelque chose pour être autiste profonde, mais bon voilà Lothie est frappée par le mal du siècle, l'overthinking (tremblez).

Et ledit overthinking, c'est pas un truc que Lothie a inventé pour se rendre intéressante (nah le mot est beaucoup trop sophistiqué pour que ça vienne de moi... j'aurais préféré le syndrome de "ta-tête-fait-n'importe-quoi"), absolument pas, non non, tiens je le redis encore une fois, c'est pas elle.


D'ailleurs pleins de spécialistes s'accordent à dire que "La frénésie de notre monde moderne et notre propension culturelle à nous analyser poussent beaucoup de gens - et surtout les femmes - à passer d'innombrables heures à ressasser des pensées, sentiments et expériences négatifs. La célèbre psychologue Machine appelle cela 'l'overthinking'. Selon elle, ces ruminations sont sources de tristesse, d'anxiété et de dépressions sévères. L'aspect le plus effrayant de ce syndrome est la rapidité avec laquelle un léger changement d'humeur ou un événement contrariant peut générer d'innombrables angoisses." est une tres bonne quatrième de couverture.

Vous avez remarqué le "et surtout les femmes". A mon avis celui qui a écrit ça n'a ni femme, ni mère, ni soeur, il a dû se sentir en sécurité, mais la secrétaire veille, vous verrez au prochain épisode de "Le secrétariat ou une épopée sous le bureau". Solidarité féminine que ça s'appelle.

Bon et Lothie là dedans. Ben Lothie fait de l'overthinking comme tout, à fond. En gros il s'agira de penser très fort en elle même que non, c'est pas "à mon avis ce sont les 50 kg de cresson que tu te tapes depuis 3 jours qui font que tu as ce teint jaunâtre, maman chérie" qu'il aurait fallu dire (la baffe qui s'ensuit le montre bien, heureusement que le cresson par tranche de 1,5kg ça ralentit), mais plutôt "Pour votre santé, évitez de ne manger que de l'herbe, maman chérie, il faut manger 5 légumes différents par jour. Cinq. Sinon on meurt."

Sauf que bon là, c'est trop tard, Lothie n'a pas la machine de Gael Garcia Bernal (le petit avec les bras de 2metres), et c'est même pas d'une seconde qu'il aurait fallu remonter, mais de toute une vie. Voilà, l'overthinking c'est aussi penser qu'on n'a fait que des conneries.

Et Lothie a l'impression d'en avoir fait beaucoup ces temps-ci, overdid on dit en anglais. Pas vraiment des conneries, mais un peu trop d'impro, et on sait tous que ce n'est pas son fort, tenez, euh ui bon ya tellement d'exemples aussi...

Lothie a l'impression que tout s'écroule, et que c'est tout de sa faute, tiens ça lui fait tellement mal qu'elle régresse. Elle a envie d'éloigner tout le monde parce qu'elle sait que dans l'état où elle est elle ne peut que blesser et blesser encore, et de toute façon elle ne veut pas qu'on la voie comme ça, comme lorsqu'elle mord son nounours le soir (non, ce ne sont pas des sévices sexuels...).

Donc plus Lothie réfléchit, et plus elle se rend compte qu'elle est absolument, terriblement, non tiens absolument c'est plus fort, de la coolitude absolue à laquelle elle aspire.

Lothie voudrait être indépendante, comme une grande fille, vous savez, de celles qui ont plein d'amis et un sourire tout blanc. Sauf que Lothie est sûrement un peu malade de la tête, donc les gens la prennent pour une déconnectée.

Lothie voudrait mener de front sa bataille personnelle, ses études et ses amours. Mais elle ne peut pas vraiment compter sur elle-même et les autres ne comprennent pas qu'elle puisse vouloir compter sur eux.

Lothie voudrait être une fille forte, qui passe à autre chose lorsque ça coince quelque part. Sauf que Lothie tient beaucoup trop à ce qu'elle a pour se permettre même de penser à autre chose.

Lothie voudrait encore être plein d'autres choses, tellement mieux qu'un vieux Pokémon tout pourri. Et surtout, elle voudrait entendre les autres dire qu'elle est pas si loin du but, mais c'est mal de demander aux autres de mentir, et ils le font si mal... :p

Et puis Lothie voudrait arrêter d'interpréter ce que disent les gens, parce que ça devient vraiment n'importe quoi, faut arrêter de penser que si on te dit "je peux pas venir", ça veut dire qu'il va pleuvoir des chips (tiens j'ai le souvenir de l'avoir déjà faite celle là)...

Enfin bon, Lothie passe son temps à réfléchir sur ce qu'elle aurait du faire ou dire (ou quand elle aurait dû la fermer, mais c'est trop tard, on l'a bien vu), et elle n'avance pas beaucoup. Alors parfois elle essaye de jouer les grandes en donnant des grands coups de pelle dans l'eau, pour se donner l'illusion d'avancer un peu, mais elle ne réussit qu'à détruire ce qu'elle avait construit si patiemment. Alors elle s'asseoit sur quelque chose de mou de préférence, et elle recommence à penser qu'elle n'aurait jamais dû faire ça.

En gros, Lothie passe son temps à ressasser tout ce qu'elle vit, mais au moins ça lui fait un passe-temps. Que pourrais-je dire de plus? Fourchette. Mais ça serait ridicule. Là, tu vois c'est le moment pour Lothie de s'asseoir sur quelque chose de mou et de réfléchir sur son humour top moumoute.